Lady Macbeth de Mzensk - Opéra - Programmation Saison 18/19 - Opéra national de Paris

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    Lady Macbeth de Mzensk

    Dmitri Chostakovitch

    Opéra Bastille - du 06 au 25 avril 2019

    Philippe Dollo

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Lady Macbeth de Mzensk

Opéra Bastille - du 06 au 25 avril 2019

Opéra

Lady Macbeth de Mzensk

Dmitri Chostakovitch

Opéra Bastille - du 06 au 25 avril 2019

3h25 avec 1 entracte

Langue : Russe

Surtitrage : Français / Anglais

  • Avant-première : 2 avril

    Première : 6 avril 2019

    Soirée -40 ans : 16 avril 2019

Certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes ainsi que des personnes non averties.

À propos

En quelques mots :

Du projet initial de Chostakovitch – consacrer une trilogie aux destins tragiques de femmes russes à travers les âges – ne demeura qu’un opéra coup-de-poing : Lady Macbeth de Mzensk. S’il est l’un des puissants ressorts de l’oeuvre, l’intertexte shakespearien est ici bien amer : contrairement à Lady Macbeth, Katerina Ismailova – qui, dans la Russie profonde du XIXe siècle, tombe amoureuse d’un employé de son mari et sera finalement acculée au suicide – est moins manipulatrice que victime d’une société violente et patriarcale. Krzysztof Warlikowski libère aujourd’hui la force de subversion de cette oeuvre brûlante et scandaleuse, qui a marqué les premières années de l’Opéra Bastille.

  • Ouverture
  • Première partie 100 mn
  • Entracte 30 mn
  • Deuxième partie 63 mn
  • Fin

La presse en parle

  • Le cri d’amour de Warlikowski à Lady Macbeth

    Le Monde, Marie-Aude Roux, 08/04/2019
  • La puissante œuvre lyrique de Chostakovitch, bénéficie d’une superbe relecture de Warlikowski.

    Le Figaro, Christian Merlin, 08/04/2019
  • Magistrale adéquation entre fond et forme, fouille à corps des psychologies, déclaration d’amour fou pour son héroïne : le Polonais est ici à son meilleur.

    Le Monde, Marie-Aude Roux, 08/04/2019
  • Il est même assez rare que l’on quitte une représentation avec un tel sentiment de plénitude, prenant de bout en bout, sans temps mort ni maillon faible.

    Le Figaro, Christian Merlin, 08/04/2019
  • À l’Opéra Bastille, à Paris, l’œuvre de Chostakovitch atteint une rare force expressive, avec le chef Ingo Metzmacher et la mise en scène crue et en tension de Krzysztof Warlikowski

    L’Humanité, Maurice Ulrich, 08/04/2019
  • Gloire aux Chœurs et à l’Orchestre de l’Opéra de Paris, au mage Ingo Metzmacher, pour ces trois heures de beautés sonores enivrantes

    Le Monde, Marie-Aude Roux, 08/04/2019
  • Une Lady Macbeth de Mzensk puissante et poignante

    L’Humanité, Maurice Ulrich, 08/04/2019
  • Un des spectacles les plus homogènes et captivants de Krzysztof Warlikowski

    Le Figaro, Christian Merlin, 08/04/2019

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© Thibaut Chapotot pour la Rmn-Grand Palais

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Entretien avec Nicolas Liucci-Goutnikov

05’

Par Simon Hatab

Opéra fascinant, qui témoigne de la pensée de son temps tout en s’étant attiré les foudres du régime soviétique, Lady Macbeth de Mzensk est à l’affiche de l’Opéra Bastille dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski. Commissaire de l’exposition Rouge. Art et utopie au pays des Soviets qui se tient au Grand Palais du 20 mars au 1er juillet 2019, Nicolas Liucci-Goutnikov nous éclaire sur le contexte historique de cette œuvre. 


Lady Macbeth de Mzensk est créé le 22 janvier 1934. Pouvez-vous nous parler du contexte politique de cette Première ?

Nicolas Liucci-Goutnikov : Durant les années 1920, un relatif pluralisme culturel accompagne la lutte pour le pouvoir opposant différentes factions du parti. Trotski ou Boukharine sont parmi ceux qui considèrent que le parti n’a pas à imposer telle forme d’art plutôt qu’une autre. La donne change à partir de 1929. Joseph Staline a éliminé toute opposition. Il souhaite contrôler et diriger la création artistique. En 1932, les groupes artistiques sont dissous au profit d’unions professionnelles ; en 1934, quelques mois après la première de « Lady Macbeth », l’un des sbires de Staline, Andreï Jdanov, lance le mot d’ordre du réalisme socialiste, doctrine encore vague mais destinée à régir l’ensemble des arts. L’extraordinaire période d’expérimentation ouverte par la Révolution est close.

