Jephtha - Opéra - Programmation Saison 17/18 - Opéra national de Paris

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    Jephtha

    Georg Friedrich Haendel

    Palais Garnier - du 13 au 30 janvier 2018

    Monika Rittershaus / OnP

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Jephtha

Palais Garnier - du 13 au 30 janvier 2018

Opéra

Jephtha

Georg Friedrich Haendel

Palais Garnier - du 13 au 30 janvier 2018

3h05 avec 1 entracte

Langue : Anglais

Surtitrage : Français / Anglais

  • Première : 13 janvier 2018

À propos

En quelques mots :

Lorsque commence Jephtha, parabole biblique inspirée du Livre des Juges, le peuple d’Israël est soumis au joug des nations voisines qui le pillent et l’oppriment. Jephtha, destiné à en devenir le sauveur, a grandi dans le désert jusqu’à devenir un puissant chef militaire. Au moment de partir à la guerre, il jure de sacrifier au dieu Jéhovah la première personne qu’il croisera sur le chemin du retour. Las, lorsqu’il revient chez lui victorieux, c’est Iphis, sa fille unique, qui vient à sa rencontre… Claus Guth met en scène cet oratorio où se mêlent des voix déchirées, confrontées à une situation apocalyptique. Le drame semble s’acheminer vers un dénouement tragique, obéissant à l’injonction de Haendel selon laquelle « Il doit en être ainsi ». Mais faut‑il vraiment qu’il en soit ainsi ?

La presse en parle

  • Les parties chorales de Jephtha sont aussi bouleversantes que celtes de la Messe en si de Bach

    Maurice Ulrich, L’Humanité
  • Voilée et puissante, brisée ou violente, la voix de Ian Bostridge épouse magni­fiquement la prosodie

    Marie-Aude Roux, Le Monde

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Jephtha - Georg Friedrich Haendel

— Par En partenariat avec France Musique

Coulisses

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© Jonathan Sullam

Podcast Jephtha

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"Dansez ! Chantez ! 7 minutes à l’Opéra de Paris" - en partenariat avec France Musique

07’

Par Judith Chaine, France Musique

Avec « Dansez ! Chantez ! 7 minutes à l’Opéra de Paris », nous vous proposons des incursions originales dans la programmation de la saison à la faveur d’émissions produites par France Musique et l’Opéra national de Paris. Pour chacune des productions d’opéra et de ballet, Judith Chaine pour le lyrique et Stéphane Grant pour la danse, vous introduisent, avant votre passage dans nos théâtres, aux œuvres et aux artistes que vous allez découvrir.  

© Oscar Ortega

Haendel au sommet de son art

Article

Haendel au sommet de son art

Entretien avec William Christie

03’

Par Octave

Fondateur des Arts Florissants, pionnier de la redécouverte de la musique baroque, le chef d’orchestre franco-américain William Christie est l’artisan de l’une des plus remarquables aventures musicales de ces trente dernières années. Alors qu’il dirige Jephtha au Palais Garnier, il nous parle de l’oratorio de Haendel.

Pouvez-vous situer Jephtha dans la carrière de Haendel ?

William Christie : Jephtha marque tout à la fois la fin et l’apogée de la carrière de Haendel. Alors qu’il travaillait à son oratorio, le compositeur a été frappé de cécité, ce qui l’a obligé à s’interrompre plusieurs mois. Haendel était une personnalité publique et tout Londres se faisait l’écho de cette tragédie : un compositeur ne pouvant plus composer. Je pense que la plupart des musiciens et des musicologues s’accordent à dire que cet oratorio représente le sommet de son art du point de vue musical et dramatique.

    

Le thème du père contraint de sacrifier sa fille pour honorer un serment fait au Ciel nous semble aujourd’hui bien archaïque. Comment Jephtha peut-il parler à notre époque ?

Dans la Bible, Jephté sacrifie sa fille. Dans l’oratorio, elle est finalement sauvée par l’intervention d’un ange : dans l’Europe intellectuelle des Lumières, l’idée que l’on puisse être tué de cette façon était inacceptable. On le voit dans Idomeneo de Mozart. Haendel est avant tout un grand humaniste, dans le sillage de la philosophie des Lumières. Les passages les plus émouvants de Jephtha sont ceux où le compositeur commente la tragédie biblique. Il s’attache à mettre à nu, sous le chef de guerre, le père dévasté à l’idée de sacrifier sa fille. Les moments de bravoure sont toujours teintés de mélancolie, d’incertitude, d’incompréhension… Déjà dans Theodora, qui fait également partie de ses dernières compositions, Haendel montrait cette extraordinaire capacité d’empathie pour la souffrance humaine.
« Sous le chef de guerre, Haendel s’attache à mettre à nu le père dévasté à l’idée de sacrifier sa fille. »

La vie de Haendel, dédiée à la composition, a commencé avec l’opera seria et s’est terminée avec l’oratorio. Qu’est-ce qui, selon vous, fonde la distinction entre les deux genres ?

