Julien Benhamou / OnP

Ballet

Nouveau

Cherkaoui /​ Goecke /​ Lidberg

Palais Garnier

du 05 février au 02 mars 2019

1h45 sans entracte

Cherkaoui /​ Goecke /​ Lidberg

Palais Garnier - du 05 février au 02 mars 2019

Synopsis

Trois visions singulières de la danse et de la scène sont réunies pour ce spectacle tout en poésie et virtuosité.
Etreinte mélancolique en hommage à Vaslav Nijinski, le duo Faun de Sidi Larbi Cherkaoui ouvre ce programme, accompagné de deux créations. Invité pour la première fois, l’Allemand Marco Goecke, dont le langage chorégraphique se distingue par l’avant-gardisme et l’inventivité, définit son travail comme « un rêve éveillé ». Le Suédois Pontus Lidberg, également cinéaste et notamment connu pour son film The Rain, interroge pour sa part le mariage et ses significations au XXIème siècle sur la musique des Noces de Stravinsky.

Durée : 1h45 sans entracte

  • Ouverture

  • « Faun » de Sidi Larbi Cherkaoui 15 min

  • Création de Marco Goecke 30 min

  • Entracte 30 min

  • « Noces » de Pontus Lidberg 30 min

  • Fin

Voir les personnages

Personnages

Le cycle d'ateliers "L'Histoire de la danse" s'appuie sur les spectacles de la saison 18/19 et permet d'aborder en famille des périodes et des courants clés de l'histoire de la danse par la pratique artistique.

Artistes

« Je prends [le poème de Mallarmé] comme point de départ. Je n’essaie pas d’évoquer une ligne en particulier. Le duo est coloré par une sensation de magie, quelque chose d’impressionniste, et par une sensualité animale, sans colère ni frustration.» - Sidi Larbi Cherkaoui

Équipe artistique

Distribution

  • mardi 05 février 2019 à 19:30
  • jeudi 07 février 2019 à 19:30
  • vendredi 08 février 2019 à 19:30
  • dimanche 10 février 2019 à 14:30
  • lundi 11 février 2019 à 19:30
  • mercredi 13 février 2019 à 19:30
  • vendredi 15 février 2019 à 19:30
  • samedi 16 février 2019 à 19:30
  • lundi 18 février 2019 à 19:30
  • mardi 19 février 2019 à 19:30
  • jeudi 21 février 2019 à 19:30
  • vendredi 22 février 2019 à 19:30
  • lundi 25 février 2019 à 19:30
  • mardi 26 février 2019 à 19:30
  • mercredi 27 février 2019 à 19:30
  • jeudi 28 février 2019 à 19:30
  • vendredi 01 mars 2019 à 19:30
  • samedi 02 mars 2019 à 19:30

Dernière mise à jour le 21 février 2019, distribution susceptible d’être modifiée.

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« Toutes mes chorégraphies sont des voyages. Des voyages vers des mondes nouveaux qui me font peur mais qui piquent ma curiosité. Pour moi, la scène est comme un paysage nu ou rocailleux qui dégage une odeur particulière, mais une odeur familière, très familière ». - Marco Goecke

Équipe artistique

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« La relation à l’autre est l’un des aspects les plus importants et les plus merveilleux de mon travail. C’est l’une des raisons pour lesquelles je continue à me produire sur scène : danser ensemble et partager une expérience, voilà ce que j’aime profondément faire. Je travaille sur différents supports, il y a des couleurs, des textures et des humeurs différentes, mais tout ce que je crée fait partie d’une œuvre unique et continue. ». - Pontus Lidberg

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  • mercredi 13 février 2019 à 19:30
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Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet
Orchestre de l’Opéra national de Paris

Galerie médias

  • Noces et cycles de vie

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© Ann Ray / OnP

Noces et cycles de vie

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En répétition avec Pontus Lidberg

3:32 min

Noces et cycles de vie

Par Aliénor de Foucaud, Felipe Sanguinetti

En choisissant de se frotter à une œuvre telle que Les Noces de Stravinsky, le chorégraphe suédois Pontus Lidberg ne souhaite pas s’inscrire dans l’histoire mais plutôt l’interroger. Quelle place la société actuelle offre-t-elle à l’union maritale ? Sur scènes, des couples se heurtent au poids de l’engagement, s’étreignent, se repoussent pour mieux se retrouver. Dans une scénographie savamment orchestrée par Patrick Kinmonth, les danseurs du Ballet de l’Opéra national de Paris se frayent un chemin à la poursuite d’un amour éternellement recommencé. 