Quelles étaient les relations de Chostakovitch avec le régime soviétique ?

N. L.-G. : Chostakovitch fait partie de ces « artistes de gauche », héritiers des avant-gardes, dont l’œuvre s’est développée frénétiquement durant ces années 1920, pleines d’enthousiasme et de confiance en l’avenir. Il a collaboré avec de nombreux artistes majeurs : la pièce de théâtre La Punaise a ainsi permis au jeune compositeur, âgé d’à peine 23 ans, de collaborer avec Vladimir Maïakovski, auteur, Vsevolod Meyerhold, metteur en scène, et Alexandre Rodtchenko, scénographe. Le sort sera cruel pour nombre de ces artistes de gauche : Maïakovski se suicide en 1930, Meyerhold est exécuté en 1940. Pour Chostakovitch, comme pour Rodtchenko, il s’agira désormais de composer, tant bien que mal, avec le pouvoir.

« Lady Macbeth » met en scène la difficile condition sociale d’une femme russe : comment ce thème s’inscrit-il dans les préoccupations politiques de l’époque ?

N. L.-G. : Les années qui suivent la révolution d’Octobre sont celles d’une véritable libération des mœurs : alors que le divorce se généralise, que les structures familiales conventionnelles se délitent, que la liberté sexuelle s’affirme, la femme s’émancipe. Les années staliniennes sont au contraire celles d’un fort conservatisme : le régime promeut le retour à des formes de vie somme toute plus bourgeoises. Il célèbre les vertus du mariage et promeut le retour aux valeurs traditionnelles de la famille. L’opéra de Chostakovitch, conçu durant les premières années de l’ère stalinienne, se situe à la charnière de deux époques.

On sait qu’après un succès initial, l’œuvre a été interdite de représentation pendant trente ans. Comment expliquer ce revirement ?

N. L.-G. : Le 28 janvier 1936, un article téléguidé par Staline paraît dans la Pravda, intitulé « Le chaos remplace la musique ». Il s’en prend avec violence à « Lady Macbeth », à la fois sur le fond – son intrigue jugée scandaleuse – et sur la forme - l’œuvre est jugée « formaliste ». Cette épithète est alors lestée d’une charge éminemment négative. Le formalisme est considéré comme un mal « bourgeois », engendrant des œuvres incompréhensibles des masses. L’article de la Pravda déchaîne une campagne extrêmement virulente qui touche toutes les disciplines artistiques. C’est seulement lorsque Nikita Khrouchtchev parvient au pouvoir que l’étau se desserre enfin un peu et que des marges d’expérimentations réapparaissent pour les artistes, mais de façon limitée. La version de « Lady Macbeth », jouée durant ces années-là, rebaptisée Katerina Ismailova, est d’ailleurs très édulcorée.


À propos de l’exposition Rouge…

L’exposition Rouge. Art et utopie au pays des Soviets présente un ensemble de plus de 400 œuvres conçues dans un contexte social et politique particulier. Son parcours chronologique commence en 1917 avec la révolution d’Octobre et se termine en 1953, année de la mort de Staline. Elle interroge la manière dont le projet de société communiste a engendré des formes d’art spécifiques. Des années 1920, marquées par un grand nombre de propositions d’avant-garde, aux années 1930 qui voient l’affirmation d’un dogme esthétique, le parcours aborde tous les domaines des arts visuels : peinture, sculpture, architecture, photographie, cinéma, design, arts graphiques avec des œuvres, pour la plupart jamais montrées en France.

Les artistes tels que Rodtchenko, Malevitch, Klutsis … ont voulu accompagner par leurs œuvres l’édification du socialisme et contribuer à la transformation du mode de vie des masses. C’est cette histoire, ses tensions, ses élans comme ses revirements que relate l’exposition en posant la question d’une possible politisation des arts.

