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Brigitte Lacombe NY

Brigitte Lacombe NY

Concert et Récital

Récital Katia et Marielle Labèque

55

Palais Garnier

le 11 octobre 2026 à 20h00

de 75 € à 125 €

Cette soirée s’inscrit en hommage à André et Madeleine Malraux dans le cadre de la célébration du Cinquantenaire de la disparition d’André Malraux.

Synopsis

Saluées dans le monde entier pour leur virtuosité et leur complicité musicale, les soeurs Katia et Marielle Labèque reviennent au Palais Garnier.

Les deux célèbres pianistes françaises mettent en valeur un répertoire de compositrices encore inexploré au cours de leur 55 ans de carrière.

À deux pianos ou à quatre mains, elles font dialoguer des pièces de Fanny Mendelssohn, Hélène de Montgeroult, Marie Jaëll, Grażyna Bacewicz ou Nina Simone, avec des oeuvres de Felix Mendelssohn, Gabriel Fauré ou Maurice Ravel, la plupart dédiées à des femmes.

En savoir plus

À l’occasion de leurs 55 ans de carrière, Katia et Marielle Labèque emmènent leur public dans un voyage inédit. Aux côtés d’extraits d’oeuvres qui les accompagnent depuis des décennies (ainsi Ma mère l’Oye de Maurice Ravel ou West Side Story de Leonard Bernstein), elles donnent un ensemble de pièces rares faisant la part belle aux compositrices. De l’Allemagne de Fanny Mendelssohn à l’Amérique de Margaret Bonds, le trajet est spatial et temporel, mêlant styles et esthétiques ; mais c’est aussi un cheminement sensible traversé d’échos et de résonances.

FANNY ET FELIX

En 1820, alors que Fanny Mendelssohn a 14 ans, son père lui écrit : « la musique deviendra peut-être pour [Felix] son métier, alors que pour toi elle doit seulement rester un agrément mais jamais la base de ton existence et de tes actes. » La jeune fille est pourtant une musicienne tout aussi accomplie que son jeune frère, avec qui elle partage les mêmes professeurs. Mais sa carrière de pianiste est limitée au salon parental, et les oeuvres qu’elle compose restent inédites de longues années durant. Felix lui-même semble plein d’ambivalences face à cette situation, reconnaissant le talent de sa soeur tout en ne lui apportant pas un soutien franc, voire en entravant parfois clairement son activité.

Sans surprise, le frère et la soeur partagent un même univers stylistique, aussi bien dans leurs lieder – certains de ceux attribués à Felix avaient d’ailleurs été écrits par Fanny… – que dans leur musique pour piano. Il est d’ailleurs possible que Fanny ait contribué à l’apparition du terme « romance sans parole » (« Lied ohne Worte ») sous la plume de Felix. Composées pour piano solo et données dans des arrangements pour quatre mains, les quatre oeuvres interprétées par Katia et Marielle Labèque montrent bien cette proximité esthétique, faite d’arpèges délicats et de mélodies chantantes, dans une atmosphère d’expressivité retenue à peine égratignée par la Romance sans parole op. 67 n°1. Toutes datent des années 1840 et sont publiées peu après, à l’exception de l’opus 8 de la compositrice, paru de manière posthume. Un an avant sa mort, encouragée par son mari, Fanny se décide à répondre favorablement aux sollicitations éditoriales qu’elle avait reçues. « Je me sens renaître », écrit-elle en mai 1846.

JARDINS FRANÇAIS

Cette même année 1846, Marie Jaëll voit le jour en Alsace. Pianiste virtuose, elle impressionne Ignaz Moscheles (qui avait été aussi le professeur de Fanny Mendelssohn) dès l’enfance, et entame une très brillante carrière de soliste. Mais c’est la composition qui la passionne : « Mme Marie Jaëll ne veut plus que l’on parle de son talent de pianiste. Elle en est rassasiée et ne vise qu’à la haute composition », écrit à son propos Camille Saint-Saëns, l’un de ses défenseurs dans le milieu très masculin des compositeurs parisiens. En 1876, il est le créateur, aux côtés de Franz Liszt – autre soutien de Jaëll –, des 12 Valses et Finale op. 8 pour quatre mains. Le huitième morceau de ce recueil, d’une mélancolie voilée, joue subtilement sur le décalage par rapport aux attendus rythmiques et expressifs du genre de la valse.

