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Edward Burtynsky, courtesy Flowers Gallery, London / Nicholas Metivier Gallery, Toronto

Edward Burtynsky, courtesy Flowers Gallery, London / Nicholas Metivier Gallery, Toronto

Opéra

Nouveau

Siegfried

Richard Wagner

Opéra Bastille

du 17 au 31 janvier 2026

de 15 € à 220 €

5h10 avec 2 entractes

Synopsis

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Avec Siegfried, présenté dans la nouvelle mise en scène de Calixto Bieito, l’Opéra de Paris livre le troisième volet de L’Anneau du Nibelung, l’entreprise hors norme de Richard Wagner. Siegfried, le fils de Sieglinde et Siegmund, est devenu un jeune homme intrépide qui ne connaît pas la peur.

Muni de son épée Notung, il part à l’aventure, terrasse le dragon Fafner puis récupère l’anneau sans avoir conscience de son pouvoir. Franchissant le feu qui encercle Brünnhilde, il la réveille de son long sommeil, inaugurant un amour réciproque qui les métamorphosera profondément.

Pour décrire le parcours initiatique de ce héros libre et instinctif, représentant l’espoir d’un monde nouveau, l’écriture orchestrale de Richard Wagner se déploie avec une ampleur impressionnante. Murmures de la forêt, appel du cor et dialogues dramatiques s’enchaînent crescendo jusqu’au duo final entre Siegfried et Brünnhilde, l’un des sommets de la Tétralogie.

Durée : 5h10 avec 2 entractes

Langue : Allemand

Surtitrage : Français / Anglais

Voir les actes et les personnages

PERSONNAGES

Siegfried : Fils des défunts Siegmund et Sieglinde, élévé par Mime
Mime : Nibelung qui veut s’emparer de l’anneau de pouvoir
Le Voyageur : Wotan, dieu des dieux, grand‑père de Siegfried
Alberich : Nibelung à l’origine de la malédiction de l’anneau
Fafner : Géant métamorphosé en dragon, gardien de l’anneau
Erda : Déesse de la Terre
Brünnhilde : Walkyrie, fille de Wotan et Erda
L’Oiseau de la forêt : Complice de Siegfried

Première partie

Évènements antérieurs :

Fafner s’est métamorphosé en un grand dragon et veille dans la forêt sur le trésor des Nibelung, le heaume d’invisibilité et l’anneau. Sieglinde est morte après avoir donné naissance à Siegfried et a confié son enfant à la garde de Mime, un Nibelung. Elle lui a également laissé les fragments de Notung, l’épée de Siegmund détruite par son père Wotan qui souhaitait la fin des dieux.

Acte 1 :

Scène1
Siegfried vit avec son père adoptif Mime dans la forêt, totalement isolé du reste du monde. Mime est désespéré, car il a tenté en vain de forger une épée capable de résister à la force de Siegfried. Seule Notung en a le pouvoir, mais il ne parvient pas à assembler ses fragments. Son plan est d’utiliser son fils prétendument aimé afin qu’il tue Fafner à sa place et puisse s’emparer de l’anneau de pouvoir. Siegfried, qui ne connaît personne d’autre que son père et se sent très seul, a conclu en observant la nature qu’il ne peut être le fils de Mime, contrairement à ce que celui-ci prétend. Sous la pression, Mime lui révèle ses véritables origines : son père Siegmund a été tué et sa mère Sieglinde est morte peu après sa naissance. Siegfried exige que Mime reforge Notung afin qu’il puisse enfin partir avec une bonne arme à la conquête du monde.

Scène 2
Afin de mener à bien son plan visant à récupérer l’anneau le plus discrètement possible, Wotan parcourt le monde incognito sous le nom de « Wanderer » (le Voyageur), mais continue à se comporter comme un dieu. Il oblige Mime à jouer à un « pari de connaissance » sournois, dans lequel tous deux mettent en gage leur tête. Mime pose des questions sur les Nibelung, les géants et les dieux. De son côté, il échoue à la dernière question du Wanderer : qui pourra reforger Notung ? Le Wanderer quitte Mime avec un oracle qui fait naître en lui une angoisse de mort : seul celui qui n’a pas appris la peur pourra reforger Notung. Il sera aussi le maître de la vie de Mime.

Scène 3
Siegfried revient de la forêt, s’aperçoit de l’angoisse de Mime et veut maintenant absolument savoir ce qu’est la peur. Mime lui suggère qu’il pourrait la connaître auprès du terrible dragon Fafner. Afin de réussir l’épreuve de cette rencontre, Siegfried fabrique lui-même l’épée Notung. Pendant ce temps, Mime réfléchit déjà à la manière de tuer Siegfried, une fois que celui-ci aura terrassé Fafner. Dans un fantasme de toute-puissance, Mime se voit déjà maître du monde.

Deuxième partie

Acte 2 :

Scène 1
Devant la « caverne de la convoitise » de Fafner, Alberich et Wotan « le Wanderer », anciens rivaux, se rencontrent dans l’obscurité : Alberich, le Nibelung, connaît la puissance de la malédiction qu’il a jetée sur l’anneau, les problèmes de Wotan liés aux contrats, et la stratégie de celui-ci pour récupérer l’anneau grâce à Siegfried. Mais il se voit luimême comme le futur maître du monde. Wotan le met en garde contre son frère Mime et Siegfried, puis réveille Fafner endormi. Alberich annonce à celui-ci la venue du dangereux Siegfried et lui propose un marché que le dragon refuse. Il se contente de ce qu’il possède.

