Un spectacle, un souvenir

Les chapeaux du Parc

Rencontre avec Corinne Crouy

Par Irina Flament le 18 juin 2021

Série

© Christophe Pelé / OnP

Corinne Crouy dans l’atelier des modistes au Palais Garnier

Les chapeaux du Parc

À l’occasion de la reprise du Parc d’Angelin Preljocaj par le Ballet de l’Opéra, Corinne Crouy, modiste, nous livre quelques secrets de fabrication. Au sein de la direction de costumes, elle est en charge avec son équipe de la réalisation de tous les chapeaux, coiffes, diadèmes et autres couvre-chefs dessinés par les costumiers au fil des productions de ballets. Retour sur les chapeaux du Parc.


« Lors de la création des costumes en 1994, le couturier Hervé Pierre n’avait pas envisagé de réaliser de chapeaux pour cette production. C’est en découvrant qu’une équipe de modistes travaillait à l’Opéra de Paris qu’il a dessiné des chapeaux de paille apportant ainsi une touche d’élégance supplémentaire aux robes à paniers portées par les danseuses.

Les chapeaux du Parc dans l’atelier des modistes au Palais Garnier
Les chapeaux du Parc dans l’atelier des modistes au Palais Garnier © Christophe Pelé / OnP

Je garde un très bon souvenir de notre collaboration avec Hervé Pierre. Nous avions peu travaillé la paille jusqu’à cette création et étions conscientes de contribuer à une très belle production, poétique et sensuelle. Ce sont d’ailleurs toujours les mêmes chapeaux de la création, décorations comprises ! Ils ont été réalisés avec de la paille ancienne qui était déjà en stock à l’Opéra au moment de l’entrée au répertoire. Seuls quelques nœuds et fixations ont été renforcés. Le chapeau est entièrement cousu à la main, à partir de rubans de paille. Il est consolidé avec du tulle de soie lorsque la paille sèche et devient cassante. Et, si nécessaire, nous adaptons les crins aux couleurs de cheveux des danseuses.

Un chapeau pour le ballet doit être à la fois résistant et le plus léger possible afin de ne pas gêner les danseurs, tout en tenant correctement. Lors des essayages, nous ajustons au mieux les rubans et fixations afin que les interprètes ne rencontrent aucune difficulté sur scène et se sentent le plus libres possible.

Le Parc est une production peu chargée en chapeaux : une douzaine de tricornes dont les danseurs se débarrassent très vite après leur entrée en scène, cinq chapeaux de paille. Ce qui est peu surtout en comparaison avec les productions de Rudolf Noureev (Cendrillon, Raymonda, Le Lac des cygnes, La Bayadère), Le Songe d’une nuit d’été de Balanchine et même Body and Soul de Crystal Pite.

Tout comme les chapeaux du Parc, d’autres ont également traversé le temps : ceux du Lac des cygnes et de Roméo et Juliette (1984) par exemple. Les coiffes du Chevalier et la damoiselle datent même de 1945 ! Mais notre métier évolue et nous relevons de nouveaux défis : travailler avec de nouvelles matières, rendre les chapeaux encore plus confortables pour les danseurs, plus pratiques pour l’habillement. En bref, nous devons être toujours plus créatifs avec des matériaux qui évoluent tout en respectant les souhaits de l’équipe de production et des danseurs. »


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