La douceur caractérise également les pièces de Gabriel Fauré et de Maurice Ravel extraites des suites Dolly et Ma mère l’Oye. Ces deux oeuvres à quatre mains, composées à la fin du xixe et au début du xxe siècle, sont placées sous le signe de l’enfance. Dolly est ainsi écrite pour la fille d’Emma Bardac, la future femme de Claude Debussy. Inspirée entres autres par Charles Perrault, Ma mère l’Oye est quant à elle destinée aux enfants des Godebski dont Ravel était l’ami. Bien que le Clair de lune de Debussy, dans la transcription que lui consacre Henri Dutilleux en 1947, quitte les rivages intimes du quatre mains pour l’espace élargi du deux pianos, le climat reste le même : ici aussi l’auditeur se trouve transporté dans quelque « jardin féerique » aux sonorités veloutées.

INTERMÈDE

Les Trois Pièces caractéristiques de Grażyna Bacewicz, compositrice polonaise formée à Varsovie puis en France auprès de Nadia Boulanger, portent la trace de l’atmosphère parisienne dans laquelle la jeune femme est plongée à l’époque de leur composition, en 1932. La fantaisie et l’impertinence presque debussystes de la première pièce du recueil ont déjà un caractère incisif, nerveux, que l’Étude n°4 (1956) exprime plus clairement encore avec un perpetuum mobile lapidaire.

La tension entre héritage musical occidental et musique nationale que révèle le parcours de Bacewicz est plus palpable encore chez Emahoy Tsege-Mariam Guèbrou, dont la trajectoire est particulièrement inhabituelle. Fille d’aristocrates éthiopiens, formée en Suisse, devenue nonne à 23 ans, elle passe des années à étudier la tradition musicale liturgique de l’Église orthodoxe. Pour la plupart composées entre ses deux séjours dans des monastères (1947-1958 et 1984-2023), ses pièces pour piano opèrent une fusion inédite entre musique classique, mémoire musicale éthiopienne et expérience spirituelle. Dédiée à ses nièces, The Song of Abayi (dont le nom fait peut-être référence au Nil Bleu qui coule en Éthiopie) mêle sonorités de piano romantique et inflexions modales éthiopiennes dans un discours d’une grande liberté expressive qui semble parfois évoquer le jazz ou le blues.

LES VOIX AMÉRICAINES

Musique noire encore avec Troubled Water de Margaret Bonds et Wild Is the Wind, dont Nina Simone a donné une version célèbre. Comme Emahoy Tsege-Mariam Guèbrou, Margaret Bonds est animée d’un désir de communion lorsqu’elle compose Troubled Water durant les années 1950. Le morceau est fondé sur le gospel « Wade in the Water », que chantaient notamment les esclaves pour se guider dans l’Underground Railroad, réseau de routes, d’itinéraires et de refuges vers la liberté. Entre langage classique, harmonies et rythmiques jazz et esprit afro-américain, Bonds en donne une réinterprétation saisissante. Il en va de même pour Wild Is the Wind, écrit à l’origine pour un film hollywoodien, que Nina Simone s’approprie pleinement. La musicienne – qui rêvait d’une carrière de concertiste classique – en étire le tempo, élabore une partie de piano particulièrement travaillée, entre textures dépouillées et effusions, et transforme la chanson en une grande ballade mélancolique.