© Julien Benhamou / OnP

Une histoire de duo et de dualité

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Rencontre avec les interprètes de la création du Faun

10 min

Une histoire de duo et de dualité

Par Elsa Vinet

Créé en 2009 par Daisy Phillips et James O’Hara à l’occasion des célébrations du centenaire des Ballets Russes, Faun de Sidi Larbi Cherkaoui est entré au répertoire du Ballet de l’Opéra en septembre 2017. Ce duo, concentré de virtuosité artistique et technique, revient à l’affiche au Palais Garnier dans le cadre d’un programme qui met à l’honneur la danse contemporaine. Juliette Hilaire et Marc Moreau nous font part de leurs impressions sur la complexité de ce pas de deux et leur bonheur de pouvoir le danser à nouveau.    

Juliette Hilaire dans Faun
Juliette Hilaire dans Faun © Julien Benhamou / OnP

Juliette Hilaire

« Marc et moi avons dansé Faun pour la première fois en septembre 2017, à l’occasion du Gala d’ouverture de la saison. Nous avons ensuite eu la chance de le danser de nouveau lors de la tournée à Novosibirsk en juillet dernier, et cette reprise en février sera la première d’une longue série de représentations. Cette pièce nous a demandé énormément de travail car elle présente de grandes difficultés techniques et les deux danseurs qui ont créé la pièce en 2009 à Londres, James O’Hara et Daisy Phillips, ont des facultés physiques extraordinaires. Nous avions déjà touché au travail de Sidi Larbi Cherkaoui avec Boléro et Iolanta / Casse-Noisette, mais ce pas de deux est plus acrobatique. Il requiert une souplesse particulière qui donne ce côté étrange aux mouvements, mais il y a aussi un travail de bras et un travail au sol qu’on n’a pas l’habitude de faire de manière aussi poussée. Notre « ADN classique » nous amène à être plutôt dans l’élévation, tout en légèreté. Certes, on aborde aussi le travail de chorégraphes contemporains, comme Mats Ek par exemple, où il y a beaucoup de grands pliés ; mais pour Faun, le travail était encore plus extrême dans le rapport au sol et à la souplesse. C’était aussi un véritable travail de partenariat. Je crois que Sidi Larbi Cherkaoui avait cette volonté d’utiliser deux corps. Le danseur porte davantage mais beaucoup de choses se font à deux et c’est intéressant à explorer. En tant que danseuse, on ne sait pas porter, ou même simplement tenir pour utiliser le poids de l’autre, faire contrepoids. C’a été un travail aussi intéressant que compliqué, mais Daisy et James nous ont accompagnés tout au long de la transmission.

Une fois les difficultés maîtrisées, ce pas de deux est un bonheur à danser. Il se crée une relation avec le Faune, avec Marc, que je n’ai jamais vécue jusqu’à présent. On n’est ni dans un schéma d’humain à humain, ni de prince à princesse comme dans bien des ballets classiques, ou même d’homme à femme. Dans le contemporain, on trouve souvent cette notion de couple ; là c’est un couple, mais sans en être un, on ne sait pas exactement ce qu’il en est, mais on sent une interaction forte. Les sentiments sont là sans être totalement lisibles, c’est très subtil. Il y a de la tendresse, de l’incompréhension, de la peur aussi. On ne sait pas exactement dans quelle zone on se situe, entre l’humain et l’animal, avec cette projection de la forêt en arrière-plan. Je trouve que c’est une vision du Faune différente de ce qu’on a vu auparavant, aussi bien dans la version de Nijinski que dans celle de Robbins. Il se crée un rapport à l’autre d’une grande délicatesse, on doit faire confiance et la coordination est par conséquent importante. Le Faune et la Nymphe sont dans deux énergies différentes au début, puis se rapprochent au fil de la chorégraphie. Le solo du Faune a dès le début quelque chose de très animal, alors que celui de la Nymphe se distingue par un autre langage chorégraphique : les mouvements sont plus retenus, les postures plus architecturales, ce qui n’empêche pas des positions parfois extrêmes. Je ne sais pas si c’est plus humain, mais c’est en tout cas plus végétal. Les jambes s’étendent comme des racines, les mains comme des branches, et le costume lui-même peut suggérer les nœuds d’un arbre, avec cet amas de matière au centre du buste. On voit nettement cette différence dès la première rencontre : le Faune, mi-homme mi-animal, est beaucoup plus près du sol, on sentirait presque les poils qui recouvrent son corps, tandis que la Nymphe reste debout, droite, comme aux aguets.

