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Expositions

De l’enfant prodige à l’artiste accompli

De Camille Saint-Saëns, l’histoire retient l’œuvre foisonnante et prolixe du compositeur, mais il a d’abord été un enfant prodige, aussi doué la plume à la main qu’au clavier du piano ou de l’orgue.
Le pianiste va dominer son instrument pendant près de 80 ans d’une carrière ininterrompue, suscitant l’admiration du public par sa virtuosité, la justesse de ses interprétations et sa prodigieuse mémoire. À l’orgue, il est réputé autant pour le génie de ses improvisations que pour son aisance à utiliser toutes les ressources de ces grands instruments nouvellement construits par Aristide Cavaillé-Coll. Il devient titulaire de l’orgue de la Madeleine en 1857 et en démissionnera 20 ans plus tard pour poursuivre sa carrière de concertiste. Mais lorsque l’on acquiert si jeune une telle renommée de virtuose, la voie de la composition est plus difficile à suivre et il faut conquérir sa place. Pourtant, dès l’âge de 15 ans, Saint-Saëns compose des ouvrages de grande envergure, déjà remarqués, et continuera à enrichir tous les genres musicaux avec des chefs-d’œuvre dont le succès ne s’est jamais démenti.
Saint-Saëns est aussi très présent dans la vie musicale de son époque. Son énergie, sa facilité d’expression et un goût certain pour la polémique font de lui le porte-parole d’une génération de compositeurs qui peine à se faire entendre et qu’il rassemble en fondant la Société nationale de musique en 1871. Il est élu à l’Institut de France en 1881 et prendra très à cœur ses devoirs de membre de l’Académie des Beaux-arts.


Enfance et formation

Né à Paris le 8 octobre 1835, Charles-Camille est le fils unique de Victor Saint-Saëns qui décède trois mois après sa naissance. Il est élevé par deux veuves, sa mère Clémence et sa grand-tante Charlotte Masson, bonne musicienne, qui va très vite déceler ses dons exceptionnels. Il est confié à un professeur de piano renommé, Camille Stamaty, et commence une fulgurante carrière de prodige. À six ans, il joue déjà dans les salons les plus réputés, et en mai 1846, à dix ans, donne son premier concert public avec orchestre, interprétant par cœur des concertos de Mozart et de Beethoven. Craignant pour sa santé fragile, sa mère mettra un frein à cette carrière précoce, et ce d’autant que l’adolescent montre d’extraordinaires dispositions pour la composition qu’il faut aussi encourager. Après quelques essais d’enfance – ses premières œuvres sont écrites dès l’âge de trois ans et demi –, il se perfectionne en classe d’orgue et de composition au Conservatoire. En dépit d’un premier échec au Prix de Rome en 1852 (on le juge trop jeune), Camille Saint-Saëns s’illustre brillamment dans plusieurs genres instrumentaux. Il est remarqué par Charles Gounod et par Pauline Viardot qui lui ouvre les portes de son salon de musique, fréquenté par le Tout-Paris intellectuel et artistique.


Un musicien accompli

En 1864 Saint-Saëns échoue une deuxième fois au concours du Prix de Rome, il est déclaré cette fois trop âgé et « manquant d’inexpérience ». Peu lui importe, il continue de composer, remporte des concours, connaît ses premiers succès et reçoit les éloges de Berlioz. Il va dès lors maintenir en parallèle ses deux carrières de compositeur et d’interprète au plus haut niveau. Ses dons de pianiste lui ouvrent les portes des salons, il joue chez Rossini et chez la Princesse Mathilde Bonaparte qui l’aide sans doute à obtenir à 22 ans, en 1857, la tribune de l’orgue de l’église de la Madeleine, la paroisse la plus prestigieuse de Paris. Il est autant réputé comme pianiste que comme organiste – Liszt affirme qu’il est le meilleur du monde. Tous les musiciens de passage à Paris viennent écouter ses remarquables improvisations. De 1861 à 1865, Saint-Saëns enseigne à l’École Niedermeyer qui forme des maîtres de chapelle. Il réunit autour de lui un clan d’élèves qui lui resteront toujours fidèles, parmi lesquels on compte Gabriel Fauré et André Messager, auxquels il fait découvrir des œuvres encore inconnues à Paris. 


Chef de file de L’École française de musique

La chute du Second Empire et le changement de régime politique représentent pour Saint-Saëns, républicain de la première heure, une occasion inespérée de bousculer les habitudes culturelles. Construire de nouveaux répertoires, conquérir un public, ouvrir des salles de concert, interpeller les institutions, ménager une place à une jeune génération de compositeurs qui peine à trouver un espace d’écoute entre le répertoire usé de l’opéra et celui de la mélodie, voilà toutes les tâches auxquelles Saint-Saëns se consacre avec ardeur. Sa force de conviction et son franc-parler le désignent comme chef de file de l’école française de musique : Bizet, Lalo, Delibes, Guiraud, Duparc, d’Indy, Franck, Massenet et bien d’autres le suivront dans l’aventure de la création, en 1871, de la Société nationale de musique. Saint-Saëns est aussi l’un des pionniers de la redécouverte de Bach, de Gluck et de Rameau qu’il réédite. Il est sur tous les fronts, et continue de composer à un rythme soutenu : symphonies et poèmes symphoniques, concertos, pièces de concerts, oratorios, cantates, mélodies, musique de chambre, et rencontre partout le succès ; seule la scène lyrique lui résiste encore.


Saint-Saëns - Partie 1
Saint-Saëns - Partie 1 3 images
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