Que Jephtha soit un oratorio ne lui confère pas une intériorité plus grande ni une qualité dramatique moindre que les opera seria. Bien au contraire. Pour moi, ce qui fait la véritable spécificité de l’oratorio, c’est la présence d’un élément indissociable du genre, totalement inconnu ou presque dans l’opéra : le chœur. C’est sans doute l’élément le plus marquant pour l’auditeur. Et les parties chorales de Jephtha comptent parmi les monuments les plus remarquables de la carrière de Haendel. Elles sont aussi bouleversantes que celles de la Messe en si de Bach, et pour les mêmes raisons : une écriture incroyablement savante doublée d’une théâtralité saisissante.

© Eléna Bauer / OnP

Refuser la fin

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Entretien avec Claus Guth

04’

Par Yvonne Gebauer

Invité à mettre en scène l’oratorio de Haendel, Claus Guth a choisi de prendre le taureau par les cornes en interrogeant l’idée même de fatalité qui gouverne l’ouvrage : « Doit-il vraiment en être ainsi ? »


Dans le mythe de Jephté, il est question de serment et de sacrifice. Comment ces thèmes peuvent-ils résonner aujourd’hui ?

Effectivement, avant de partir au combat contre le peuple voisin, Jephté fait devant Dieu la promesse de sacrifier le premier être vivant qu’il rencontrera à son retour. Alors qu’il a remporté la bataille, le premier être qui croise son chemin est sa fille unique. Ne voulant pas manquer à sa promesse, il la sacrifie. À première vue, cette histoire paraît archaïque, sèche et brutale, très perturbante aussi puisque, de toute évidence, elle met en scène un sacrifice humain. La réception de l’œuvre en a été marquée pendant des siècles et nombreuses sont les interrogations au sujet de cette histoire qui ne propose pas de message moral explicite. Est-ce l’illustration d’une foi religieuse mal comprise, ou celle de l’hybris humaine ? Jephté est-il un criminel ou bien une victime des circonstances ? Il faut savoir que, même à cette époque-là, ce n’était pas courant en Israël où, au contraire, les sacrifices humains étaient interdits ; c’était plutôt l’usage chez les ennemis d’Israël.

Comment interprétez-vous ce geste ?

Nous avons choisi de raconter une partie de ces antécédents dès l’ouverture, afin de montrer d’où vient Jephté et quels sont les fardeaux qu’il a eus à porter dans sa vie. Que savons-nous des raisons qui vont pousser Jephté à faire ce vœu ? La Bible ne nous renseigne pas sur ce sujet… Après tous ces échecs subis, après toutes ces années passées loin du monde, dans la solitude la plus totale, il se trouve dans un état d’euphorie, d’orgueil démesuré, d’hybris. Le fait que l’on vienne le chercher, qu’il commence à sentir qu’une réparation peut être possible, va provoquer en lui une sorte de folie des grandeurs. Il se croit alors en mesure de négocier avec Dieu, proposant de lui sacrifier une vie humaine en échange d’une victoire grâce à son soutien.

Comment avez-vous comblé les silences de la Bible ?

Nous avons pu notamment nous appuyer sur le roman Jefta und seine Tochter (Jefta et sa fille) des, une œuvre qui creuse de près les sources historiques tout en ouvrant dans sa narration un espace à l’imaginaire. On y apprend quelque chose de tout à fait essentiel pour ce récit : Jephté est un bâtard, un marginal, un underdog dont l’histoire familiale recèle des antécédents d’importance. Au moment où l’oratorio commence, il s’est déjà passé beaucoup de choses : son père Galaad, un juge célèbre, a eu trois fils (chez Haendel, il en a deux), dont seuls les deux premiers sont légitimes, Jephté, le troisième, étant le fils d’une prostituée. Il est néanmoins le fils préféré du père ; mais lorsque celui-ci vient à mourir, Jephté se voit refuser l’héritage tout comme la succession à la charge de juge. La famille le chasse. Il doit quitter son pays d’origine et se retire dans le désert où il va vivre dix-huit ans durant.

L’oratorio de Haendel prend ses distances vis-à-vis du mythe…

Oui. La fin du récit biblique, brutale et choquante, met en scène Iphis sacrifiée par son père. À l’époque de la création de l’œuvre de Haendel, une telle fin était impensable pour un oratorio : un ange va donc apparaître, sauvant la vie d’Iphis avant que le sacrifice puisse avoir lieu. Cela nous conduit à nous poser la question des raisons de cette délivrance. L’apparition de l’ange est sans doute l’intervention la plus intéressante opérée dans le récit biblique par le librettiste. Nous avons pris cet ange au sérieux et tout à fait au pied de la lettre, mais nous nous sommes également posé la question suivante : dans quel état de délire faut-il se trouver pour voir apparaître un ange ? Quel est l’état psychique des personnes à qui un ange, ou un miracle, va venir se manifester ?

Mécènes et partenaires

  • Avec le soutien de l'AROP

  • Avec le soutien de The American Friends of the Paris Opera & Ballet

  • Avec le soutien de Florence Gould Artists Fund

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