Scène 2
Mime a conduit Siegfried jusqu’à la « caverne de la convoitise » et lui dépeint les dangers du combat contre Fafner. Pris de peur, Mime s’enfuit, en espérant que son fils adoptif et Fafner s’entretueront. Seul dans la forêt, en dialogue avec la nature, Siegfried réfléchit à son identité. Il se languit de sa mère. À la recherche d’amis, il essaie de parler avec l’Oiseau de la forêt en imitant son chant. Lorsque Siegfried fait retenir son cor, Fafner se réveille. Au cours du combat singulier, Siegfried vainc Fafner, qui, en mourant, le met en garde contre Mime. Comme Siegfried goûte par hasard au sang du dragon, il comprend soudain le langage de l’Oiseau de la forêt. Celui-ci lui conseille de s’emparer du trésor, du heaume d’invisibilité et de l’anneau.

Scène 3
À peine les frères Alberich et Mime se sont-ils rencontrés devant la « caverne de la convoitise » qu’ils se disputent immédiatement pour savoir à qui reviennent le trésor, le heaume d’invisibilité et l’anneau. Lorsque Siegfried revient avec le heaume et l’anneau dont il ne comprend pas la véritable portée, l’Oiseau de la forêt le met en garde contre Mime. Grâce au sang du dragon, Siegfried peut alors percevoir les intentions meurtrières de Mime, bien dissimulées derrière une sollicitude hypocrite. Siegfried tue Mime. Se sentant seul, il demande conseil à l’Oiseau de la forêt. Celui-ci lui parle de la « plus merveilleuse des femmes » et lui indique le chemin vers Brünnhilde, que seul Siegfried qui « ne connaît pas la peur » peut délivrer.

Troisième partie

Acte 3 :

Scène 1
Le Wanderer invoque Erda, la « sage des temps anciens », mère de Brünnhilde, qu’il sort de son « sommeil de connaissance ». Comment peut-il, lui le dieu, vaincre son inquiétude ? Tout comme autrefois son épouse Fricka, Erda lui fait comprendre qu’avec son projet reposant sur Siegfried, il enfreint ses propres lois et l’accuse de parjure. Selon elle, il n’est plus un dieu. Le Wanderer affirme alors désirer lui-même la fin des dieux. C’est désormais à Siegfried et Brünnhilde de façonner l’avenir.

Scène 2
Lorsque Siegfried rencontre le Wanderer sur le chemin qui le conduit vers Brünnhilde, il ne témoigne aucun respect à l’égard du vieillard. Le Wanderer prétend lui barrer la route et lui interdit de réveiller Brünnhilde : cela le priverait « éternellement de tout pouvoir ». Mais Siegfried brise la lance du Wanderer. Lui, Wotan, est définitivement déchu de son pouvoir. Siegfried part à la recherche de l’amour, la mer de flammes ne l’effraie pas.

Scène 3
Après s’être frayé un chemin jusqu’à Brünnhilde, Siegfried est submergé par ses sentiments. Il découvre soudain l’amour, un désir physique qui le trouble profondément et lui inspire « la peur ». Quand il réveille Brünnhilde et la rend à une vie nouvelle et humaine, celle-ci reconnaît en lui l’homme qu’elle a toujours aimé. Tiraillés entre la peur et le désir, l’attirance et la honte, tous deux se sentent soudainement démunis et vulnérables, mais, ensemble, ils surmontent leur timidité. Brünnhilde se détache définitivement du Walhalla et prévoit déjà « le crépuscule des dieux ». Ensemble, Siegfried et Brünnhilde partent pour de nouveaux horizons : « amour rayonnant, mort riante ! »

Voir la chronologie

Repères chronologiques

  • XIIIe siècle

    Dans l’Edda poétique sont réunis un ensemble de chants et poèmes issus de mythologies scandinaves de traditions orales, où apparaît le personnage de Siegfried.

    Siegfried

    Illustration de l’Edda par Ólafur Brynjúlfsson, 1760

  • 1815

    Les frères Jacob et Wilhem Grimm publient le conte Celui qui partit en quête de la peur, référence majeure pour le Siegfried de Wagner.

  • 1817

    Le Peintre Peter von Cornelius crée un cycle de gravure d’après La Chanson des Nibelungen, à la source de l’édification du mythe nationaliste et identitaire de Siegfried.

    Siegfried

    Peter von Cornelius, Les adieux de Siegfried, circa 1816-1817

  • 1852

    Wagner achève le livret de Siegfried amorcé en mai 1851. Il entame la composition en 1856.

  • 1863

    À Vienne, Wagner dirige en version de concert des extraits du premier acte de Siegfried.

  • 1870

    Le matin de son trente-troisième anniversaire, le 25 décembre, Cosima est réveillée par des musiciens interprétant Siegfried-Idyll, une pièce de chambre composée d’extraits de l’opéra éponyme et cadeau de mariage de Richard à sa nouvelle épouse.

    Siegfried

    Cosima et Richard Wagner

  • 1871

    En février, Wagner achève la partition de Siegfried.

    Siegfried

    Georg Unger, créateur du rôle-titre, 1876

  • 1876

    Sous la direction de Hans Richter, Siegfried est pour la première fois représenté le 16 août lors de la création de la Tétralogie dans le cadre du premier Festival de Bayreuth.

  • 1902

    Dans une version française, Siegfried est donné pour la première fois à l’Opéra de Paris.

