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Edward Burtynsky, courtesy Flowers Gallery, London / Nicholas Metivier Gallery, Toronto

Edward Burtynsky, courtesy Flowers Gallery, London / Nicholas Metivier Gallery, Toronto

Opéra

Nouveau

Le Crépuscule des dieux

Richard Wagner

Opéra Bastille

du 08 au 18 octobre 2026

de 187 € à 225 €

5h50 avec 2 entractes

Synopsis

Dans Le Crépuscule des dieux, Siegfried prend congé de Brünnhilde pour parcourir le monde et accomplir de nouveaux exploits. Ce seront les derniers : au cours de son voyage le long du Rhin, il tombe dans un sinistre complot ourdi par Alberich et son fils Hagen. La chute des dieux est inéluctable…


En mettant un point final au cycle de L’Anneau du Nibelung avec Le Crépuscule des dieux, son volet le plus métaphysique, Richard Wagner livre une musique aussi flamboyante que le bûcher sur lequel s’immole Brünnhilde. L’émotion n’est pas en reste, témoin la marche funèbre de Siegfried, l’une des pages orchestrales les plus saisissantes de la partition.


Créé en 1876 au premier festival de Bayreuth, l’ouvrage est ici donné dans la mise en scène de Calixto Bieito qui clôt lui aussi sa lecture de la Tétralogie pour l’Opéra de Paris, entamée en 2025.

Durée : 5h50 avec 2 entractes

Langue : Allemand

Surtitrage : Français / Anglais

Voir les actes et les personnages

PERSONNAGES

Siegfried : Petit-fils de Wotan, fils de Siegmund et Sieglinde
Gunther : Prince des Gibichungen, frère de Gutrune, demi-frère de Hagen
Hagen : Fils d’Alberich, demi-frère de Gunther et Gutrune
Alberich : Ancien souverain des Nibelungen, père de Hagen
Brünnhilde : Ancienne Walkyrie, fille de Wotan et d’Erda
Gutrune : Soeur de Gunther, demi-soeur de Hagen
Waltraute : Walkyrie, soeur de Brünnhilde
Les Trois Nornes : Filles d’Erda
Woglinde
Wellgunde
Flosshilde

Filles du Rhin
Hommes et femmes

Première partie

Prélude

Les trois Nornes se tiennent auprès de leur métier à tisser et contemplent le passé, le présent et l’avenir. Il y a bien longtemps, Wotan se tailla une lance dans le Frêne du monde, provoquant ainsi son dépérissement. Lorsque son petit-fils Siegfried brisa cette lance gravée des traités, le dépossédant ainsi de son pouvoir, Wotan fit abattre le Frêne du monde. Wotan est désormais assis au Walhalla, au milieu de ses bûches, où il attend avec les héros et les dieux. Le crépuscule des dieux s’annonce.

C’est alors que la corde du métier à tisser se rompt. Les Nornes plongent pour rejoindre leur mère, Erda. Brünnhilde se sent liée à son bien-aimé Siegfried de façon si indissoluble qu’elle le laisse partir à la découverte du monde « pour de nouveaux exploits ». Comme elle lui a transmis tout son savoir et toute sa force, Siegfried lui donne son anneau en guise d’adieu. En échange de ce gage d’amour, Brünnhilde lui offre son cheval Grane.

Acte 1

PREMIÈRE SCÈNE.
À la cour des Gibichungen, ce sont officiellement Gunther et sa soeur Gutrune qui règnent, mais en coulisses, c’est leur demi-frère Hagen qui contrôle secrètement le cours des événements. Sous prétexte de leur trouver des conjoints dignes d’eux, Hagen échafaude une intrigue raffinée. Gutrune devra épouser « Siegfried, le plus vaillant des héros » et Gunther « la femme la plus merveilleuse du monde » – Brünnhilde, qui est en réalité la bien-aimée de Siegfried. Pour parvenir à ses fins, Hagen doit manipuler Siegfried et s’assurer de la complicité de Gunther et de Gutrune – qui se prêtent volontiers à son jeu.

SCÈNE DEUX.
Lorsque Siegfried apparaît chez les Gibichungen, il rejoint pour la première fois de sa vie une société humaine. Tandis que Gunther cherche à gagner son amitié, Hagen lui fait oublier, au moyen d’un « philtre d’oubli », d’où il vient et qui il est, afin d’en faire son instrument. Siegfried tombe aussitôt amoureux de Gutrune. Pour obtenir sa main, il est prêt à aider son nouvel ami Gunther à conquérir Brünnhilde. Pour ce faire, Siegfried compte prendre l’apparence de Gunther grâce à son heaume d’invisibilité. Après avoir scellé leur pacte de fraternité par le sang, les deux hommes se mettent en route vers le rocher des Walkyries.

SCÈNE TROIS.
Waltraute, l’une des soeurs Walkyries, se rend secrètement auprès de Brünnhilde pour l’informer de l’état catastrophique dans lequel se trouvent Wotan et le monde. Elle demande à Brünnhilde de rendre l’anneau aux Filles du Rhin, mais celle-ci refuse d’assumer la responsabilité des anciennes erreurs de Wotan. Refusant de se séparer de son gage d’amour, Brünnhilde rompt définitivement avec sa famille et son passé, et renvoie Waltraute. Peu de temps après, Siegfried arrive sous les traits de Gunther. Après un bref combat, il soumet Brünnhilde et lui arrache l’anneau.

Deuxième partie

Acte 2

PRÉLUDE ET PREMIÈRE SCÈNE.
Alberich apparaît en songe à son fils Hagen pour lui faire jurer d’accomplir sa mission : « prématurément vieux et blafard », élevé par Alberich « dans une haine tenace », Hagen doit récupérer l’anneau pour son père.

