Report from the 19 February 2026
Paris Opera’s Tribute to José Van Dam
L’Opéra national de Paris apprend avec tristesse et émotion la disparition du baryton-basse José Van Dam, à 85 ans. Figure majeure de l’art lyrique international, il se distinguait par la noblesse et le naturel de son chant comme de sa diction.
Né à Bruxelles en 1940, il est rapidement engagé dans la Troupe de l’Opéra de Paris où il débute dans de petits rôles. Interprète favori de Karajan qui l’a dirigé à de nombreuses reprises à Berlin et à Salzbourg, José Van Dam revient triomphalement en 1973 au Palais Garnier dans le rôle de Figaro des Noces dans la mise en scène légendaire de Giorgio Strehler sous la direction de Georg Solti. C’est Rolf Liebermann qui le recommande pour un autre rôle mozartien : celui de Leporello dans le film Don Giovanni de Joseph Losey, où il incarne un valet inoubliable aux côtés de Ruggero Raimondi.
S’il s’est imposé dans le répertoire mozartien, il a également marqué à jamais le rôle-titre de Saint-François d’Assise d’Olivier Messiaen sous la direction de Seiji Ozawa lors de sa création au Palais Garnier en 1983. Un rôle qu’il retrouvera à deux reprises à l’Opéra de Paris : en 1992 dans la nouvelle production de Peter Sellars, puis en 2004 dans la mise en scène de Stanislas Nordey. Son interprétation magistrale demeurera dans nos mémoires, nous saisissant par son intensité et sa force d’incarnation.
Aussi à l’aise dans la comédie que la tragédie, il a marqué chacune de ses apparitions à l’Opéra de Paris par son jeu théâtral accompli et de sa grande présence scénique, sous la direction de grands chefs tels que Sylvain Cambreling, Myung-Whun Chung, Marek Janowski, Alain Lombard ou Thomas Hengelbrock. Son timbre chaleureux, sa ligne vocale pure, sa diction sans faille servaient aussi bien les personnages extravertis comme Escamillo dans Carmen, Méphistophélès (Gounod et Berlioz), Dapertutto (Les Contes d’Hoffmann), Don Quichotte, que des personnages plus intérieurs comme le père d’Alfredo dans La Traviata ou Golaud dans Pelléas et Mélisande.
Pour beaucoup, il restera à jamais le Leporello du film Don Giovanni de Joseph Losey ou encore le Maître de musique du film de Gérard Corbiau, sans oublier sa discographie abondante couvrant répertoire lyrique, mélodie française et lied.
L’Opéra national de Paris adresse ses pensées les plus sincères à sa famille et à ses proches et salue la mémoire de cet artiste humble et généreux à la carrière exemplaire.