La différence d’énergies est aussi amenée par les ruptures musicales : la première intervention de Nitin Shawney correspond à la première apparition de la Nymphe et inscrit le personnage dans une féminité claire au niveau sonore. Cette partie amène quelque chose de léger et de lumineux. À la seconde rupture musicale, le Faune et la Nymphe ont déjà dansé ensemble et il s’agit alors d’un moment de dualité au sein du pas de deux. Après leur découverte mutuelle, mêlée d’incompréhension et de curiosité, ils ne sont pas encore en osmose et il y a un moment où les deux forces, les deux caractères s’entrechoquent un peu. L’ajout musical de Nitin Shawney introduit une certaine rugosité. Je ne sais pas si on peut aller jusqu’à parler de combativité, mais il y a quelque chose de l’ordre de la confrontation, avant de revenir à la musique de Debussy, si belle et si légère, dans une danse plus apaisée. Peut-être ont-ils dû en passer par là pour être vraiment en phase l’un avec l’autre.

Cette pièce n’est pas longue, mais c’est un bijou et Aurélie Dupont nous a accordé une grande marque de confiance et une véritable chance en nous confiant ces rôles alors que nous n’étions pas solistes, et qui plus est pour un événement aussi important que le Gala. »    
Marc Moreau dans Faun
Marc Moreau dans Faun © Julien Benhamou / OnP

Marc Moreau

« Danser Faun était un projet qui me tenait à cœur depuis plusieurs années. J’avais découvert ce pas de deux au moment de sa création, en 2009 ; ç’avait été une révélation, et cette chorégraphie est toujours restée dans un coin de ma tête. Tout avait l’air si organique, si facile… Je me suis finalement rendu compte plus tard que c’était la chorégraphie la plus dure que j’aie eu à interpréter, en termes d’investissements physique et psychologique. Et pourtant, j’ai eu la chance de toucher à beaucoup de styles et de répertoires différents. Quand on a commencé à travailler sur Faun avec Juliette, on était déjà en plein travail d’apprentissage du Boléro de Sidi Larbi Cherkaoui, on baignait donc dans son langage chorégraphique, même si Faun pousse la gestuelle encore plus loin, aux limites de la contorsion et de la gymnastique. Au fur et à mesure qu’on apprenait la chorégraphie, elle se révélait extrêmement complexe, et cela demandait un investissement personnel et une conscience du corps au-delà de ce qu’on a l’habitude de faire.

Reprendre ce duo pour la troisième fois permet d’approfondir le travail, et c’est ce qui est formidable dans cette technique, parce qu’il y a plusieurs étapes : d’abord apprendre la chorégraphie, ensuite se l’approprier, puis sentir la relation avec l’autre… On peut toujours évoluer, aller plus loin, essayer de nouvelles choses, prendre de nouveaux risques. Pour cette série de spectacles, c’est là que s’est situé le défi : essayer d’être le plus organique possible, et tricher le moins possible. Revenir aux sources du Faun. C’était un vrai challenge, mais on a tous les deux été portés par une envie folle de toujours perfectionner ce duo.

La difficulté d’interprétation de la partie du Faune tient à sa forme d’animalité suggérée. Il y a quelque chose de primaire, dans le sens où les mouvements ont l’air faciles, organiques, il n’y a pas de position arrêtée ou définie et c’est finalement ce qu’il y a de plus dur à gérer : être en pleine possession de ses capacités pour pouvoir lâcher et que tout cela ait l’air parfaitement instinctif, maîtriser quelque chose qui n’a pas l’air maîtrisé. Si on lâche tout, on tombe. On est obligé d’être dans un contrôle permanent pour parvenir à ce relâchement et c’est là tout le paradoxe. Il faut donc expérimenter, trouver ses chemins, ses limites. Finalement, le Faun n’est qu’une histoire de limites, dans son propre corps et dans le rapport à l’autre. Avec Juliette, on doit constamment être sur la même longueur d’ondes si on ne veut pas que ça devienne de la boxe. Je filmais beaucoup les répétitions pour pouvoir regarder et comprendre des choses d’un point de vue extérieur. Au début des répétitions, on avait tellement envie de bien faire qu’on ne se mettait pas suffisamment à l’écoute de l’autre. Il faut connaître par cœur la partition de son partenaire pour être en mesure d’anticiper et de réagir au moindre déséquilibre. C’est un travail de duo que l’on retrouve dans la danse en général, mais peut-être davantage encore dans Faun. On est arrivé chacun avec nos automatismes et des images préconçues, et il a fallu tout remettre à plat pour construire ensemble. À aucun moment l’un ne prend le pas sur l’autre.