SCÈNE DEUX.
À son retour, Siegfried raconte avec fierté par quelles ruses il a « conquis » Brünnhilde pour Gunther. Il réclame à présent sa récompense : Gutrune. Comme Gunther et Brünnhilde doivent arriver sous peu, il faut préparer un double mariage.

SCÈNE TROIS.
Par un appel martial, Hagen rassemble les guerriers Gibichungen pour les préparer au retour de Gunther et de sa fiancée Brünnhilde.

SCÈNE QUATRE.
Lorsque Gunther présente sa fiancée aux Gibichungen, Brünnhilde découvre avec effroi son bien-aimé Siegfried et aperçoit à son doigt l’anneau que le soi-disant « Gunther » lui a arraché. Comme Gunther n’est au courant de rien, Brünnhilde accuse Siegfried de trahison. Mais Siegfried se souvient seulement d’avoir obtenu l’anneau d’un dragon et non d’une femme. Tandis que Brünnhilde raconte la nuit de noces passée avec Siegfried, celui-ci se justifie en évoquant la nuit précédente, durant laquelle l’épée Notung était posée entre eux.

Il avoue ainsi publiquement le complot des frères de sang. Alors que la confusion générale grandit et que c’est la parole de l’un contre celle de l’autre, Hagen exige de Siegfried qu’il prête serment afin d’établir son innocence. Cependant, sans le savoir, Siegfried commet précisément le parjure qui le livrera entre les mains de Hagen et donnera à ce dernier le droit de se venger. Brünnhilde, quant à elle, jure que sa version des faits est vraie. Pour faire diversion, Siegfried ridiculise la colère de Brünnhilde en la qualifiant de « chamaillerie de bonne femme » et appelle à la fête.

SCÈNE CINQ.
Hagen profite de l’occasion pour se proposer comme vengeur de Brünnhilde et la persuade de lui révéler le seul point vulnérable de Siegfried. À Gunther, qui doute encore, mais qui comprend qu’il est le « trompeur trompé », Hagen laisse entendre qu’il pourrait accéder à un pouvoir immense grâce à l’anneau de Siegfried. Finalement, tous trois jurent vengeance et décident de mettre Siegfried à mort.

Troisième partie

Acte 3

PRÉLUDE ET PREMIÈRE SCÈNE.
Siegfried, qui s’est égaré lors d’une partie de chasse, rencontre les trois Filles du Rhin. Lorsqu’il refuse de leur céder l’anneau, elles le raillent et lui prédisent une mort imminente. Mais Siegfried se sent invincible. Le fait que l’anneau lui confère le pouvoir de dominer le monde ne l’intéresse pas. Il préfère l’amour.

SCÈNE DEUX. 

Peu après, Siegfried rejoint le reste des chasseurs. Aiguillonné par Hagen, il accepte, pour divertir la troupe, de raconter des épisodes de sa vie : son enfance auprès de Mime, sa victoire sur le dragon et la manière dont l’Oiseau de la forêt lui a révélé les pouvoirs de l’anneau et du heaume d’invisibilité. Lorsque Hagen ravive sa mémoire, à l’aide d’un « philtre du souvenir », Siegfried se rappelle aussi sa rencontre avec Brünnhilde et leur amour. Il avoue ainsi, sans le savoir, son parjure. Hagen le frappe mortellement dans le dos. En mourant, Siegfried prend pour la première fois conscience de sa vie.

SCÈNE TROIS.
Tourmentée par des cauchemars, Gutrune attend le retour de Siegfried, dont Hagen ramène le corps. Alors qu’ils se disputent l’héritage de Siegfried, Hagen tue Gunther. Gutrune se rend compte avec désespoir qu’elle a été mêlée à l’intrigue de Hagen. Brünnhilde qui, contrairement aux autres, comprend de plus en plus les tenants et aboutissants, reste seule. Elle fait ses adieux à Siegfried, à son amour et au monde.

Voir la chronologie

Repères chronologiques

  • Vers 1200

    Rédaction par un auteur anonyme de La Chanson des Nibelungen, épopée germanique qui réunit la mythologie des sagas scandinaves et le fond réel de l’histoire des Burgondes.

  • 1827

    Heinrich Heine publie son recueil de poèmes Buch der Lieder dans lequel figure Götterdämmerung, une inspiration pour Wagner.

    Le Crépuscule des dieux

    Heinrich Heine publie son recueil de poèmes Buch der Lieder dans lequel figure Götterdämmerung, une inspiration pour Wagner.

  • 1848

    À partir de sources diverses, Wagner rédige sa version du mythe des Nibelungen et amorce la rédaction d’un premier livret, La Mort de Siegfried, qui sera renommé Le Crépuscule des dieux en 1856.

  • 1850

    Au cours de l’été, Wagner conçoit des esquisses musicales de La Mort de Siegfried.

    Le Crépuscule des dieux

    Au cours de l’été, Wagner conçoit des esquisses musicales de La Mort de Siegfried.

  • 1854

    Deux ans après avoir achevé la rédaction des quatre livrets de son cycle, Wagner termine la composition de L’Or du Rhin et amorce celle de La Walkyrie.

  • 1868

    Les Maîtres chanteurs de Nuremberg est créé à Munich sous la direction de Hans von Bülow. Trois ans plus tôt, le chef d’orchestre dirigeait dans cette même ville la création de Tristan et Isolde.

    Le Crépuscule des dieux

    Les Maîtres chanteurs de Nuremberg est créé à Munich sous la direction de Hans von Bülow. Trois ans plus tôt, le chef d’orchestre dirigeait dans cette même ville la création de Tristan et Isolde.