    Siegfried

    Décor de l’acte 3 par Amable, 1902

  • 1922

    Jean Giraudoux publie le roman Siegfried et le Limousin. Il y met à mal l’idée d’identité raciale et y exalte, dans un esprit européen, la réconciliation des cultures allemande et française.

  • 1955

    Hans Knappertsbusch dirige pour la première fois en langue originale le cycle complet de L’Anneau du Nibelung à l’Opéra de Paris.

  • 2013

    Pour la première fois à l’Opéra Bastille, et plus de cinquante ans après le dernier cycle intégral à l’Opéra national de Paris, le Ring est mis en scène par Günter Krämer.

    Siegfried

Artistes

Deuxième journée en trois actes du festival scénique L'Anneau du Nibelung

1876

Équipe artistique

Distribution

Orchestre de l’Opéra national de Paris

Siegfried sera enregistré par France Musique pour diffusion le 21 février 2026 à 20h dans l’émission « Samedi à l’Opéra » présentée par Judith Chaine, puis disponible en streaming sur le site de France Musique et l’application Radio France.

Galerie médias

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Les leitmotive du Ring #4

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Siegfried

3:21 min

Les leitmotive du Ring #4

Par Matthieu Pajot, Coline Delreux

Thèmes musicaux permettant de décrire un personnage, un objet, un lieu ou un sentiment, les leitmotive, chez Wagner, ont un rôle dramaturgique et musical étroitement liés. Octave vous invite à découvrir quatre de ces motifs de La Tétralogie : l’anneau, Siegfried, le walhalla et la chevauchée des Walkyries.

Une odyssée du Ring - Un film de Jérémie Cuvillier
Fin novembre 2020, Philippe Jordan dirigeait L’Anneau du Nibelung à l’Opéra Bastille et à l’Auditorium de Radio France...

© Edward Burtynsky, courtesy Flowers Gallery, London / Nicholas Metivier Gallery, Toronto

À propos de la mise en scène de Siegfried

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06 min

À propos de la mise en scène de Siegfried

Par Bettina Auer

Dans Siegfried, la troisième partie de L’Anneau du Nibelung, le récit rejoint définitivement la légende héroïque médiévale du Chant des Nibelungen, point de départ initial de Richard Wagner. Siegfried est devenu un jeune homme qui cherche sa véritable identité et veut partir à la découverte du monde pour, comme il sied à un « héros », tuer un dragon, délivrer une vierge et conquérir un précieux trésor. Conformément au plan secret de Wotan, Siegfried est le « héros libre » capable de reconquérir pour lui l’anneau du pouvoir. Les dieux, en revanche, ont fait leur temps. Seul Wotan lui-même parcourt encore le monde, incognito sous le nom de « Wanderer » (le Voyageur). Certes, il ne révèle pas son identité comme le plus puissant des puissants, mais il continue de se comporter comme un « dieu » qui veut manipuler et contrôler tout le monde.

Pour la tétralogie de L’Anneau, Calixto Bieito et son équipe ont opté pour un mode de narration discontinu, où le passé et l’avenir s’entremêlent. Le compositeur lui-même appelait cela la « visualisation au présent » du « pressentiment » et du « souvenir », c’est-à-dire un ancrage de moments annonciateurs et rétrospectifs dans des moments chaque fois présents. Notre voyage au coeur de L’Anneau a c ommencé dans L’Or du Rhin avec le big data dans l’obscurité de la « lumière » de l’information totale ainsi que de la surveillance totale de la vie privée, et s’est poursuivi dans le cosmos militarisé de La Walkyrie, où le monde numérique s’effondre à tous les niveaux en raison d’une guerre. Une apocalypse dans laquelle un amour a fleuri au milieu de la destruction.

« À la fin de La Walkyrie, le monde est contaminé » décrit Bieito, « une fumée toxique et orange envahit tout, l’ ordinateur du Walhalla est pulvérisé, Wotan, l’artiste de la destruction, disparaît dans un poison chimique, Brünnhilde est figée. Le poison a contaminé la forêt. Il ne l’a pas détruite, mais mutée. La mutation est la conséquence directe de l’ effondrement du système. La nature a perdu son code. La forêt dans laquelle vivent Mime et Siegfried n’a pas été déboisée, brûlée ou abattue. Elle a été reprogrammée. Les arbres tombent, les cimes vers le bas, ils transpercent l’espace horizontalement tels des lances, ils émergent du sol déformés, et bougent comme s’ils étaient les articulations d’une machine : un organisme dont la structure la plus fondamentale a été modifiée. C’est la définition littérale d’une mutation. La gravité ne fonctionne pas. La verticalité n’existe pas. La symétrie disparaît. La logique écologique est brisée. La nature ne réagit plus à elle-même. »

Dans ce monde déformé, Siegfried a grandi dans un isolement total. Il ne connaît que son père adoptif Mime, ainsi que d’étranges créatures mutantes qui ont survécu à l’apocalypse. Mais Mime n’a élevé Siegfried que pour que celui-ci tue Fafner, afin que Mime lui-même puisse s’emparer du trésor des Nibelung. Siegfried ne sait rien du monde, ni du passé. C’est par l’observation de la nature que le garçon a compris tout seul ce que sont l’amour ou une  famille. Il ne veut désormais plus accepter que Mime lui ait jusqu’alors caché son origine véritable. Dans un questionnement adolescent sur lui-même et en se révoltant contre les manoeuvres de son père adoptif, Siegfried veut absolument savoir : qui suis-je ? Wagner dépeint ici une relation père-fils complexe, faite de dépendance mutuelle, de manipulation, d’amour et de haine, de rejet et de besoin. « Siegfried est une sorte de Kaspar Hauser », formule Calixto Bieito, « un héros, un être complexe, qui se comporte tantôt comme un animal, tantôt comme un humain. Il est peut-être une existence post-humaine et ne devient humain qu’à la fin, à travers sa rencontre avec Brünnhilde, par la découverte de l’amour. Mime, en revanche, a survécu à la catastrophe comme un rat, et veut seulement se servir de Siegfried pour servir ses propres intérêts. » 

