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Expositions

I. Aux origines de l'opéra français

Le ballet de cour

Maître du ballet de la Nuit, Costume pour le Soleil levant dans la dernière entrée du Ballet de la Nuit, 1653, plume, lavis et gouache rehaussée d'or, BnF, Estampes et photographie
Maître du ballet de la Nuit, Costume pour le Soleil levant dans la dernière entrée du Ballet de la Nuit, 1653, plume, lavis et gouache rehaussée d'or, BnF, Estampes et photographie © BnF

Apparu en France à la fin du XVIe siècle, le ballet de cour doit beaucoup aux baladins italiens actifs sous le règne des derniers Valois. Admirative des divertissements raffinés des cours d’Italie, la France institue rapidement un spectacle chorégraphique à part entière qui réunit – autour de la danse – la poésie, la musique, la peinture, le costume et le chant. À partir d’une idée italienne est créé un genre national où se produisent Louis XIII et Louis XIV eux-mêmes, ce dernier incarnant pendant 18 ans plus de 70 rôles dans 26 œuvres, dont le célèbre Ballet de la Nuit qui le consacrera comme le Roi-Soleil.
Lorsque Mazarin introduit l’opéra italien en France, avec La Finta Pazza (1645), le Vénitien Giovanni Battista Balbi règle des intermezzi, dansés entre les actes, comme cela se pratique en Italie. Sans lien avec la narration principale, ces balletti mettent en scène des perroquets, des singes et des autruches, pour plaire au petit roi âgé de sept ans. Quand Louis XIV atteint l’âge de danser, Mazarin tente d’acclimater l’opéra italien au goût français en y intégrant de la danse, comme dans Le Nozze di Peleo e di Teti (1654) de Caproli, « comédie italienne en musique entremêlée d’un ballet sur le même sujet ».
Malgré une plus grande cohérence thématique, la greffe ne survit pas à la mort du cardinal et il faut attendre l’avènement de l’opéra français pour espérer une véritable fusion des genres. Le ballet de cour lui lègue ses traits distinctifs : l’intégration de la danse à la dramaturgie, l’orchestre à cinq parties de cordes et le faste des costumes.

Tailleur des Menus Plaisirs du roi, Costume de ballet pour un danseur, brodé de fils d'or et d'argent, XVIIe s., BnF, Musique, Bibliothèque-musée de l'Opéra
Tailleur des Menus Plaisirs du roi, Costume de ballet pour un danseur, brodé de fils d'or et d'argent, XVIIe s., BnF, Musique, Bibliothèque-musée de l'Opéra © BnF

L’opéra italien

Attribué à Noël Cochin ou à Nicolas Cochin d’après Giacomo Torelli, Décor du prologue de La Finta pazza de Sacrati, 1645, planche gravée, BnF, Musique, Bibliothèque-musée de l'Opéra
Attribué à Noël Cochin ou à Nicolas Cochin d’après Giacomo Torelli, Décor du prologue de La Finta pazza de Sacrati, 1645, planche gravée, BnF, Musique, Bibliothèque-musée de l'Opéra © BnF

En souvenir des spectacles qu’il a organisés à Rome à la cour des Barberini, le cardinal Mazarin, nouveau ministre d’Anne d’Autriche, entend révéler aux Français toute la pompe des opéras de son pays natal. En 1645, il invite à Paris une troupe de musiciens qui interprète La Finta Pazza de Sacrati, créée à Venise en 1641. Si cet opéra italien, le premier joué en France, est augmenté de ballets comiques pour amuser le jeune Louis XIV, ce sont surtout les décors et l’extraordinaire machinerie théâtrale déployée par Giacomo Torelli qui marquent le public. Les changements de décor à vue procurent un émerveillement scénique jusqu’alors inconnu en France.
En 1647, Luigi Rossi créé l’Orfeo, « comédie à machines et en musique à la mode d’Italie » qui éblouit l’entourage royal. Mais, très vite, les adversaires du cardinal dénoncent le coût exorbitant du spectacle et l’obscurité de la langue italienne. La critique porte : durant toute la Fronde, plus aucun opéra n’est donné à Paris, mais la tragédie à machines connaît un heureux développement, grâce à Corneille qui s’associe avec Torelli et capte le savoir-faire de l’Italien au profit de ses tragédies, parfois accompagnées de musique.
Pour acclimater l’opéra italien au goût français, les compositeurs y ajoutent des danses spectaculaires qui ont d’autant plus les faveurs du public que le roi lui-même s’y produit. En 1662, pour fêter le mariage du souverain, Cavalli crée Ercole amante, mais Lully impose au Vénitien de somptueux ballets, d’une longueur exceptionnelle, qui rallient à sa cause un public amateur de belle danse. C’est alors le dernier opéra italien représenté à Paris sous le règne de Louis XIV.  

Israël Silvestre d’après François Francart, Décorations et machines pour les Noces de Thétis et Pélée, frontispice gravé, 1654, BnF, Arsenal
Israël Silvestre d’après François Francart, Décorations et machines pour les Noces de Thétis et Pélée, frontispice gravé, 1654, BnF, Arsenal © BnF
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