  • 1874

    Amorcée en octobre 1869, la composition du Crépuscule des dieux est achevée en novembre 1874. Moins de six mois après, Wagner dirige des extraits du premier acte en version concertante à Vienne.

  • 1876

    Dans le cadre de la création du cycle complet de L’Anneau du Nibelung au Festival de Bayreuth, Le Crépuscule des dieux est pour la première fois représenté.

    Le Crépuscule des dieux

    Dans le cadre de la création du cycle complet de L’Anneau du Nibelung au Festival de Bayreuth, Le Crépuscule des dieux est pour la première fois représenté.

  • 1908

    Le Crépuscule des dieux est créé à l’Opéra de Paris en version française.

  • 1955

    Hans Knappertsbusch dirige le cycle wagnérien à l’Opéra de Paris, où il est pour la première fois représenté en intégralité et en version originale.

  • 1969

    Luchino Visconti réalise le film La caduta degli dei (Le Crépuscule des dieux) – Les Damnés en français –, nommé en référence à l’opéra. En 1972, Wagner est un personnage de son film Ludwig, intitulé Le Crépuscule des dieux en version française.

    Le Crépuscule des dieux

    Luchino Visconti réalise le film La caduta degli dei (Le Crépuscule des dieux) – Les Damnés en français –, nommé en référence à l’opéra. En 1972, Wagner est un personnage de son film Ludwig, intitulé Le Crépuscule des dieux en version française.

  • 2011

    Dans le cadre de la production de Günter Krämer, Le Crépuscule des dieux est joué pour la première fois sur la scène de l’Opéra Bastille.

    Le Crépuscule des dieux

    Dans le cadre de la production de Günter Krämer, Le Crépuscule des dieux est joué pour la première fois sur la scène de l’Opéra Bastille.

Artistes

Troisième journée en trois actes de L'Anneau du Nibelung

1876

Équipe artistique

Distribution

Orchestre et Choeurs de l’Opéra national de Paris

Galerie médias

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© Pablo Grand Mourcel

La Tétralogie de Richard Wagner : Les Dieux

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La Tétralogie de Richard Wagner : Les Dieux

Par Marion Mirande

Les personnages de la Tétralogie sont principalement inspirés des retranscriptions médiévales des mythologies germanique et nordique et notamment de La Chanson des Nibelungen, épopée allemande du XIIIe siècle. En élaborant les livrets des quatre opéras qui composent L’Anneau du Nibelung, Richard Wagner a rapproché ces mythes et leurs variantes de ses autres inspirations comme la tragédie grecque et la dramaturgie shakespearienne, et ajouté ses propres interprétations.

Les Dieux

© Pablo Grand Mourcel

Wagner garda sept dieux qui composent le panthéon de la mythologie nordique. Ces dieux représentent l'ordre le plus élevé des êtres dans l'univers. Dans Siegfried, où il apparait sous les traits du Wanderer, Wotan, décrit ses semblables comme "des esprits légers qui habitent les hauteurs nuageuses". Leur quête insensée du pouvoir absolu, représenté par l'or forgé en anneau, les conduira à leur propre destruction.

Wotan

Dieu des dieux, Odin ou Wotan, selon la mythologie nordique ou germanique, est le dieu des morts, de la victoire et de la connaissance. Borgne de l’œil gauche qu’il a sacrifié en échange de la connaissance, il est reconnaissable grâce à sa lance et la présence, à ses côtés, de deux corbeaux, Huginn et Muninn (respectivement « la pensée » et « la mémoire »). Ces attributs se retrouvent dans la figure créée par Wagner. Wotan se présente comme l’archétype de l’homme de pouvoir : insatiable, sans scrupules et hypocrite. Il est le maître du Walhalla, un château perché au sommet des montagnes, manifestation éclatante de sa puissance. Son pouvoir sur le monde est fondé sur des lois et des contrats qui vont progressivement être anéantis. Au fil du livret, son autoritarisme laisse place à une insécurité grandissante. Époux de Fricka, il est également le père des walkyries et celui de Siegmund et Sieglinde. 

Loge

Demi-dieu du feu, Loge est issu du mélange de deux figures mythologiques : Logi et Loki, incarnant tous deux le feu et, également pour le second, la ruse. Dans la Tétralogie, Loge garde cette binarité : il apparaît à la fois comme le dieu du feu et le conseiller habile de Wotan auquel il permet de prendre possession de l’anneau. Il est aussi l’un des rares personnages réellement libres. Il sera le seul à garder ses distances face au système mis en place par Wotan et ne succombera pas à l’attrait de l’anneau. Calculateur, Loge s’amuse à jouer avec les dieux et dispose d’une clairvoyance que ses semblables n’ont pas. Au cours du cycle, il quitte son apparence humaine pour apparaître sous sa forme élémentaire : le feu.     

Fricka

Épouse de Wotan et sœur de Freia, Donner et Froh, Fricka est une divinité inspirée de la déesse Frigg (ou Frigga) dans la mythologie scandinave. Dans la Tétralogie, elle incarne la légalité et la fidélité. Lasse des infidélités de son mari, Fricka cherche à sédentariser Wotan et le pousse à construire une demeure divine pour y résider, le Walhalla. Si Fricka défend l’institution du mariage, elle cherche avant tout à préserver les valeurs originelles de la société divine : le respect des lois et de la morale. Dans La Walkyrie, elle met Wotan face à ses contradictions, en lui rappelant que le garant des lois ne saurait soutenir Siegmund.    

