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Roland Petit
Chorégraphe

© Ann Ray / OnP

Roland Petit naît à Villemomble le 13 janvier 1924. En 1933, il entre à l’École de Danse de l’Opéra national de Paris, où il a notamment Gustave Ricaux pour professeur. Engagé dans le Corps de Ballet de l’Opéra en 1940, il danse le répertoire remonté par Carlotta Zambelli et Albert Aveline, et les œuvres de Serge Lifar. Parallèlement, il travaille chez Mme Rousanne au studio Wacker (où il retrouve Maurice Béjart, Violette Verdy et Leslie Caron). Nommé Sujet en 1943, il danse Carmelo dans L’Amour sorcier de Lifar, aux côtés de la Teresina et de Lycette Darsonval. À vingt ans, Roland Petit démissionne de l’Opéra. Avec Janine Charrat, il présente ses premières chorégraphies aux « Soirées de la Danse » qu’organise Irène Lidova. C’est l’époque aussi où il fréquente les cours de Boris Kniaseff (initiateur d’une « barre à terre » classique). Épaulé par Roger Eudes, Boris Kochno et Irène Lidova, Roland Petit, avec l’aide matérielle de son père, crée, en 1945, les « Ballets des Champs-Élysées » : Les Forains, Le Rendez-vous, bientôt suivis du Jeune homme et la Mort associent écrivains (Boris Kochno, Jacques Prévert ou Jean Cocteau), décorateurs (Christian Bérard, Brassaï, Georges Wakhévitch) et compositeurs (Henri Sauguet ou Joseph Kosma), affirmant d’emblée une conception théâtrale du ballet, à laquelle Roland Petit demeurera fidèle. En 1948, le chorégraphe laisse le Théâtre des Champs-Élysées pour fonder les « Ballets de Paris », qui se produisent au Théâtre Marigny, et l’année 1949 est marquée par la création de Carmen à Londres : Renée Jeanmaire devient Zizi. L’année suivante, Ninette de Valois demande à Roland Petit de réaliser Ballabile pour le Sadler’s Wells Ballet à Londres. Toujours à Londres, il collabore avec Orson Welles pour The Lady in the Ice (1953). Une carrière internationale s’ouvre devant lui : Hollywood l’invite pendant quatre ans. Roland Petit y tourne Hans Christian Andersen (avec Zizi Jeanmaire et Danny Kaye) en 1952, Daddy Long Legs (avec Fred Astaire et Leslie Caron) en 1954, Anything Goes (avec Zizi Jeanmaire et Bing Crosby), en 1955. À son retour des États-Unis, Roland Petit adapte la comédie musicale américaine au goût français, et monte « La Revue des Ballets de Paris » au Théâtre de Paris, puis à l’Alhambra (1956-1959). Il met en scène Patron, opérette de Marcel Aymé (musique de Guy Béart, décors et costumes de Bernard Buffet) au Théâtre Sarah-Bernhardt (1960), et tourne Black Tights avec Moira Shearer, Cyd Charisse et Zizi Jeanmaire en 1960. En 1961, la revue Zizi (dans les costumes d’Yves Saint Laurent) explose à l’Alhambra avec Mon truc en plumes (musique de Jean Constantin). Après de nombreuses tournées avec les « Ballets de Paris », Roland Petit est invité à revenir à l’Opéra de Paris, en 1965, vingt ans après l’avoir quitté, pour deux créations, Adages et Variations et Notre-Dame de Paris, à la demande de Georges Auric, alors administrateur. Retour également au Théâtre des Champs-Élysées, en 1966, pour l’Éloge de la Folie, avec les « Ballets de Paris ». De 1967 à 1969, Roland Petit réalise des chorégraphies à Londres pour Rudolf Noureev et Margot Fonteyn, avec le Royal Ballet : Paradis perdu, Pelléas et Mélisande (Schönberg) ; à la Scala de Milan : Estasi (Scriabine) pour Rudolf Noureev et Luciana Savignano. En 1970, il accepte la Direction de la Danse à l’Opéra de Paris, mais démissionne au bout de six mois. Il rachète alors le Casino de Paris et monte la revue Zizi, je t’aime (décors et costumes d’Erté, Yves Saint Laurent, Vasarely, Guy Pellaert, César, chansons de Jean-Jacques Debout, Guy Béart, Jean Ferrat, Michel Legrand, Serge Gainsbourg). Malgré le succès, les lourdes charges fiscales contraignent Roland Petit et Zizi à abandonner l’entreprise. En 1972, le maire de Marseille, Gaston Defferre, invite Roland Petit à venir dynamiser la compagnie de l’Opéra municipal. Prenant leur autonomie, les « Ballets de Marseille » sont créés. Premier spectacle de la compagnie au Festival d’Avignon : Allumez les étoiles (d’après Maïakovski). Elle prend en 1981 le nom de « Ballet National de Marseille-Roland Petit » et parcourt le monde. En 1992, Roland Petit obtient des autorités de tutelle la possibilité d’un prolongement pédagogique à son travail, avec la création de l’École Nationale Supérieure de Danse de Marseille, dont les locaux abritent également le « Ballet National de Marseille ». Roland Petit continuera alors de se partager entre le ballet (nouvelles productions pour sa compagnie, mais aussi pour le Ballet de l’Opéra de Paris, le Staatsoper de Berlin, et la Scala de Milan), le show (Zizi au Zénith, 1995), le théâtre (mise en scène de Marcel et La Belle excentrique, pièce tirée de l’œuvre de Marcel Jouhandeau, pour Zizi Jeanmaire et Michel Duchaussoy, 1992 et de La Voix humaine de Jean Cocteau, pour Alessandra Ferri au Teatro Studio à Milan, 1994). Après l’avoir dirigé pendant vingt-six ans, Roland Petit quitte le Ballet National de Marseille » en mars 1998, après lui avoir donné son dernier ouvrage : Le Lac des cygnes et ses maléfices. Roland Petit remonte alors ses œuvres : Proust, ou les Intermittences du cœur au Ballet National de Nancy, Notre-Dame de Paris, Le Jeune homme et la Mort, L’Arlésienne au Théâtre national de Tokyo, Le Boléro pour la K. Ballet Company de Tetsuya Kumakawa)... Il meurt en 2011 à l’âge de 87 ans. De nombreux ballets de Roland Petit sont entrés au répertoire du Ballet de l’Opéra national de Paris : L’Arlésienne, Carmen, Clavigo, Le Jeune Homme et la Mort, Notre-Dame de Paris, Proust et les Intermittences du cœur, Le Rendez-vous

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