Du point de vue de l’histoire de sa conception, nous sommes arrivés à un tournant de la tétralogie de L’Anneau, car Richard Wagner a interrompu la composition de son opus maximum en 1857, à mi-chemin de Siegfried, après avoir achevé le deuxième acte, et ne l’a reprise que douze ans plus tard. Entre ces deux phases se situent non seulement l’écriture poétique et la composition d’oeuvres majeures qui pulvérisent les limites, telles que Tristan et Isolde et Les Maîtres chanteurs de Nuremberg, mais aussi des ruptures politiques et privées décisives pour le compositeur. Les raisons pour lesquelles Wagner a interrompu la composition de Siegfried sans être certain de la reprendre un jour font l’objet de nombreuses discussions. S’agissait-il de raisons privées ? De sa liaison avec Mathilde Wesendonck, l’épouse de son important mécène lors de son exil à Zurich, qui l’avait hébergé et financé durant de nombreuses années, et du scandale qui s’ensuivit ? Ou bien d’influences philosophiques ? En 1856, la lecture des oeuvres d’Arthur Schopenhauer avait précipité Wagner dans une sorte de crise existentielle. De plus, les chances de voir son oeuvre représentée étaient minces pour le compositeur vivant en exil et recherché par la police. Quoi qu’il en soit, Wagner ne reprit le travail sur L’Anneau que douze ans plus tard, après avoir trouvé un nouveau bienfaiteur : Louis II de Bavière, qui lui fit même construire plus tard son propre Palais des festivals à Bayreuth.

Il faut noter que Wagner interrompit sa composition précisément au moment de la fable où le jeune Siegfried est en chemin pour enfin détrôner Wotan, son grand-père corrompu, et pour ainsi abroger définitivement l’ancien système injuste. En effet, Siegfried incarne pour le compositeur « l’esprit de l’homme dans toute la plénitude de sa force suprême et immédiate et de son incontestable amabilité », le « héros libre » tant désiré. Le fait que Siegfried découvre avec Brünnhilde l’amour et le désir et que cette rencontre laisse brièvement entrevoir l’utopie d’un avenir meilleur – voilà ce que Wagner n’a pu composer qu’après avoir écrit Tristan. Dans sa scène avec Erda au début de l’acte III, Wotan, le Voyageur, fait lui aussi référence à cette possible transformation pour le mieux (et par là déjà à la fin du Crépuscule des dieux) :

« Ce doux héros éveillera
l’enfant que tu m’as donnée, Brünnhilde :
en s’éveillant, ton enfant si sage
accomplira l’exploit qui sauvera le monde.
Dors tranquillement, ferme les yeux :
contemple ma fin en rêve !
Quoi qu’il advienne, le dieu s’efface avec joie
devant l’éternellement jeune ! »

Les Grands Entretiens, avec Alexander Neef et Pablo Heras-Casado

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Alexander Neef, Pablo Heras-Casado

20:45 min

Les Grands Entretiens, avec Alexander Neef et Pablo Heras-Casado

Par Isabelle Stibbe

Quand un artiste rencontre le directeur général de l’Opéra national de Paris ou son directeur de la Danse, que se disent-ils ? Dans cette nouvelle série intitulée Les Grands Entretiens, l’Opéra de Paris lève le voile sur les arcanes de la programmation artistique des nouvelles productions de la saison 25/26. Choix des artistes invités, thèmes privilégiés, intentions de mise en scène ou styles chorégraphiques : ces échanges exclusifs d’une vingtaine de minutes vous donnent les premières clefs de lecture des œuvres bientôt à l’affiche.

Que représente le Ring pour une Maison d’Opéra ? À l’occasion des nouvelles productions de La Walkyrie et de Siegfried, Alexander Neef, directeur général de l’Opéra national de Paris évoque avec Pablo Heras-Casado, chef d’orchestre, les particularités de cette entreprise colossale.    

Toï toï toï : La Walkyrie et Siegfried

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Rencontre avec TAMARA WILSON et STANISLAS DE BARBEYRAC

1:29:56 min

Toï toï toï : La Walkyrie et Siegfried

Par Octave

L’aventure du Ring se poursuit et avec elle une rencontre au sommet entre la soprano Tamara Wilson et le ténor Stanislas de Barbeyrac, interprètes de Brünnhilde et Sigmund. Un moment autour de Wagner pour échanger sur leur rapport au compositeur, sa tétralogie et la nouvelle production de Calixto Bieito.

Pour la deuxième saison consécutive, l’Opéra national de Paris propose des rencontres mensuelles avec des artistes afin d’éclairer les œuvres, quelques jours avant le début du spectacle. Intitulés Toï toï toï, ces moments privilégiés à l’Amphithéâtre ou au Studio de l’Opéra Bastille sont l’occasion pour tous les publics de se familiariser avec les nouvelles productions ou le répertoire de l’Opéra de Paris, et d’échanger avec les artistes à la fin de chaque rencontre. 

