Serguei Prokofiev Compositeur

Biographie

Serguei Prokofiev est né le 11 avril 1891 à Sontsovka, en Ukraine. Après des études au Conservatoire de musique de Saint‑Pétersbourg sous la direction, entre autres, de Rimski-Korsakov, Prokofiev fréquente, comme pianiste-compositeur, les « Soirées de Musique Contemporaine », où son style novateur, radical et volontiers provocateur s’affirme déjà dans son Ie Concerto pour piano, sa 2e Sonate et surtout son 2e Concerto (1913). En 1915-1916, il écrit l’opéra Le Joueur, d’après Dostoïevski, et un ballet commandé par Diaghilev, Ala et Lolly (qui deviendra la Suite scythe). Mais en 1918, en dépit de ses sympathies révolutionnaires, il quitte la Russie et part pour les États-Unis, via le Japon. Pendant dix ans, il partage sa vie entre les USA, la France et l’Allemagne. Cette période voit la composition d’opéras (L’Amour des trois oranges en 1919, L’Ange de feu en 1920-1927), de ballets (Chout en 1920, Le Pas d’acier en 1927 et Le Fils prodigue en 1929), d’oeuvres symphoniques (2e et 3e Symphonies en 1924 et 1928).

À partir 1927, il revient régulièrement en URSS, où il prend la citoyenneté soviétique et devient, avec Chostakovitch, le compositeur officiel le plus en vue. Sa productivité s’intensifie encore : ballet Roméo et Juliette, musique pour les films Lieutenant Kijé et Alexandre Nevski, opéras Siméon Kotko et Les Fiançailles au couvent, Concertos pour piano, etc. Pendant la guerre, il est évacué au Caucase, avec d’autres intellectuels soviétiques, où il compose la musique du film d’Eisenstein, Ivan le Terrible, et sa 5e Symphonie. Après celle-ci, le succès de nouvelles oeuvres comme le ballet Cendrillon est assombri par la publication, en 1948, du fameux « manifeste de Jdanov », qui critique son formalisme (comme celui de nombreux autres compositeurs soviétiques). Les oeuvres suivantes (Sonate pour piano et violoncelle, 7e Symphonie, etc.) reflètent un réel effort de dépouillement, mais la mort de Prokofiev le 5 mars 1953, à Nikolina Gora, près de Moscou, passe pratiquement inaperçue, éclipsée par celle de Staline le lendemain.

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