Freyja

Freyja est une divinité essentielle de la mythologie nordique et germanique. D'une grande beauté, elle s'impose comme la déesse de l’amour et de la fertilité. Freia dans la Tétralogie, elle est la sœur de Fricka. Au Walhalla, les dieux ont accès à la jeunesse éternelle grâce à sa culture des pommes d’or. Convoitée dans L’Or du Rhin par Fafner et Fasolt, Freia sert de monnaie d’échange à Wotan qui la promet aux deux géants contre la construction du Walhalla. Sans Freia, les dieux se retrouvent privés de leur source de jouvence et commencent à dépérir.   

Donner

Incarnation de la force et de la puissance, Thor (également nommé Donner) fait partie des divinités les plus populaires de la mythologie germanique. Son attribut est un marteau qui provoque le tonnerre et les éclairs. Présent seulement dans L’Or du Rhin, Donner occupe cependant une place stratégique auprès des autres personnages. Il incarne la figure du chef militaire qui pense en termes guerriers, pour contrer la menace représentée par Alberich. Outil qui évoque la violence, son marteau s’oppose symboliquement à la lance de Wotan, évocatrice de la loi.     

Froh

Aux côtés de Odin et Thor, Freyr est l’un des trois grands dieux de la mythologie germanique. Il incarne la fécondité et est présenté comme le frère de Freyja. Connu sous le nom de Froh dans la Tétralogie, il n’apparaît que dans L’Or du Rhin. Sa persévérance pour défendre Freia et les propos qu’il a pour elle traduisent une grande proximité entre les deux personnages.    

Erda

Inspirée des déesses Jördh et Gaïa des mythologies nordique et grecque, Erda est la déesse-mère de la Terre. Elle incarne la sagesse ancestrale, intuitive et prophétique. Véritable pythie, elle connaît, tout à la fois, le passé, le présent et le futur. Mère des nornes qui tissent les destinées, elle détient le savoir universel. Dans L’Or du Rhin, elle éveille le doute et l’angoisse chez Wotan, en le mettant en garde contre son goût du pouvoir qui risque de provoquer sa chute. En engendrant Brünnhilde avec ce dernier, elle met au monde celle par qui viendra le salut de l’univers. Dans Siegfried, Wotan, sous l’identité du Wanderer, interpelle une dernière fois Erda lors d’une scène qui scelle leurs antagonismes.    

© Pablo Grand Mourcel

La Tétralogie de Richard Wagner : les Nibelungen et les géants

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04 min

La Tétralogie de Richard Wagner : les Nibelungen et les géants

Par Marion Mirande

Les personnages de la Tétralogie sont principalement inspirés des retranscriptions médiévales des mythologies germanique et nordique et notamment de La Chanson des Nibelungen, épopée allemande du XIIIe siècle. En élaborant les livrets des quatre opéras qui composent L’Anneau du Nibelung, Richard Wagner a rapproché ces mythes et leurs variantes de ses autres inspirations comme la tragédie grecque et la dramaturgie shakespearienne, et ajouté ses propres interprétations.


Les Nibelungen

© Pablo Grand Mourcel

Dans la mythologie nordique, les albes sont une race qui se distingue des hommes, des dieux et des géants. Ils sont divisés en deux espèces différentes, les albes de lumière, sortes d’anges et les albes noirs, sortes de démons. Dans les légendes germaniques, ils se nomment les Nibelungen, dont le nom signifie « ceux du monde d'en bas ». Ils possèdent de grandes richesses et sont les habitants du monde souterrain, le Nibelheim, où ils travaillent comme artisans ou forgerons. Dans la Tétralogie, les Nibelungen sont présentés comme des êtres habités par la jalousie, la ruse et l'ambition, fondamentalement hostiles aux dieux. 

Alberich

Dans la Tétralogie, Alberich est celui par qui le malheur arrive. On le nomme « albe noir ». Il rêve de conquérir le monde, en renonçant à l’amour et en maudissant celui qui s’empare de l’anneau qu’il a forgé. Associé à l’or qu’il a dérobé dans L’Or du Rhin, le pouvoir d’Alberich est hors-la-loi et repose sur le vol. 

Mime

Mime est le frère d’Alberich et le père adoptif de Siegfried. Dans la Tétralogie, il représente l’échec permanent. Connaissant les pouvoirs de l’épée Nothung, et sachant que seul son forgeron pourra s’emparer de l’anneau et du Tarnhelm, le heaume magique, détenus par le géant Fafner, il cherche en vain à lui redonner forme. Siegfried qui parvient à reforger l’épée de son père et à récupérer le trésor se sait menacé de mort par Mime. Ce dernier est finalement tué par le héros. 

Hagen

Hagen est l’un des héros les plus importants de La Chanson des Nibelungen. Motivé par des valeurs morales, le personnage médiéval devient chez Wagner un être manipulateur et cynique. Fils d’Alberich et demi-frère de Gunther et de Gutrune, il représente pour son père le moyen de récupérer l’anneau perdu. Son machiavélisme lui permet de prendre l’ascendant sur les autres personnages du Crépuscule des dieux. Il manipule Gunther et Gutrune et piège Siegfried pour le tuer.

Les géants

© Pablo Grand Mourcel

Dans la mythologie nordique, les géants sont à l’origine du monde et fréquemment en guerre avec les dieux. Ils représentent en grande partie les forces du chaos, tentant par la force physique, la ruse et la magie de bouleverser l'ordre de l'univers. Dans la littérature médiévale, ils prennent des allures de personnages laids et stupides et sont fréquemment animés de mauvaises intentions, comme c’est le cas dans la Tétralogie.

