Guy Cassiers
Metteur en scène

Artiste de la saison 16/17
© Frieke Janssens

Né en 1960, Guy Cassiers est un metteur en scène belge-flamand. Il se tourne vers le théâtre après des études d'arts graphiques à l'Académie des Beaux-Arts d'Anvers, ville où il monte ses premiers spectacles au cours des années quatre-vingt. Entre 1988 et 1992, il privilégie le théâtre jeune public en tant que directeur artistique de la compagnie de théâtre Oud Huis Stekelbees à Gand. À partir de 1992, Guy Cassiers travaille de façon indépendante, notamment pour le Kaaitheater à Bruxelles et le Toneelschuur à Haarlem. Son premier spectacle pour le RO Theater, Angels in America de Tony Kushner (1995), remporte plusieurs prix et lui vaut d’en assumer la direction artistique de 1998 à 2006. Des spectacles tels que De sleutel (1998), Wespenfabriek (2000), La Grande Suite (2001) et Lava Lounge (2002) établissent son langage théâtral marqué par l'emploi de caméras, d’images vidéo, de paroles projetées et de musique interprétée en direct. À la recherche du temps perdu, son cycle de quatre pièces consacrées à Proust réalisé entre 2002 et 2004, semble le point culminant de cette approche : il entremêle la technologie et la poésie, la littérature et le théâtre, l'image et la musique, la caméra et le jeu d'acteur.

En 2006, Guy Cassiers prend la direction du Het Toneelhuis à Anvers et invite une nouvelle génération d’artistes, metteurs en scène, vidéastes ou chorégraphes, à le rejoindre : Benjamin Verdonck, Wayn Traub, Olympique Dramatique, Sidi Larbi Cherkaoui, Lotte van den Berg. Dès sa prise de fonction, Guy Cassiers réalise une tétralogie d’adaptations littéraires avec Le Garçon boucher d'après Patrick McCabe, Le Seigneur des guêpes d'après Iain Banks, Rouge décanté d’après Jeroen Brouwers, (également présenté au Festival d'Avignon), Hersenschimmen d’après J. Bernlef, et Onéguine d'après Alexandre Pouchkine. Entre 2006 et 2008, il conçoit également une trilogie analysant les relations complexes entre art, politique et pouvoir. Ce Triptyque du pouvoir est composé de Mefisto for ever, d’après Méphisto de Klaus Mann (2006) ; Wolfskers qui met en scène la décrépitude des tyrans Hitler, Staline et Hirohito ; et d’Atropa, la Vengeance de la paix inspiré de la guerre de Troie. Les projets théâtraux de Guy Cassiers se distinguent actuellement par une attention croissante pour l’histoire européenne et la conscience que cette histoire se trouve à un point de rupture. En témoignent des projets comme Sang & roses, le chant de Jeanne et Gilles (2011) qui traite du pouvoir de l’Église ou Cœur ténébreux d’après Heart of Darkness de Joseph Conrad (2011) situé dans le passé colonial. En 2014/15, Guy Cassiers met en scène avec l’ensemble des acteurs et créateurs de la Toneelhuis De blinden de Maurice Maeterlinck. Ses deux grands projets théâtraux pour la saison 2015/16 sont Caligula d’Albert Camus et De Welwillenden (Les Bienveillantes) d’après le roman de Jonathan Littell.

Outre l’image, la musique joue un rôle prépondérant dans les spectacles de Guy Cassiers, ce qui l’amène à diriger plusieurs opéras: The Woman Who Walked into Doors de Kris Defoort créé au De Singel à Anvers en 2001 et House of the Sleeping Beauties du même compositeur créé au Théâtre de La Monnaie à Bruxelles en 2009. Il met en scène la même année Adam in Ballingschap de Rob Zuidam au Stadsschouwburg à Amsterdam. De 2010 à 2013, Guy Cassiers met en scène Der Ring des Nibelungen de Richard Wagner (une coproduction du Teatro alla Scala de Milan, du Staatsoper de Berlin et du Toneelhuis d’Anvers sous la direction musicale de Daniel Barenboim). Lors de la saison 2015/16, Guy Cassiers met en scène Xerse de Francesco Cavalli à l’Opéra de Lille. Fidèle à ses influences romanesques, Guy Cassiers fera ses débuts à l’Opéra de Paris lors de la saison 2016/17 avec Trompe-la-Mort de Luca Francesconi, création mondiale inspirée par La Comédie humaine d’Honoré de Balzac.

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