En regard de ces deux pièces, l’énergie et le sens mélodique d’un contemporain de Bonds et de Simone, Leonard Bernstein. Lui aussi considère la musique comme un creuset dans lequel fondre différents langages, de la musique classique au jazz de Broadway en passant par la musique afro-américaine. Créé en 1957, West Side Story est un succès phénoménal qui connaît des dizaines d’adaptations par la suite – au nombre desquelles une version d’Irwin Kostal, l’orchestrateur original de la comédie musicale, élaborée spécialement pour Katia et Marielle Labèque dans les années 1980. L’exubérance de la J et S ong et du chant d’amour exalté de Tonight répond à l’émotion de Somewhere. Le récital s’achève sur une oeuvre récente du guitariste et compositeur Bryce Dessner, How to Dance. Collaborateur privilégié des soeurs Labèque (notamment en quatuor, avec David Chalmin), Dessner a composé à leur intention un Concerto à deux pianos devenu ces dix dernières années un « classique » de leur répertoire. How to Dance, fondée sur une ligne de basse aux réminiscences de continuo baroque, est inspirée par la soeur du compositeur, Jessica Dessner, danseuse et chorégraphe. Dans sa note de programme, il confie qu’elle a été « [sa] plus grande inspiration » et qu’elle a exercé « une très grande influence artistique » sur lui. Un bel hommage fraternel.

Angèle Leroy

Artistes

Déroulé du concert

Mélodie, op. 4 n°2

Romance sans parole, op. 67 n°1

Romance sans parole, op. 62 n°1

Romance sans parole, op. 8 n°1

Valse, op. 8 n°8

Dolly

« Le Jardin de Dolly » (dédié à sa fille Dolly)

Ma mère l’Oye

Suite bergamasque

« III. Clair de lune »

Étude n°4

Pièce caractéristique n°1

The Song of Abayi

Troubled Water

West Side Story

« Jet Song », « Somewhere », « Tonight » (arr. Irwin Kostal)

Wild Is the Wind (arr. Michael Blasky)

How to Dance (dédié à Jessica Dessner)

Galerie médias

  • Entretien avec Katia et Marielle Labèque

    Entretien avec Katia et Marielle Labèque

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© Brigitte Lacombe

Entretien avec Katia et Marielle Labèque

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04 min

Entretien avec Katia et Marielle Labèque

Par Angèle Leroy

Ce qui frappe immédiatement à la lecture du programme « 55 » que vous interprétez à l’Opéra, c’est la présence d’un grand nombre de compositrices. Est-ce nouveau pour vous ?

K. L. : Oui absolument. Ce sont des musiques que, pour la plupart, nous n’avions jamais jouées. Ces compositrices ont toutes eu des vies très dramatiques, marquées par les luttes. Fanny Mendelssohn, par exemple, était empêchée de jouer par son frère et par son père et ne pouvait pas publier ses propres oeuvres. Quand vous êtes compositrice, recevoir une lettre de votre père qui vous dit que votre véritable vocation, c’est de tenir votre foyer, c’est révoltant. Margaret Bonds a vécu les mêmes difficultés – et pire encore, car elle était noire, et qu’à cette époque-là [dans l’Amérique du milieu du xxe siècle], une Noire ne pouvait pas être pianiste classique ou compositrice. Nina Simone aussi, qui disait qu’elle faisait de la « black classical music ». Sa version de Wild Is the Wind montre bien cette filiation, avec tous ses arpèges qui se souviennent de Liszt et de Chopin.

M. L. : Grażyna Bacewicz, de son côté, a vraiment changé l’histoire de la musique en Pologne, et inspiré ses compatriotes comme Lutosławski ou Penderecki. Mais parfois, elle était obligée d’aller s’enfermer ailleurs pour pouvoir travailler, car elle ne pouvait pas le faire chez elle. Toutes ces histoires, très intenses, très particulières,nous avons voulu leur rendre hommage avec ce programme. Ce sont des voix que l’on n’entendait pas du tout. Elles ont écrit la musique à leur façon. Cela nous touche, et c’est précisément ce que nous nous attelons à faire en tant qu’interprètes, défendre la musique qui nous touche.

Un certain nombre des pièces que vous jouez sont des arrangements ou des transcriptions de pièces écrites à l’origine pour piano solo.