Fasolt

Des deux géants du cycle, Fasolt s’impose comme « le plus docile ». Dans L’Or du Rhin, contrairement à son frère Fafner, il ne voit pas Freia comme une monnaie d’échange pour livrer le Walhalla, il l’aime sincèrement. Les motivations des deux frères sont différentes : Fafner a des visées politiques, tandis que Fasolt est de tempérament beaucoup plus discret. Dans ce duo, l’opposition entre amour et pouvoir prend toute sa signification.

Fafner

Des deux géants, Fafner s’impose comme « le malveillant ». Toujours en quête de richesses, il est le premier à réagir quand il apprend le vol de l’or et le pouvoir de l’anneau. Pour obtenir ce dernier, il n’hésite pas à tuer son frère. Dans Siegfried, il se transforme en dragon grâce au Tarnhelm, le heaume magique, et passe ses journées à dormir sur son or. Il sera tué dans sa caverne par Siegfried.

© Pablo Grand Mourcel

La Tétralogie de Richard Wagner : Les Walkyries et les Wälsungen

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Découvrez les personnages

04 min

La Tétralogie de Richard Wagner : Les Walkyries et les Wälsungen

Par Marion Mirande

Les personnages de la Tétralogie sont principalement inspirés des retranscriptions médiévales des mythologies germanique et nordique et notamment de La Chanson des Nibelungen, épopée allemande du XIIIe siècle. En élaborant les livrets des quatre opéras qui composent L’Anneau du Nibelung, Richard Wagner a rapproché ces mythes et leurs variantes de ses autres inspirations comme la tragédie grecque et la dramaturgie shakespearienne, et ajouté ses propres interprétations.


Les Walkyries

© Pablo Grand Mourcel

Dans la mythologie nordique, les Walkyries sont des vierges guerrières dont la mission consiste à choisir les plus valeureux guerriers tombés sur les champs de bataille afin de les conduire au Walhalla. Dans la Tétralogie, elles sont au nombre de neuf – Brünnhilde, Grimgerde, Gerhilde, Helmwige, Ortlinde, Rossweisse, Schwertleite, Siegrune, Waltraute – et présentées comme les filles de Wotan et de différentes conquêtes. Elles apparaissent ensemble pour la première fois dans l’acte III de La Walkyrie. Seulement deux d’entre elles tiennent des rôles plus importants : Waltraute et Brünnhilde née des amours de Wotan et Erda.

Brünnhilde

Dans la littérature germanique, Brynhildr est représentée sous les traits d’une walkyrie maîtrisant les sortilèges et l’art de guérir. Dans la Tétralogie, Brünnhilde apparaît comme la préférée de Wotan malgré sa rébellion envers son père. Wagner fait de Brünnhilde le seul personnage qui relie les trois journées du Ring. Son cheminement psychologique et spirituel se fait en trois étapes : sa prise de conscience de la grandeur de l’amour dans La Walkyrie, son épanouissement grâce à l’expérience de l’amour dans Siegfried, et son accession à la grandeur tragique dans Le Crépuscule des dieux, grâce à son renoncement.

Waltraute

Waltraute est probablement la plus proche de Brünnhilde. Elle enfreint les interdictions de Wotan pour aller trouver sa sœur sur son rocher. Inquiète face au déclin du Walhalla, elle tente, dans Le Crépuscule des dieux, de convaincre Brünnhilde de se séparer de l’anneau maudit et de le restituer aux filles du Rhin. C‘est, selon elle, le seul moyen pour rétablir le cours des choses et sauver les dieux.

Les Wälsungen

© Pablo Grand Mourcel

Enfants du "loup" dans la mythologie nordique et germanique – l’un des avatars de Wotan alors nommé Wälse – ils sont les descendants d'une mortelle et de Wotan. Êtres à l'instinct de liberté, ils incarnent pour Wotan un moyen de reconquérir l’anneau. 

Siegmund

Siegmund est le fils terrestre de Wotan et le frère jumeau de Sieglinde, avec qui il forme le couple incestueux et la lignée des Wälsungen. Il est le père de Siegfried et possède l’épée Nothung. Il a été engendré par Wotan pour récupérer l’anneau. Courageux, d’une noblesse rare, il a hérité des qualités de son père sans ses défauts, et fait passer son amour avant son intérêt. L’héroïsme du personnage apparaît quand il refuse d’abandonner Sieglinde et d’accéder au Walhalla, préférant mourir avec elle.

Sieglinde

Sieglinde est la sœur jumelle de Siegmund. Abandonnée dès l’enfance, elle est mariée de force à Hunding. Dans La Walkyrie, Sieglinde a la vaillance des héros des temps mythiques. Malgré sa détresse après la mort de Siegmund, elle met au monde leur enfant Siegfried, soutenue par Brünnhilde. Elle prend conscience, grâce à la walkyrie, que le salut du monde repose sur sa maternité.

Siegfried

Fils de Siegmund et Sieglinde, petit-fils de Wotan, Siegfried est l’un des personnages les plus importants de la Tétralogie. Incarnation du héros pur, il symbolise l’espoir. Wotan espère qu’il récupèrera pour lui l’anneau. Davantage primitif qu’il n’est cérébral, il agit par instinct. Il ne connaît pas la peur ce qui lui permet d’affronter Fafner et de franchir le rocher cerclé de feu dont Brünnhilde est prisonnière. Siegfried est aussi l’archétype du personnage wagnérien cherchant son origine.

