« Les couleurs d’une grande Europe »
Philippe Jordan

Ouvrir une saison de nouvelles productions avec la version originelle de Don Carlos en français, que Verdi avait dû amputer dès la création de l’oeuvre, me réjouit particulièrement : nous la jouerons dans l’intégrité qu’elle connut avant d’être créée, mais que le public parisien n’eut jamais la possibilité d’entendre, le compositeur ayant été contraint de raccourcir l’opéra et d’y ajouter un ballet pour se conformer aux conventions de l’époque. Les versions ultérieures ne sont pas revenues sur ces premières coupes, malheureusement trop souvent considérées comme acquises.

Si différentes que soient ces deux œuvres, Don Carlos et Benvenuto Cellini participent de la lecture des grands opéras français du XIXe que nous poursuivons depuis trois saisons dans le cadre du cycle Berlioz. Après ce « tableau de famille d’une maison royale », c’est donc le plus fou des opéras de Berlioz que nous interpréterons : Benvenuto Cellini. L’orchestration chatoyante de l’oeuvre et la folie communicative des mélodies en font une partition unique, où la musique traduit, malgré les difficultés d’élaboration de l’oeuvre, la puissance de l’attraction qu’eut Berlioz pour le personnage de Cellini, et la jouissance qu’il trouva dans ce bijou rocambolesque de la Renaissance italienne.

Quant à Parsifal, je parlerais de l’urgence de remonter cet opéra : voilà dix ans qu’il n’a pas été joué à l’Opéra de Paris. Ces retrouvailles s’imposaient, et je suis heureux qu’elles puissent avoir lieu au cours d’une saison où je dirige également Pelléas et Mélisande, les deux œuvres étant très étroitement liées. Parsifal a beaucoup influencé l’écriture de Debussy, qui compose, dans « Pelléas », un théâtre intérieur profondément wagnérien. Autre reprise cette année : Così fan tutte, production dont l’alchimie profonde a marqué la saison passée et que je suis particulièrement heureux de diriger de nouveau.

Enfin, après avoir traversé l’ensemble des symphonies de Beethoven, il m’a semblé important d’aborder avec l’Orchestre de l’Opéra la musique symphonique de Tchaikovski. On a parfois comparé les deux compositeurs, notamment dans ce que leur oeuvre traduit du combat de l’homme face à son destin. Mais il faut chez Tchaikovski mettre en regard les « jeunes » symphonies avec les trois grandes dernières, en sorte de faire dialoguer la part de rêve clairement donnée à la toute première, « Rêves d’hiver », avec l’émotion et la souffrance de la « Pathétique » qui conclura le cycle

« Le Promontoire du songe »

Stéphane Lissner

« Goûter au plus vaste répertoire possible »

Aurélie Dupont

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