M. L. : Oui, c’est quelque chose d’assez nouveau pour nous d’interpréter des pièces de piano solo à quatre mains ou à deux pianos. Ce qui nous intéresse dans ce geste, c’est de proposer une nouvelle vision de l’oeuvre. Ce n’est pas quelque chose qui fonctionne très bien avec les pièces virtuoses ; au contraire, les pièces avec des mélodies qui se répondent ou avec des « rôles » musicaux différents constituent une base très intéressante pource travail.

K. L. : Par exemple, l’adaptation de Dutilleux transforme le Clair de lune de Debussy en un clair de lune que l’on regarde non plus seul, mais à deux. En règle générale, nous n’avons pas fait les arrangements nous-mêmes ; nous avons préféré solliciter des gens qui ont une véritable compétence dans ce domaine, comme Michael Blasky par exemple.

Vous évoquiez la virtuosité : même si elle est présente par exemple chez Bacewicz (Étude n°4) ou chez Bernstein (Tonight notamment), un certain nombre des morceaux que vous avez choisis pour ce récital explore une autre direction, plus intime, plus expressive si l’on peut dire.

K. L. : C’est vrai. Par exemple, la pièce de Marie Jaëll – à qui Liszt disait : « Si vous aviez un nom d’homme, vos partitions seraient sur tous les pianos du monde » – que nous avons choisie est l’une des moins virtuoses, c’est une valse très lente et très belle.

M. L. : Par ailleurs, une des oeuvres préférées de toute notre vie, si l’on peut dire, est Ma mère l’Oye de Ravel, et elle commence avec quatre notes. Il y a des oeuvres dont nous nous sommes un peu lassées au fil de nos 55 ans de carrière, mais celle-là, jamais. Elle semble très simple, car ses difficultés ne se voient pas : doser les dynamiques, les phrasés, arriver à chanter en se décalant à peine comme le ferait un chanteur. Dans notre jeunesse, nous jouions vite et fort ; avec les années qui passent, nous aimons désormais trouver la beauté dans une simple mélodie.

S’agit-il d’enlever les notes « en trop », comme le disaient Brahms et Ravel ?

K. L. : Oui, il y a de ça. Cela fait penser à Novecento du grand écrivain italien Alessandro Baricco. Novecento, c’est un pianiste qui ne descend jamais du bateau sur lequel il se trouve, et ce qu’il cherche, c’est à jouer toutes les notes du monde dans une seule note. C’est magnifique. Mais contrairement à Novecento, notre désir, à nous, c’est de continuer de rester ouvertes à ce qui se passe autour de nous. C’est quelque chose qui nous porte depuis le début de notre carrière. 

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    La réservation de boissons et restauration légère pour l’entracte est possible en précommande en ligne jusqu’à 24h à l'avance ou auprès des bars avant le début de la représentation.

Au Palais Garnier, des places à 10 € en 6e catégorie (visibilité très réduite, deux places maximum par personne) sont en vente le jour de la représentation aux guichets du Palais Garnier.

Dans les deux théâtres, des places à tarifs réduits sont vendues aux guichets à partir de 30 minutes avant la représentation :

  • Places à 10 € pour les moins de 28 ans, demandeurs d’emploi (avec justificatif de moins de trois mois) et seniors de plus de 65 ans non imposables (avec justificatif de non-imposition de l’année en cours)
  • Places à 15 € pour les seniors de plus de 65 ans

Retrouvez les univers de l’opéra et du ballet dans les boutiques de l’Opéra national de Paris. Vous pourrez vous y procurer les programmes des spectacles, des livres, des enregistrements, mais aussi une large gamme de papeterie, vêtements et accessoires de mode, des bijoux et objets décoratifs, ainsi que le miel de l’Opéra.

Au Palais Garnier
  • Tous les jours, de 10h à 18h30 et jusqu’à la fin des représentations
  • Accessible depuis la place de l’Opéra ou les espaces publics du théâtre
  • Renseignements au 01 53 43 03 97

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