© Pablo Grand Mourcel

La Tétralogie de Richard Wagner : Les Dieux

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Découvrez les personnages

05 min

La Tétralogie de Richard Wagner : Les Dieux

Par Marion Mirande

Les personnages de la Tétralogie sont principalement inspirés des retranscriptions médiévales des mythologies germanique et nordique et notamment de La Chanson des Nibelungen, épopée allemande du XIIIe siècle. En élaborant les livrets des quatre opéras qui composent L’Anneau du Nibelung, Richard Wagner a rapproché ces mythes et leurs variantes de ses autres inspirations comme la tragédie grecque et la dramaturgie shakespearienne, et ajouté ses propres interprétations.

Les Dieux

© Pablo Grand Mourcel

Wagner garda sept dieux qui composent le panthéon de la mythologie nordique. Ces dieux représentent l'ordre le plus élevé des êtres dans l'univers. Dans Siegfried, où il apparait sous les traits du Wanderer, Wotan, décrit ses semblables comme "des esprits légers qui habitent les hauteurs nuageuses". Leur quête insensée du pouvoir absolu, représenté par l'or forgé en anneau, les conduira à leur propre destruction.

Wotan

Dieu des dieux, Odin ou Wotan, selon la mythologie nordique ou germanique, est le dieu des morts, de la victoire et de la connaissance. Borgne de l’œil gauche qu’il a sacrifié en échange de la connaissance, il est reconnaissable grâce à sa lance et la présence, à ses côtés, de deux corbeaux, Huginn et Muninn (respectivement « la pensée » et « la mémoire »). Ces attributs se retrouvent dans la figure créée par Wagner. Wotan se présente comme l’archétype de l’homme de pouvoir : insatiable, sans scrupules et hypocrite. Il est le maître du Walhalla, un château perché au sommet des montagnes, manifestation éclatante de sa puissance. Son pouvoir sur le monde est fondé sur des lois et des contrats qui vont progressivement être anéantis. Au fil du livret, son autoritarisme laisse place à une insécurité grandissante. Époux de Fricka, il est également le père des walkyries et celui de Siegmund et Sieglinde. 

Loge

Demi-dieu du feu, Loge est issu du mélange de deux figures mythologiques : Logi et Loki, incarnant tous deux le feu et, également pour le second, la ruse. Dans la Tétralogie, Loge garde cette binarité : il apparaît à la fois comme le dieu du feu et le conseiller habile de Wotan auquel il permet de prendre possession de l’anneau. Il est aussi l’un des rares personnages réellement libres. Il sera le seul à garder ses distances face au système mis en place par Wotan et ne succombera pas à l’attrait de l’anneau. Calculateur, Loge s’amuse à jouer avec les dieux et dispose d’une clairvoyance que ses semblables n’ont pas. Au cours du cycle, il quitte son apparence humaine pour apparaître sous sa forme élémentaire : le feu.     

Fricka

Épouse de Wotan et sœur de Freia, Donner et Froh, Fricka est une divinité inspirée de la déesse Frigg (ou Frigga) dans la mythologie scandinave. Dans la Tétralogie, elle incarne la légalité et la fidélité. Lasse des infidélités de son mari, Fricka cherche à sédentariser Wotan et le pousse à construire une demeure divine pour y résider, le Walhalla. Si Fricka défend l’institution du mariage, elle cherche avant tout à préserver les valeurs originelles de la société divine : le respect des lois et de la morale. Dans La Walkyrie, elle met Wotan face à ses contradictions, en lui rappelant que le garant des lois ne saurait soutenir Siegmund.    

Freyja

Freyja est une divinité essentielle de la mythologie nordique et germanique. D'une grande beauté, elle s'impose comme la déesse de l’amour et de la fertilité. Freia dans la Tétralogie, elle est la sœur de Fricka. Au Walhalla, les dieux ont accès à la jeunesse éternelle grâce à sa culture des pommes d’or. Convoitée dans L’Or du Rhin par Fafner et Fasolt, Freia sert de monnaie d’échange à Wotan qui la promet aux deux géants contre la construction du Walhalla. Sans Freia, les dieux se retrouvent privés de leur source de jouvence et commencent à dépérir.   

Donner

Incarnation de la force et de la puissance, Thor (également nommé Donner) fait partie des divinités les plus populaires de la mythologie germanique. Son attribut est un marteau qui provoque le tonnerre et les éclairs. Présent seulement dans L’Or du Rhin, Donner occupe cependant une place stratégique auprès des autres personnages. Il incarne la figure du chef militaire qui pense en termes guerriers, pour contrer la menace représentée par Alberich. Outil qui évoque la violence, son marteau s’oppose symboliquement à la lance de Wotan, évocatrice de la loi.     

Froh

Aux côtés de Odin et Thor, Freyr est l’un des trois grands dieux de la mythologie germanique. Il incarne la fécondité et est présenté comme le frère de Freyja. Connu sous le nom de Froh dans la Tétralogie, il n’apparaît que dans L’Or du Rhin. Sa persévérance pour défendre Freia et les propos qu’il a pour elle traduisent une grande proximité entre les deux personnages.    

