Compte tenu de l'affluence, seule la réservation en ligne garantit l'entrée au Palais Garnier du 10 février au 10 mars 2024

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Rudolf Noureev à l'Opéra de Paris

Rudolf Noureev à l'Opéra de Paris

EXPOSITION

Du 21 décembre 2023 au 5 avril 2024

à la Bibliothèque-musée de l'Opéra - Palais Garnier


Exposition accessible dans le cadre d'une visite du Palais Garnier - pour préparer votre visite, consultez le calendrier des fermetures exceptionnelles du Palais Garnier.


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Rudolf Noureev à l'Opéra de Paris

{EXPOSITION] RUDOLF NOUREEV à l'OPÉRA DE PARIS

Tout au long de sa carrière brillante et itinérante, Rudolf Noureev (1938-1993) a noué avec l’Opéra de Paris et son Ballet une relation intense et féconde. Celle-ci commence de manière éclatante avec l’étape parisienne de la tournée européenne du Ballet du Kirov de Leningrad au cours de laquelle Noureev décide de passer à l’Ouest.

Elle est rythmée ensuite par les spectacles de l’Opéra auxquels il participe régulièrement comme Étoile invitée ; par les premières des treize ballets qu’il donne au Palais Garnier comme chorégraphe entre 1974 et 1992 ; par les six saisons qu’il organise durant son mandat de directeur de la Danse, de 1983 à 1989 ; par les créations des chorégraphes qu’il invite ; par les nominations comme Étoiles des danseurs et danseuses qu’il révèle ; par la création, enfin, de son dernier ballet, La Bayadère, en 1992, aux allures de testament.

Peu de personnalités ont marqué autant l’histoire du Ballet de l’Opéra de Paris : les grands classiques qu’il lègue à la compagnie figurent, aujourd’hui encore, parmi les plus brillants joyaux de son répertoire. À l’occasion des trente ans de la disparition du danseur, chorégraphe et directeur de la Danse, l’Opéra national de Paris et la Bibliothèque nationale de France s’associent pour rendre hommage à Noureev, explorer les différentes dimensions de sa relation avec le Palais Garnier, sa « maison », et présenter l’inestimable patrimoine que celui-ci laisse tant à la France qu’au monde de la danse.


Commissaires de l'exposition : Inès Piovesan, cheffe du service des éditions (Opéra national de Paris), Antony Desvaux, responsable des publications de la danse (Opéra national de Paris), Mathias Auclair, directeur du département de la Musique (Bibliothèque nationale de France), Benoît Cailmail, adjoint au directeur du département de la Musique (Bibliothèque nationale de France)

Scénographie et graphisme : Atelier Deltaèdre, Claire Holvoet-Vermaut et Noémie Grégoire

Le 19 mai 1961, en tournée avec le Ballet du Kirov, Rudolf Noureev fait sa première apparition sur la scène du Palais Garnier dans l’acte des Ombres de La Bayadère. Son succès est fulgurant. Le public découvre alors un interprète magnétique à la danse à la fois fougueuse et sophistiquée.

Ayant choisi de rester en Occident, sa carrière devient très vite internationale et il danse sur toutes les grandes scènes d’Europe et des États-Unis. Il revient au Palais Garnier en 1966 avec l’une de ses partenaires privilégiées, Margot Fonteyn, pour danser Marguerite et Armand.

À partir de 1967, il est régulièrement invité à l’Opéra de Paris pour interpréter les grands rôles du répertoire parmi lesquels Giselle, Le Lac des cygnes, La Sylphide… aux côtés de Noëlla Pontois et Ghislaine Thesmar qui deviennent rapidement ses partenaires de prédilection. Il se fait également remarquer dans les œuvres créées par les Ballets russes comme Apollon musagète (Balanchine) ou encore Pétrouchka (Fokine).

Nommé directeur de la Danse de l’Opéra en 1983, il garde un statut particulier qui lui permet de se produire sur scène dans 40 représentations par saison. Il dansera ainsi dans tous les ballets qu’il crée ou remonte pour la Compagnie (Basilio dans Don Quichotte, Jean de Brienne dans Raymonda, Drosselmeyer dans Casse-Noisette, le prince dans Le Lac des cygnes, Mercutio dans Roméo et Juliette…).

Sensible aux autres langages chorégraphiques, Rudolf Noureev danse également dans les ballets de Roland Petit (Paradis perdu), Jerome Robbins (Afternoon of a Faun), Glen Tetley (Tristan avec Carolyn Carlson), Martha Graham (Phaedra’s dream), Pierre Lacotte (Marco Spada) ou encore Maurice Béjart dont Le Chant du compagnon errant sera le dernier ballet qu’il interprètera sur la scène du Palais Garnier, en 1990.

Rudolf Noureev avec le Corps de Ballet de l’Opéra en répétition de son ballet Don Quichotte d’après Marius Petipa

De l’œuvre chorégraphique de Rudolf Noureev se dégagent deux grands ensembles distincts : les ballets issus du seul fruit de son esprit créatif, d’une part, et ceux hérités d’illustres prédécesseurs qu’il découvre lors de son apprentissage et de ses débuts au Ballet du Kirov et pour lesquels il propose une relecture personnelle d’autre part. 

