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Expositions

III. La Tétralogie du centenaire (1976-1980)

En 1974, Wolfgang Wagner, qui a proposé à Pierre Boulez de diriger la Tétralogie pour le centenaire du Festival de Bayreuth, est encore à la recherche d’un metteur en scène. Ingmar Bergman, Peter Brook et Peter Stein ont décliné l’invitation. Boulez suggère alors le nom de Patrice Chéreau pour la mise en scène des quatre opéras composant LAnneau du Nibelung. La rencontre avec l’œuvre de Richard Wagner est décisive : loin des déconvenues éprouvées avec Offenbach, Chéreau trouve là un texte et une musique intégralement conçus dans une visée théâtrale.

Afin de « construire une allégorie moderne », il s’empare de la dimension légendaire et mythologique de l’œuvre pour l’inscrire dans une perspective historique et politique, décrivant « la perversion terrible des sociétés fondées sur la conservation du pouvoir ». Il situe l’action en pleine révolution industrielle, et s’attache à donner aux personnages un caractère profondément humain, y compris lorsqu’il s’agit de dieux, de géants ou de nymphes.

L’année de sa création, la production provoque un immense scandale. Beaucoup reprochent à Chéreau une œuvre « démystifiée », une « lecture marxiste » réductrice, et surtout une mise en scène trop théâtrale, en rupture avec l’esthétique abstraite et symboliste qui dominait jusqu’alors. À Boulez, on reproche aussi la rapidité des tempi. En 1980 toutefois, la production finit par remporter un succès historique, saluée par plus d’une heure d’applaudissements à l’issue de la dernière représentation.
La Tétralogie du centenaire (1976-1980)
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