Art et utopie au pays des Soviets
Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais et le Centre Pompidou Musée national d’art moderne. Grand Palais, Galeries nationales, du 20 mars au 1er juillet 2019

Commissaire de l’exposition : Nicolas Liucci-Goutnikov - scénographie : Valentina Dodi et Nicolas Groult

Dessine-moi Lady Macbeth de Mzensk

01:15’

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Dessine-moi Lady Macbeth de Mzensk

Une minute pour comprendre l’intrigue

Par Octave

Du projet initial de Chostakovitch – consacrer une trilogie aux destins tragiques de femmes russes à travers les âges – ne demeura qu’un opéra coup-de-poing : Lady Macbeth de Mzensk. S’il est l’un des puissants ressorts de l’oeuvre, l’intertexte shakespearien est ici bien amer : contrairement à Lady Macbeth, Katerina Ismailova – qui, dans la Russie profonde du XIXe siècle, tombe amoureuse d’un employé de son mari et sera finalement acculée au suicide – est moins manipulatrice que victime d’une société violente et patriarcale. Krzysztof Warlikowski libère aujourd’hui la force de subversion de cette oeuvre brûlante et scandaleuse, qui a marqué les premières années de l’Opéra Bastille.

© Markus Werner / OnP

Requiem pour une femme russe

06:52’

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Requiem pour une femme russe

Entretien avec Ingo Metzmacher

Par Marion Mirande

D’après le profil d’une femme adultère et meurtrière, Lady Macbeth de Mzensk est une œuvre dont la force sexuelle n’échappe pas à Staline lorsqu’il la découvre, en 1936. Publiquement accusé de pornographie, Dmitri Chostakovitch vécut dès lors dans l’angoisse d’être déporté en Sibérie, à l’image de Katerina Ismaïlova, son héroïne. En sa qualité de chef d’orchestre de cette nouvelle production, Ingo Metzmacher parle de la force subversive de cette musique et de son choix de ponctuer les troisième et quatrième actes par le Quatuor n°8 du compositeur soviétique. 

© DR

Sergueï, l’anti-prince

03:16’

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Sergueï, l’anti-prince

Entretien avec Pavel Černoch

Par Cyril Pesenti

Dans Lady Macbeth de Mzensk, opéra de Dmitri Chostakovitch, Sergueï est l’objet de bien des convoitises. La mise en scène subversive de Krzysztof Warlikowski offre à Pavel Černoch la possibilité d’interpréter un Sergueï puissant et viscéral. Le ténor tchèque, davantage connu pour ses rôles de prince, s’empare non sans plaisir de ce personnage diabolique.    

Podcast Lady Macbeth de Mzensk

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"Dansez ! Chantez ! 7 minutes à l’Opéra de Paris" - en partenariat avec France Musique

07’

Par Nathalie Moller, France Musique

Avec « Dansez ! Chantez ! 7 minutes à l’Opéra de Paris », nous vous proposons des incursions originales dans la programmation de la saison à la faveur d’émissions produites par France Musique et l’Opéra national de Paris. Pour chacune des productions d’opéra et de ballet, Nathalie Moller pour le lyrique et Jean-Baptiste Urbain pour la danse, vous introduisent, avant votre passage dans nos théâtres, aux œuvres et aux artistes que vous allez découvrir. 

© Bernd Uhlig / OnP

Katerina ou l’ardeur

05:38’

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Katerina ou l’ardeur

Entretien avec Aušrinė Stundytė

Par Marion Mirande

Dans sa criminelle Katerina Ismaïlova, Chostakovitch disait voir une profonde humanité. Quand le poids d’une société patriarcale et avilissante se fait trop pesant, existe-t-il un sentiment plus humain que celui de se vouloir passionnément aimée et désirée ? Guidée par Krzysztof Warlikowski, la flamboyante soprano lituanienne fait ses premiers pas à l’Opéra de Paris dans le rôle-titre de Lady Macbeth de Mzensk.

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Mécènes et partenaires

  • Mécène des actions de l’Opéra en faveur des jeunes et des avant-premières

  • Mécène des retransmissions audiovisuelles de l’Opéra

Ce spectacle fait l’objet d’une captation coproduite par l’Opéra national de Paris et Telmondis, avec le soutien du CNC et de la Fondation Orange, mécène des retransmissions audiovisuelles de l’Opéra national de Paris. Ce spectacle sera retransmis en direct le 16 avril 2019 avec le concours de Fra Cinéma, dans les cinémas UGC, dans le cadre de leur saison « Viva l’Opéra ! » et dans des cinémas indépendants en France et dans le monde entier.
Radiodiffusion sur France Musique ultérieurement.

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