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La Tétralogie de Richard Wagner : les Humains

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02 min

La Tétralogie de Richard Wagner : les Humains

Par Marion Mirande

Les personnages de la Tétralogie sont principalement inspirés des retranscriptions médiévales des mythologies germanique et nordique et notamment de La Chanson des Nibelungen, épopée allemande du XIIIe siècle. En élaborant les livrets des quatre opéras qui composent L’Anneau du Nibelung, Richard Wagner a rapproché ces mythes et leurs variantes de ses autres inspirations comme la tragédie grecque et la dramaturgie shakespearienne, et ajouté ses propres interprétations.


Les Humains

© Pablo Grand Mourcel

Les Gibichungen sont une famille d’humains régnant sur le Rhin selon un système monarchique.

Gunther

Demi-frère de Hagen, Gunther règne sur son peuple, les Gibichungen, mais les décisions importantes sont véritablement dictées par son demi-frère. Faible de caractère, il est présenté telle une marionnette manipulée par Hagen. Aveuglé par sa confiance en ce dernier, il n’a aucun scrupule à suivre ses conseils. Il fait ainsi conquérir son épouse Brünnhilde par Siegfried et s’en attribue l’exploit. Gunther est considéré comme l’un des personnages les plus faibles de la Tétralogie.

Gutrune

Gutrune est la victime d’un marchandage conclu entre Hagen, Gunther et Siegfried. Offerte à Siegfried dans Le Crépuscule des dieux en échange de la conquête, pour son frère Gunther, de Brünnhilde, elle tombe amoureuse du héros. Elle ne pourra cependant pas vivre avec lui une véritable relation amoureuse. Manipulée par Hagen, elle tend à Siegfried le philtre de l’oubli avant de s’enfuir, désemparée par son geste. Comme d’autres personnages féminins du Ring, elle est intuitive et devine au troisième acte du Crépuscule des dieux qu’un événement funeste s’est produit.

Hunding

Hunding est le seul être humain de la Tétralogie n’appartenant pas à la famille des Gibichungen. Chasseur brutal, il est un symbole de machisme. Hunding est le mari de Sieglinde qui le hait, et il le lui rend bien en l’asservissant et la violentant. Il conçoit le pouvoir de façon rustre : son domaine, son butin et sa femme. Il est tributaire de son clan et de ses coutumes et n’a pas de réelles valeurs personnelles ou de sentiments propres. Dans La Walkyrie, en recevant Siegmund chez lui, il ne fait que se conformer aux lois de l’hospitalité et du code d’honneur.

© Edward Burtynsky, courtesy Flowers Gallery, London / Nicholas Metivier Gallery, Toronto

À propos du Crépuscule des dieux

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07 min

À propos du Crépuscule des dieux

Par Bettina Auer

Au début de l’ère industrielle, l’avènement du métier à tisser mécanique révolutionna la production textile, permettant de fabriquer des tissus en série et à moindre coût tout en privant nombre de tisserands artisanaux de leur moyen de subsistance. Autre avancée technique, le métier à tisser « programmable » à l’aide de cartes perforées, inventé par le Lyonnais Joseph-Marie Jacquard, permit de réaliser des motifs textiles complexes et préfigurait, dès le xixe siècle, le développement de techniques de commande, faisant de la machine à tisser une sorte de précurseur de l’informatique, de l’ordinateur moderne.

C’est au coeur des profonds bouleversements sociaux engendrés par la révolution industrielle que Richard Wagner composa L’Anneau du Nibelung. Aujourd’hui, 150 ans exactement après la première représentation du cycle complet de son opus magnum, c’est au Ring de Paris de s’achever avec Le Crépuscule des dieux. Wagner, qui fut toujours son propre librettiste, est le seul compositeur à avoir obtenu de son vivant la construction selon ses conceptions artistiques d’un théâtre entièrement consacré à ses oeuvres. C’est lors du premier Festival de Bayreuth en août 1876 que furent créés Siegfried et Le Crépuscule des dieux, e t que fut donnée la p remière représentation intégrale du Ring.

La dernière partie de la Tétralogie fut le point de départ de Wagner qui, en 1848, avait tout d'abord imaginé une oeuvre unique intitulée La Mort de Siegfried. Grand opéra héroïque. C’est donc par la fin, et par la mort de son héros, que le compositeur avait pensé commencer son Ring. Ce n’est que par la suite qu’il rajouta le récit des éléments antérieurs pour enfin arriver à L’Or du Rhin e t au vol initial de l ’Anneau. Wagner avait en effet compris qu’il était impossible de faire conter rétrospectivement les événements complexes ayant conduit au meurtre de Siegfried : il fallait au contraire les donner à voir au public, les faire vivre sur scène.

Dans Le Crépuscule des dieux, le « charme des allusions musicales » (« Beziehungszauber » selon l'expression de Thomas Mann, grand admirateur de Wagner) déploie tous ses effets. Pour assurer la cohésion musicale de la Tétralogie et de ses quelque seize heures de musique, Wagner avait notamment développé ce que lui-même appelait des « motifs de réminiscence » (« Erinnerungs-Motive »), terme déjà employé dans Le Vaisseau fantôme et qu’il préférait à celui, devenu courant, de « leitmotiv ». Le motif de réminiscence permet de confondre les niveaux temporels : il peut aussi bien renvoyer au passé, éclairer le présent ou anticiper l’avenir.

Dans Le Crépuscule des dieux, les motifs de réminiscence de l’ensemble de la Tétralogie sont tissés dans la trame musicale. Ceux, par exemple, de la « Marche funèbre » – épilogue orchestral faisant suite à la mort de Siegfried dans l’avant dernière scène –, récapitulent la destinée et l’échec du héros. Le fait que Wagner ait confié à l’orchestre un commentaire autonome sur l’action scénique constituait une innovation majeure.

