II. La révolution en marche

II. La révolution en marche

II. La révolution en marche

L’opéra n’a pas connu, sur le plan formel, de bouleversements significatifs lors des événements de 1789 et les grandes réformes avaient déjà été menées par Gluck au cours de la décennie 1770-1780.

Après la Terreur et les guerres révolutionnaires, la stabilité intérieure retrouvée permet au genre lyrique de nouveaux développements qui aboutissent à l’avènement du grand opéra à la fin des années 1820. En 1826 Le Siège de Corinthe, de Rossini, aborde déjà de manière à peine déguisée un sujet prompt à échauffer les esprits : le siège de Missolonghi par les Turcs lors de la guerre d’indépendance grecque (1821-1829).

Mais le premier « vrai » spécimen du grand opéra est La Muette de Portici. Créé le 29 février 1828, l’ouvrage d’Auber est suivi, un an plus tard, du Guillaume Tell de Rossini. Après la révolte des Napolitains contre la domination espagnole au milieu du XVIIe siècle, c’est le combat des patriotes suisses contre les Autrichiens au XIVe siècle qui fournit le contexte de l’ouvrage. De par leur sujet révolutionnaire, les deux pièces semblent annoncer les événements de l’été 1830. Une représentation de La Muette de Portici qui, aux accents d’« Amour sacré de la Patrie », enflamme le public du Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, est, du reste, à l’origine du soulèvement qui aboutit à l’indépendance de la Belgique en octobre 1830. Meyerbeer, lui, attend son heure. Celle-ci sonnera en novembre 1831, avec la Première triomphale de Robert le Diable.

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