Erda

Inspirée des déesses Jördh et Gaïa des mythologies nordique et grecque, Erda est la déesse-mère de la Terre. Elle incarne la sagesse ancestrale, intuitive et prophétique. Véritable pythie, elle connaît, tout à la fois, le passé, le présent et le futur. Mère des nornes qui tissent les destinées, elle détient le savoir universel. Dans L’Or du Rhin, elle éveille le doute et l’angoisse chez Wotan, en le mettant en garde contre son goût du pouvoir qui risque de provoquer sa chute. En engendrant Brünnhilde avec ce dernier, elle met au monde celle par qui viendra le salut de l’univers. Dans Siegfried, Wotan, sous l’identité du Wanderer, interpelle une dernière fois Erda lors d’une scène qui scelle leurs antagonismes.    

© Pablo Grand Mourcel

La Tétralogie de Richard Wagner : les Nibelungen et les géants

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Découvrez les personnages

04 min

La Tétralogie de Richard Wagner : les Nibelungen et les géants

Par Marion Mirande

Les personnages de la Tétralogie sont principalement inspirés des retranscriptions médiévales des mythologies germanique et nordique et notamment de La Chanson des Nibelungen, épopée allemande du XIIIe siècle. En élaborant les livrets des quatre opéras qui composent L’Anneau du Nibelung, Richard Wagner a rapproché ces mythes et leurs variantes de ses autres inspirations comme la tragédie grecque et la dramaturgie shakespearienne, et ajouté ses propres interprétations.


Les Nibelungen

© Pablo Grand Mourcel

Dans la mythologie nordique, les albes sont une race qui se distingue des hommes, des dieux et des géants. Ils sont divisés en deux espèces différentes, les albes de lumière, sortes d’anges et les albes noirs, sortes de démons. Dans les légendes germaniques, ils se nomment les Nibelungen, dont le nom signifie « ceux du monde d'en bas ». Ils possèdent de grandes richesses et sont les habitants du monde souterrain, le Nibelheim, où ils travaillent comme artisans ou forgerons. Dans la Tétralogie, les Nibelungen sont présentés comme des êtres habités par la jalousie, la ruse et l'ambition, fondamentalement hostiles aux dieux. 

Alberich

Dans la Tétralogie, Alberich est celui par qui le malheur arrive. On le nomme « albe noir ». Il rêve de conquérir le monde, en renonçant à l’amour et en maudissant celui qui s’empare de l’anneau qu’il a forgé. Associé à l’or qu’il a dérobé dans L’Or du Rhin, le pouvoir d’Alberich est hors-la-loi et repose sur le vol. 

Mime

Mime est le frère d’Alberich et le père adoptif de Siegfried. Dans la Tétralogie, il représente l’échec permanent. Connaissant les pouvoirs de l’épée Nothung, et sachant que seul son forgeron pourra s’emparer de l’anneau et du Tarnhelm, le heaume magique, détenus par le géant Fafner, il cherche en vain à lui redonner forme. Siegfried qui parvient à reforger l’épée de son père et à récupérer le trésor se sait menacé de mort par Mime. Ce dernier est finalement tué par le héros. 

Hagen

Hagen est l’un des héros les plus importants de La Chanson des Nibelungen. Motivé par des valeurs morales, le personnage médiéval devient chez Wagner un être manipulateur et cynique. Fils d’Alberich et demi-frère de Gunther et de Gutrune, il représente pour son père le moyen de récupérer l’anneau perdu. Son machiavélisme lui permet de prendre l’ascendant sur les autres personnages du Crépuscule des dieux. Il manipule Gunther et Gutrune et piège Siegfried pour le tuer.

Les géants

© Pablo Grand Mourcel

Dans la mythologie nordique, les géants sont à l’origine du monde et fréquemment en guerre avec les dieux. Ils représentent en grande partie les forces du chaos, tentant par la force physique, la ruse et la magie de bouleverser l'ordre de l'univers. Dans la littérature médiévale, ils prennent des allures de personnages laids et stupides et sont fréquemment animés de mauvaises intentions, comme c’est le cas dans la Tétralogie.

Fasolt

Des deux géants du cycle, Fasolt s’impose comme « le plus docile ». Dans L’Or du Rhin, contrairement à son frère Fafner, il ne voit pas Freia comme une monnaie d’échange pour livrer le Walhalla, il l’aime sincèrement. Les motivations des deux frères sont différentes : Fafner a des visées politiques, tandis que Fasolt est de tempérament beaucoup plus discret. Dans ce duo, l’opposition entre amour et pouvoir prend toute sa signification.

Fafner

Des deux géants, Fafner s’impose comme « le malveillant ». Toujours en quête de richesses, il est le premier à réagir quand il apprend le vol de l’or et le pouvoir de l’anneau. Pour obtenir ce dernier, il n’hésite pas à tuer son frère. Dans Siegfried, il se transforme en dragon grâce au Tarnhelm, le heaume magique, et passe ses journées à dormir sur son or. Il sera tué dans sa caverne par Siegfried.

© Pablo Grand Mourcel

La Tétralogie de Richard Wagner : Les Walkyries et les Wälsungen

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La Tétralogie de Richard Wagner : Les Walkyries et les Wälsungen

Par Marion Mirande

Les personnages de la Tétralogie sont principalement inspirés des retranscriptions médiévales des mythologies germanique et nordique et notamment de La Chanson des Nibelungen, épopée allemande du XIIIe siècle. En élaborant les livrets des quatre opéras qui composent L’Anneau du Nibelung, Richard Wagner a rapproché ces mythes et leurs variantes de ses autres inspirations comme la tragédie grecque et la dramaturgie shakespearienne, et ajouté ses propres interprétations.