Pour le Ring de Paris, le metteur en scène Calixto Bieito et son équipe ont opté pour un récit discontinu dans lequel passé et avenir s’entremêlent. Leur voyage à travers le Ring avait commencé avec L’Or du Rhin dans un univers de « big data », où des hommes s'étaient élevés au rang de dieux, où avidité et égoïsme avaient chassé toute transcendance. Dans l’univers militarisé et violent de La Walkyrie, la compassion se faisait rare, même si un amour avait pu s’épanouir au milieu de la destruction. À la fin, Wotan assistait à l’effondrement du monde numérique qu’il avait lui-même créé. Dans Siegfried, en revanche, la nature a reconquis un monde dévasté, devenu incontrôlable sous l’effet des manipulations humaines. La forêt s’est transformée, le lien entre l’humanité et la nature est rompu.

Dans Le Crépuscule des dieux, ce sont les descendants des grands adversaires Wotan et Alberich qui finissent par s’affronter : Siegfried, petit-fils de Wotan, qui a définitivement privé son grand-père de son pouvoir et qui, sans le savoir, a « transformé » l’Anneau, symbole de puissance, en gage d’amour ; et Hagen, engendré par son père Alberich dans le seul but d’accomplir sa vengeance et de récupérer l’Anneau. Tous les deux ont été instrumentalisés, mais une différence décisive les sépare : Hagen, lui, connaît sa mission tout comme il connaît l’histoire de l’Anneau. Cet avantage lui permet de manipuler à sa guise Gunther et Gutrune, ses demi-frère et demi-soeur installés sur le trône des Gibichungen, tout comme il manipulera Siegfried, le nouveau venu. Ce dernier, qui a grandi dans l’isolement à la manière d’un Kaspar Hauser, entre ici en contact pour la toute première fois avec la société humaine, dont il ignore toutes les règles. Il est dès lors facile pour Hagen (grâce à un « philtre d’oubli ») de faire oublier à Siegfried d’où il vient et qui il est, et d’en faire son instrument. Seule Brünnhilde, émancipée depuis longtemps de son père Wotan, aurait la force, l’intelligence et l’indépendance nécessaires pour tenir tête aux machinations de Hagen. Mais lorsqu’elle finit par comprendre la situation, il est trop tard.

Nous sommes notre mémoire,
nous sommes ce musée chimérique de formes inconstantes,
ce monceau de miroirs brisés.

Jorge Luis Borges, Cambridge

« Dans Le Crépuscule des dieux, le monde que nous avons suivi au long de ces quatre soirées disparaît, et peut-être l’humanité disparaît avec lui », nous dit le metteur en scène Calixto Bieito à propos de la fin de l’opéra. « Mais l’univers n’a pas nécessairement pris fin. Quelque chose pourrait venir après, quelque chose de post-humain, de naturel, de technologique, ou autre chose, pour quoi nous n’avons pas encore de nom. Avec Le Crépuscule des dieux, il ne s’agissait pas pour nous de présenter une oeuvre apocalyptique de plus. Nous vivons déjà constamment entourés d’images et de récits de catastrophes, d’effondrements, d’extinction. Cependant, les dernières mesures de la musique de Wagner, plus ambiguës, plus étranges, plus profondes, ne nous apportent aucune réponse.

Ce qui se passe dans la musique finale du Crépuscule des dieux – cet élan, cette clarté, cette atmosphère libératrice – est, dans notre mise en scène, traversé par un trou noir, tel un paradoxe : la musique s’envole, le monde s’effondre ; l’harmonie s’élève, la mémoire disparaît ; la beauté demeure, l’univers s’éteint. Cette fin anti-humaine, dans toute sa désolation, est profondément humaine. Tout disparaît : la matière, l’humanité, la post-humanité, le récit, la culture, la mémoire, l’identité. Il ne reste plus rien à transmettre. Et, au terme de la disparition progressive de la mémoire, c’est le silence qui règne. »

Dans son ouvrage récemment paru, The Rise and Fall of the Artificial State, l’historienne américaine Jill Lepore nous met en garde : il ne faut pas laisser aux machines, ni aux entreprises les possédant, le contrôle de notre vie sociale et politique. Elle nous interpelle : ce déséquilibre étant le produit de l’histoire et des actions humaines, c’est à nous, les humains, qu’il revient d’oeuvrer à le transformer. L’analyse critique de Lepore ne débouche ni sur une apocalypse ni sur un scénario de catastrophe, mais sur un appel : il nous faut reconquérir notre faculté collective de jugement, notre responsabilité humaine, notre pouvoir de décision, la démocratie et le respect de la nature.

Pour Calixto Bieito, le Ring de Wagner gardera toute son actualité : « Le Ring contient un certain nombre de contradictions humaines fondamentales : notre soif de pouvoir et de possession, notre capacité à aimer et à détruire, notre besoin de créer des systèmes et notre tendance à y rester prisonniers. Wagner n’a pas de leçon morale réconfortante à nous offrir. Le Ring ne nous dit pas où nous allons. Il nous renvoie à ce que nous sommes, ce que nous avons été et ce que nous pourrions devenir. Toutes les questions restent en suspens. »

Le Ring, c'est quoi ? #4

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Troisième journée : Le Crépuscule des dieux

4:13 min

Le Ring, c'est quoi ? #4

Par Octave

4 opéras, 34 personnages, 15 heures de musique... et 4 vidéos pour vous y retrouver ! 