La musique est également un vrai moteur. Elle nous porte. L’harmonie est telle qu’on croirait que la musique a été composée sur la chorégraphie. L’accord est parfait entre ce qui se passe sur scène et dans le corps. Cela rend la chorégraphie particulièrement agréable à danser : on se rend compte que la moindre note, la moindre intention est chorégraphiée et fait sens. Les ruptures musicales de Nitin Shawney nous font entrer dans un autre univers, qui amène du relief dans la partition de Debussy. Sidi Larbi Cherkaoui, avec James et Daisy, a réussi à créer un spectacle puissant, dans la douceur et la délicatesse. Et c’est pour cela que ça marche aussi bien. À mes yeux, c’est une pièce parfaitement bien construite dans laquelle la musique accompagne l’histoire narrée par ce pas de deux : le réveil du Faune, l’arrivée de cette créature dans la forêt, la découverte soudaine qu’il n’y est pas seul, la curiosité que suscite une telle découverte, à laquelle succède une attirance, d’abord comme une amitié qui se transforme en quelque chose de très physique, la découverte du corps de l’autre, jusqu’à l’orgasme, car c’est le terme qu’emploie Sidi Larbi Cherkaoui… Et puis on termine sur cette pause finale, chacun regarde de son côté et la vie continue. Je suis vraiment ravi de reprendre ce duo et de pouvoir approfondir le travail. »    
Marc Moreau et Juliette Hilaire en répétition, Palais Garnier, 2019
Marc Moreau et Juliette Hilaire en répétition, Palais Garnier, 2019 © Ann Ray / OnP

Podcast Cherkaoui / Goecke / Lidberg

Écouter le podcast

"Dansez ! Chantez ! 7 minutes à l’Opéra de Paris" - en partenariat avec France Musique

07 min

Podcast Cherkaoui / Goecke / Lidberg

Par Jean-Baptiste Urbain, France Musique

Avec « Dansez ! Chantez ! 7 minutes à l’Opéra de Paris », nous vous proposons des incursions originales dans la programmation de la saison à la faveur d’émissions produites par France Musique et l’Opéra national de Paris. Pour chacune des productions d’opéra et de ballet, Nathalie Moller pour le lyrique et Jean-Baptiste Urbain pour la danse, vous introduisent, avant votre passage dans nos théâtres, aux œuvres et aux artistes que vous allez découvrir. 

© Ann Ray / OnP

TranscenDANSE

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En répétition avec Marco Goecke

3:13 min

TranscenDANSE

Par Aliénor de Foucaud

Mouvements saccadés, rapidité d’exécution, corps disloqués : le langage chorégraphique de Marco Goecke n’a d’égal que lui-même. Il ne s’inscrit dans aucun courant, ne s’inspire d’aucun autre. Il advient, laisse les corps parler, hurler, s’émouvoir. En partant d’un geste simple de la main, d’une expression du visage ou encore d’une anecdote autobiographique, le chorégraphe déploie des images saisissantes. Invité pour la première fois à créer une pièce pour le Ballet de l’Opéra national de Paris, il encourage danseurs et spectateurs à s’affranchir des codes classiques et à sortir d’eux-mêmes, pour mieux questionner la nature du corps…et de l’homme.

  • Faun by Sidi Larbi Cherkaoui (Juliette Hilaire & Marc Moreau)
  • Dogs Sleep by Marco Goecke
  • Dogs Sleep by Marco Goecke
  • Lumière sur : Les coulisses de « Les Noces » de Pontus Lidberg #shorts #ParisOpera #ballet
  • Lumière sur : Les coulisses de Dogs Sleep de Marco Goecke #shorts #ParisOpera #contmporarydance