Communiqué du 26 septembre 2026
Hommage à Vinicio Cheli
L’Opéra national de Paris apprend avec émotion la disparition du grand éclairagiste Vinicio Cheli. Maître incontesté de la lumière, il a su, par sa sensibilité, magnifier notre répertoire, tant lyrique que chorégraphique.
Formé à l’Académie des Beaux-Arts de Florence, où il étudie la scénographie, Vinicio Cheli commence sa carrière en 1974 au Mai Musical de Florence. Il rejoint ensuite le Piccolo Teatro de Milan, où, de 1979 à 1989, il travaille avec Giorgio Strehler, l’un des grands maîtres de la mise en scène européenne, auprès duquel il développe son propre style.
Son parcours le conduit très vite vers les plus grandes scènes internationales. Du Metropolitan Opera à La Fenice, du Teatro Real au Grand théâtre du Liceu, du New National Theater de Tokyo aux Arènes de Vérone, Vinicio Cheli accompagne les créations de nombreux metteurs en scène, chorégraphes et scénographes.
Fidèle à certains compagnons de création, il croise au fil des années les univers de Peter Brenner, Nikolaus Lehnoff, Klaus Michael Grüber, Hugo de Ana, Werner Herzog, Henning Brockhaus, Andreï Konchalovsky, Mario Gas, Cristina Comencini, Arnaud Bernard, Irina Brook ou encore Lluís Pasqual.
Il marque également de son empreinte le Festival de Salzbourg, les Chorégies d'Orange, le Festival d'Aix-en-Provence ou encore le Rossini Opera Festival de Pesaro, où il travaille de 1987 à 1991.
Son histoire avec l’Opéra de Paris demeure indissociable des ballets de Rudolf Noureev, dont il créera les lumières : Le Lac des cygnes et Roméo et Juliette en 1984, La Bayadère, dernière œuvre du chorégraphe, en 1992, puis la version remontée de La Belle au bois dormant en 1997. Dialoguant étroitement avec la scénographie d’Ezio Frigerio, avec qui il noua une collaboration de plusieurs décennies, ses lumières font revivre pour nos spectateurs l’atmosphère originelle de ces grands ballets.
Profondément lié à l’histoire de nos deux théâtres, Vinicio Cheli participe également aux premiers instants de l’Opéra Bastille en signant les lumières de son spectacle inaugural, Les Troyens de Pier Luigi Pizzi, en mars 1990. Suivront au sein de notre maison des productions aussi diverses que Samson et Dalila de Pier Luigi Pizzi en 1991, De la maison des morts de Klaus Michael Grüber en 2005, Mireille de Nicolas Joël en 2009, La Dame du lac de Lluís Pasqual en 2010 ou encore Pagliacci et Cavalleria rusticana de Giancarlo Del Monaco en 2012.
Pendant plus de trente ans, Vinicio Cheli aura également été un compagnon de route du Théâtre du Capitole, avec notamment La Femme sans ombre, Tristan et Isolde, Le Roi d’Ys ou encore Le Chevalier à la rose. Salomé de Richard Strauss, mis en scène par Matthias Goerne et dirigé par Frank Beermann en 2026, restera comme sa dernière création.
Cette connaissance de la scène, Vinicio Cheli la transmettait. Enseignant la scénographie à la Nouvelle Académie des Beaux-Arts de Milan, il formait de nouvelles générations à un métier dont il connaissait à la fois les exigences et la poésie.
L’Opéra national de Paris adresse ses plus sincères condoléances à sa famille et ses proches.
« Composante essentielle des œuvres scéniques, la lumière était pour Vinicio Cheli une écriture à part entière. Cette lumière si singulière a accompagné notre maison pendant près de trente ans, des grands ballets de Noureev à la naissance de l’Opéra Bastille et continuera d’éclairer la mémoire de notre institution. »
Alexander Neef, directeur général de l’Opéra de Paris
« Vinicio Cheli était un artiste qui savait mieux que personne mettre en lumière le mouvement. Il a su magnifier nos danseurs dans les ballets de Noureev, que nous admirons encore aujourd’hui. Sa disparition laisse un grand vide, mais sa lumière se poursuit à travers les œuvres auxquelles il a donné tant de beauté. »
José Martinez, directeur de la danse de l’Opéra de Paris