Parmi les premiers, outre Manfred (1979), La Tempête (1984) ou Washington Square (1985), la chorégraphie de Cendrillon (1986) marque particulièrement les esprits en transposant le conte de Charles Perrault dans l’univers hollywoodien des années 1930.

Les relectures d’œuvres chorégraphiques préexistantes (créées pour la plupart par Marius Petipa) telles que Don Quichotte (1981), Raymonda (1983), La Belle au bois dormant (1989) ou encore La Bayadère (1992), où se mêlent lyrisme et académisme et dans lesquelles il s’attache à développer une interprétation symbolique forte (Le Lac des cygnes en 1984, Casse-Noisette en 1985), participent en revanche pleinement de l’héritage laissé par Noureev à l’Opéra de Paris. 

Peut-être plus encore que par ses propres œuvres, c’est au travers de ces réappropriations que se dessinent les contours du « style Noureev » : une complexité technique mettant plus particulièrement en lumière la virtuosité des interprètes masculins ainsi que des décors et costumes somptueux imaginés par des artistes de renom (Nicholas Georgiadis, Hanae Mori, Franca Squarciapino, Petrika Ionesco…).

Regardez en ligne les ballets de Rudolf Noureev sur POP

De Don Quichotte à La Bayadère, (re)découvrez une sélection de ballets remontés par Rudolf Noureev sur POP, le site de streaming de l'Opéra national de Paris.

DÉCOUVRIR
 

 

Le 4 février 1982, Rudolf Noureev est nommé directeur de la Danse à l’Opéra de Paris. C’est alors le premier poste permanent de Noureev, habitué aux engagements divers à travers le monde, qui ont d’ailleurs assuré son rayonnement artistique et médiatique.

En tant que directeur de la Danse, il a notamment en charge la programmation des ballets, la distribution des danseurs et la nomination des Étoiles (Sylvie Guillem, Isabelle Guérin, Élisabeth Maurin, Manuel Legris, Laurent Hilaire), mais c’est plus encore sa personnalité, sa passion et sa discipline qui marquent toute une génération et donnent une impulsion nouvelle au Ballet.

Des tournées internationales, en particulier aux États-Unis, scandent son mandat et obtiennent un succès retentissant. Sous sa direction, trois studios sont inaugurés sous la coupole du Palais Garnier qui portent le nom de grands chorégraphes, Lifar, Balanchine (plus tard renommé Noureev), et bien sûr Petipa, auquel Noureev est profondément attaché. Transmettre l’héritage de ce dernier est pour Noureev primordial, et il remonte chaque saison ses ballets dans lesquels il danse également.

Fort de sa carrière et des liens qu’il a noués, il invite des chorégraphes contemporains, certains pour la première fois à l’Opéra : William Forsythe, Martha Graham, Maurice Béjart, Francine Lancelot, Jiří Kylián, Merce Cunningham, Maguy Marin, Jerome Robbins, Roland Petit...

Le 31 août 1989, Noureev quitte ses fonctions, un mois après l’inauguration de l’Opéra Bastille.

Noureev entre dans la légende alors qu’il n’a que 23 ans. Sa compagnie, le Ballet du Kirov de Leningrad (aujourd’hui Ballet du Mariinski de Saint-Pétersbourg) fait une tournée européenne et a pris ses quartiers à l’Opéra de Paris, depuis le 11 mai 1961. Noureev se fait remarquer sur la scène du Palais Garnier lorsqu’il lui est signifié, au Bourget, le 16 juin, qu’il doit rentrer à Moscou tandis que le reste de la troupe continue sa tournée à Londres. Échappant aux agents du KGB de manière rocambolesque, il parvient à se réfugier au poste de police de l’aéroport et à demander l’asile politique. Dans le contexte de la Guerre froide, il est érigé en champion de la liberté et défraye la chronique. 

Participant aux fêtes, aux galas et aux réunions de la jet set tout en donnant toute la mesure de son génie de danseur et de chorégraphe sur les scènes internationales, Noureev est identifié par les médias comme « le nouveau Nijinski » tandis que les magazines se délectent à le montrer à moitié nu sur les plages en compagnie de célébrités ou seul, emmitouflé dans de riches robes de chambre, dans l’intérieur baroque et fastueux de son appartement parisien du quai Voltaire.

L’image animée consacre l’icône : passionné de cinéma depuis sa plus tendre enfance, Noureev multiplie à partir de 1963 les projets de documentaires, de spectacles filmés et de ballets captés spécialement pour le cinéma qui lui donnent une célébrité sans précédent auprès d’un large public. Sa Cendrillon est d’ailleurs un hommage à l’univers des studios.

Il participe également à des longs métrages, Valentino de Ken Russell (1977), Exposed (Surexposé) de James Toback (1983). Dans Valentino, Noureev cultive sa dimension légendaire en acceptant de donner ses traits à l’acteur mythique d’Hollywood, Rudolph Valentino. En 2018, le long-métrage de Ralph Fiennes consacré à Noureev renforce encore la dimension iconique de celui qui fut l’une des plus grandes figures de la danse au XXe siècle.


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