© Pablo Grand Mourcel

La Tétralogie de Richard Wagner : Les Filles du Rhin et les Nornes

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Découvrez les personnages

02 min

La Tétralogie de Richard Wagner : Les Filles du Rhin et les Nornes

Par Coline Delreux

Les personnages de la Tétralogie sont principalement inspirés des retranscriptions médiévales des mythologies germanique et nordique et notamment de La Chanson des Nibelungen, épopée allemande du XIIIe siècle. En élaborant les livrets des quatre opéras qui composent L’Anneau du Nibelung, Richard Wagner a rapproché ces mythes et leurs variantes de ses autres inspirations comme la tragédie grecque et la dramaturgie shakespearienne, et ajouté ses propres interprétations.


Les Filles du Rhin

© Pablo Grand Mourcel

Dans la Tétralogie, les Filles du Rhin, Woglinde, Wellgunde et Flosshilde, créatures élémentaires des profondeurs du fleuve et gardiennes de l’or, forment un trio. Si, au début de l’intrigue, elles confient le secret de l’or à Alberich, c’est parce qu’il est pour elles impensable de renoncer à l’amour. Elles n’imaginent pas qu’un être puisse être à ce point assoiffé de pouvoir. Leur insouciance est l’expression d’une harmonie naïve qui les unit au monde mythique. Dans Le Crépuscule des dieux, elles tentent de convaincre Siegfried de leur rendre l’anneau. Quand celui-ci refuse, elles lui enseignent la malédiction de l’anneau et lui prédisent sa fin prochaine.

Les Nornes

© Pablo Grand Mourcel

Dans la mythologie scandinave, les Nornes se caractérisent par leur capacité à décider du cours des choses ou tout au moins à le prédire. Ces trois créatures irréelles sont le pendant, dans la mythologie germanique, des trois parques helléniques. Filles d’Erda, elles tissent le fil des destinées et sont la mémoire du monde. Les trois Nornes de la Tétralogie ont un rôle distinct. La première incarne le passé, la deuxième le présent, la troisième l’avenir. Comme leur mère, Erda, on les associe à l’obscurité et à la nuit, c’est-à-dire à une forme de connaissance intuitive et visionnaire.

Les Grands Entretiens - Le Crépuscule des dieux

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Pablo Heras-Casado, Alexander Neef

17:11 min

Les Grands Entretiens - Le Crépuscule des dieux

Par Isabelle Stibbe

Quand un artiste rencontre le directeur général de l’Opéra national de Paris ou son directeur de la Danse, que se disent-ils ? Pour la deuxième saison de la série Les Grands Entretiens, l’Opéra de Paris dévoile les arcanes de la programmation artistique des nouvelles productions de la saison 26/27. Choix des artistes invités, thèmes privilégiés, intentions de mise en scène ou styles chorégraphiques : ces échanges exclusifs de quinze à trente minutes vous donnent les premières clefs de lecture des œuvres bientôt à l’affiche.

Alexander Neef, directeur général de l’Opéra national de Paris, et Pablo Heras-Casado, chef d’orchestre, croisent leurs regards sur Le Crépuscule des dieux, point final de la Tétralogie de Richard Wagner dans la nouvelle production de Calixto Bieito.  

Les leitmotive du Ring #4

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Siegfried

3:21 min

Les leitmotive du Ring #4

Par Matthieu Pajot, Coline Delreux

Thèmes musicaux permettant de décrire un personnage, un objet, un lieu ou un sentiment, les leitmotive, chez Wagner, ont un rôle dramaturgique et musical étroitement liés. Octave vous invite à découvrir quatre de ces motifs de La Tétralogie : l’anneau, Siegfried, le walhalla et la chevauchée des Walkyries.

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[LIVE] Le Crépuscule des dieux


Dimanche 22 novembre à 14h00, regardez l'opéra de Wagner en direct sur POP !

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Accès et services

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Place de la Bastille

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Troisième journée et dernier des quatre volets de la Tétralogie, Le Crépuscule des dieux est l’oeuvre matricielle de L’Anneau du Nibelung. Son livret est le premier à être écrit par le compositeur-librettiste qui dédie son récit à Siegfried, personnage issu de La Chanson des Nibelungen. Une fois la rédaction terminée, Wagner confère une antériorité au destin du héros en exposant d’abord sa jeunesse puis l’histoire de ses parents dans Siegfried et La Walkyrie. Le cycle wagnérien trouve son aboutissement dans le dernier texte rédigé et prologue de l’histoire : L’Or du Rhin.

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  • Vestiaires

    Des vestiaires gratuits sont à votre disposition à l’Opéra Bastille et au Palais Garnier. La liste exhaustive des objets non-admis est disponible ici.

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    La réservation de boissons et restauration légère pour l’entracte est possible en précommande en ligne jusqu’à 24h à l'avance ou auprès des bars avant le début de la représentation.

Dans les deux théâtres, des places à tarifs réduits sont vendues aux guichets à partir de 30 minutes avant la représentation :

  • Places à 35 € pour les moins de 28 ans, demandeurs d’emploi (avec justificatif de moins de trois mois) et seniors de plus de 65 ans non imposables (avec justificatif de non-imposition de l’année en cours)
  • Places à 70 € pour les seniors de plus de 65 ans

Retrouvez les univers de l’opéra et du ballet dans les boutiques de l’Opéra national de Paris. Vous pourrez vous y procurer les programmes des spectacles, des livres, des enregistrements, mais aussi une large gamme de papeterie, vêtements et accessoires de mode, des bijoux et objets décoratifs, ainsi que le miel de l’Opéra.

À l’Opéra Bastille
  • Ouverture une heure avant le début et jusqu’à la fin des représentations
  • Accessible depuis les espaces publics du théâtre
  • Renseignements 01 40 01 17 82

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Jean-Pierre Delagarde / OnP

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