Les Walkyries

© Pablo Grand Mourcel

Dans la mythologie nordique, les Walkyries sont des vierges guerrières dont la mission consiste à choisir les plus valeureux guerriers tombés sur les champs de bataille afin de les conduire au Walhalla. Dans la Tétralogie, elles sont au nombre de neuf – Brünnhilde, Grimgerde, Gerhilde, Helmwige, Ortlinde, Rossweisse, Schwertleite, Siegrune, Waltraute – et présentées comme les filles de Wotan et de différentes conquêtes. Elles apparaissent ensemble pour la première fois dans l’acte III de La Walkyrie. Seulement deux d’entre elles tiennent des rôles plus importants : Waltraute et Brünnhilde née des amours de Wotan et Erda.

Brünnhilde

Dans la littérature germanique, Brynhildr est représentée sous les traits d’une walkyrie maîtrisant les sortilèges et l’art de guérir. Dans la Tétralogie, Brünnhilde apparaît comme la préférée de Wotan malgré sa rébellion envers son père. Wagner fait de Brünnhilde le seul personnage qui relie les trois journées du Ring. Son cheminement psychologique et spirituel se fait en trois étapes : sa prise de conscience de la grandeur de l’amour dans La Walkyrie, son épanouissement grâce à l’expérience de l’amour dans Siegfried, et son accession à la grandeur tragique dans Le Crépuscule des dieux, grâce à son renoncement.

Waltraute

Waltraute est probablement la plus proche de Brünnhilde. Elle enfreint les interdictions de Wotan pour aller trouver sa sœur sur son rocher. Inquiète face au déclin du Walhalla, elle tente, dans Le Crépuscule des dieux, de convaincre Brünnhilde de se séparer de l’anneau maudit et de le restituer aux filles du Rhin. C‘est, selon elle, le seul moyen pour rétablir le cours des choses et sauver les dieux.

Les Wälsungen

© Pablo Grand Mourcel

Enfants du "loup" dans la mythologie nordique et germanique – l’un des avatars de Wotan alors nommé Wälse ils sont les descendants d'une mortelle et de Wotan. Êtres à l'instinct de liberté, ils incarnent pour Wotan un moyen de reconquérir l’anneau. 

Siegmund

Siegmund est le fils terrestre de Wotan et le frère jumeau de Sieglinde, avec qui il forme le couple incestueux et la lignée des Wälsungen. Il est le père de Siegfried et possède l’épée Nothung. Il a été engendré par Wotan pour récupérer l’anneau. Courageux, d’une noblesse rare, il a hérité des qualités de son père sans ses défauts, et fait passer son amour avant son intérêt. L’héroïsme du personnage apparaît quand il refuse d’abandonner Sieglinde et d’accéder au Walhalla, préférant mourir avec elle.

Sieglinde

Sieglinde est la sœur jumelle de Siegmund. Abandonnée dès l’enfance, elle est mariée de force à Hunding. Dans La Walkyrie, Sieglinde a la vaillance des héros des temps mythiques. Malgré sa détresse après la mort de Siegmund, elle met au monde leur enfant Siegfried, soutenue par Brünnhilde. Elle prend conscience, grâce à la walkyrie, que le salut du monde repose sur sa maternité.

Siegfried

Fils de Siegmund et Sieglinde, petit-fils de Wotan, Siegfried est l’un des personnages les plus importants de la Tétralogie. Incarnation du héros pur, il symbolise l’espoir. Wotan espère qu’il récupèrera pour lui l’anneau. Davantage primitif qu’il n’est cérébral, il agit par instinct. Il ne connaît pas la peur ce qui lui permet d’affronter Fafner et de franchir le rocher cerclé de feu dont Brünnhilde est prisonnière. Siegfried est aussi l’archétype du personnage wagnérien cherchant son origine.

© Pablo Grand Mourcel

La Tétralogie de Richard Wagner : les Humains

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02 min

La Tétralogie de Richard Wagner : les Humains

Par Marion Mirande

Les personnages de la Tétralogie sont principalement inspirés des retranscriptions médiévales des mythologies germanique et nordique et notamment de La Chanson des Nibelungen, épopée allemande du XIIIe siècle. En élaborant les livrets des quatre opéras qui composent L’Anneau du Nibelung, Richard Wagner a rapproché ces mythes et leurs variantes de ses autres inspirations comme la tragédie grecque et la dramaturgie shakespearienne, et ajouté ses propres interprétations.


Les Humains

© Pablo Grand Mourcel

Les Gibichungen sont une famille d’humains régnant sur le Rhin selon un système monarchique.

Gunther

Demi-frère de Hagen, Gunther règne sur son peuple, les Gibichungen, mais les décisions importantes sont véritablement dictées par son demi-frère. Faible de caractère, il est présenté telle une marionnette manipulée par Hagen. Aveuglé par sa confiance en ce dernier, il n’a aucun scrupule à suivre ses conseils. Il fait ainsi conquérir son épouse Brünnhilde par Siegfried et s’en attribue l’exploit. Gunther est considéré comme l’un des personnages les plus faibles de la Tétralogie.

Gutrune

Gutrune est la victime d’un marchandage conclu entre Hagen, Gunther et Siegfried. Offerte à Siegfried dans Le Crépuscule des dieux en échange de la conquête, pour son frère Gunther, de Brünnhilde, elle tombe amoureuse du héros. Elle ne pourra cependant pas vivre avec lui une véritable relation amoureuse. Manipulée par Hagen, elle tend à Siegfried le philtre de l’oubli avant de s’enfuir, désemparée par son geste. Comme d’autres personnages féminins du Ring, elle est intuitive et devine au troisième acte du Crépuscule des dieux qu’un événement funeste s’est produit.

Hunding

Hunding est le seul être humain de la Tétralogie n’appartenant pas à la famille des Gibichungen. Chasseur brutal, il est un symbole de machisme. Hunding est le mari de Sieglinde qui le hait, et il le lui rend bien en l’asservissant et la violentant. Il conçoit le pouvoir de façon rustre : son domaine, son butin et sa femme. Il est tributaire de son clan et de ses coutumes et n’a pas de réelles valeurs personnelles ou de sentiments propres. Dans La Walkyrie, en recevant Siegmund chez lui, il ne fait que se conformer aux lois de l’hospitalité et du code d’honneur.

Les leitmotive du Ring #1

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L’anneau

3:18 min

Les leitmotive du Ring #1

Par Matthieu Pajot, Coline Delreux

Thèmes musicaux permettant de décrire un personnage, un objet, un lieu ou un sentiment, les leitmotive, chez Wagner, ont un rôle dramaturgique et musical étroitement liés.

Découvrez quatre de ces motifs de La Tétralogie : l’anneau, Siegfried, le walhalla et la chevauchée des Walkyries. 

Une odyssée du Ring - Un film de Jérémie Cuvillier
Fin novembre 2020, Philippe Jordan dirigeait L’Anneau du Nibelung à l’Opéra Bastille et à l’Auditorium de Radio France...

La presse en parle

  • Andreas Schager, le plus phénoménal de sa génération – et le plus phénoménal entendu depuis des lustres.

    Diapason, 2026
  • Le public fait gronder un tonnerre d'applaudissements pour le plateau vocal.

    Olyrix, 2026
  • Andreas Schager est assurément l'un des meilleurs tenants actuels du rôle de Siegfried, dont il a la vaillance, l'éclat, la projection insolente et le caractère impulsif.

    Forum opéra, 2026
  • Le plateau réunit des grandes voix habituées au chant wagnérien.

    Première loge, 2026
  • Gerhard Siegel est un Mime impeccable et d'une belle force vocale.

    Première loge, 2026
  • [Andreas Schager] déborde d'une énergie incroyable et d'une puissance vocale sans faille tout au long des trois actes avec une projection nette et précise.

    Première loge, 2026
  • À la tête de l'Orchestre de l'Opéra national de Paris, Pablo Heras-Casado confirme son statut de chef d'envergure internationale.

    Francenetinfos, 2026

Accès et services

Opéra Bastille

Place de la Bastille

75012 Paris

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Métro Bastille (lignes 1, 5 et 8), Gare de Lyon (RER)

Bus 29, 69, 76, 86, 87, 91, N01, N02, N11, N16

Calculer mon itinéraire
Parking

Parking Indigo Opéra Bastille 1 avenue Daumesnil 75012 Paris

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Alors que la malédiction d’Alberich est à l’oeuvre depuis L’Or du Rhin, Siegfried incarne l’espoir d’un salut pour le monde. Élevé dans la forêt par Mime, le vil Nibelung et frère d’Alberich, son innocence s’avère être sa plus grande force. Intuitive, la connaissance de Siegfried modèle le héros qu’il est, capable de comprendre et d’accéder aux sens les plus mystérieux des choses et de la Nature en particulier.

ACHETER LE PROGRAMME
  • Vestiaires

    Des vestiaires gratuits sont à votre disposition à l’Opéra Bastille et au Palais Garnier. La liste exhaustive des objets non-admis est disponible ici.

  • Bars

    La réservation de boissons et restauration légère pour l’entracte est possible en précommande en ligne jusqu’à 24h à l'avance ou auprès des bars avant le début de la représentation.

Dans les deux théâtres, des places à tarifs réduits sont vendues aux guichets à partir de 30 minutes avant la représentation :

  • Places à 35 € pour les moins de 28 ans, demandeurs d’emploi (avec justificatif de moins de trois mois) et seniors de plus de 65 ans non imposables (avec justificatif de non-imposition de l’année en cours)
  • Places à 70 € pour les seniors de plus de 65 ans

Retrouvez les univers de l’opéra et du ballet dans les boutiques de l’Opéra national de Paris. Vous pourrez vous y procurer les programmes des spectacles, des livres, des enregistrements, mais aussi une large gamme de papeterie, vêtements et accessoires de mode, des bijoux et objets décoratifs, ainsi que le miel de l’Opéra.

À l’Opéra Bastille
  • Ouverture une heure avant le début et jusqu’à la fin des représentations
  • Accessible depuis les espaces publics du théâtre
  • Renseignements 01 40 01 17 82

Opéra Bastille

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Alors que la malédiction d’Alberich est à l’oeuvre depuis L’Or du Rhin, Siegfried incarne l’espoir d’un salut pour le monde. Élevé dans la forêt par Mime, le vil Nibelung et frère d’Alberich, son innocence s’avère être sa plus grande force. Intuitive, la connaissance de Siegfried modèle le héros qu’il est, capable de comprendre et d’accéder aux sens les plus mystérieux des choses et de la Nature en particulier.

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5 questions sur : Siegfried de Wagner

Petit plus : à la fin, découvrez-en plus en cliquant sur le petit +. Difficile de faire plus simple.

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