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"Une sobriété révélatrice et spectaculaire"

Cavalleria rusticana vu par la presse italienne — Par Carla Bertin

L’une des particularités de la soirée Cavalleria rusticana / Sancta Susanna donnée prochainement à l’Opéra Bastille est que la production de Cavalleria rusticana, qui occupe la première partie de la soirée, existe déjà : Mario Martone l’a montée en 2011 pour la Scala de Milan. L’ouvrage était alors couplé à Pagliacci, alors qu’il sera suivi à Bastille de Sancta Susanna d’Hindemith. À l’époque, nombre de critiques avaient loué la finesse et la virtuosité de la mise en scène du réalisateur italien.

Revue de presse

« On s'attendait à ce que Mario Martone reste dans l’atmosphère du XIXe siècle qui irriguait son film Noi credevamo. On est comblés par son choix de transposer l’action des deux opéras dans un XXe siècle tardif […]. Les mouvements d’ensemble sont éblouissants de naturel, aussi bien lors des festivités estivales de Pagliacci […] que lors des célébrations de Pâques dans « Cavalleria ». Dans ce dernier, […] Martone dispose sur la scène vide les choristes de face ou de dos, assombris à souhait. Ils assistent à une homélie parfaitement reconstituée, semblant à la fois intérieurs et extérieurs au spectacle, campés sur leurs chaises dans l'église. Martone peut compter sur les merveilleuses lumières de Pasquale Mari. »

Michelangelo Zurletti, La Repubblica, 20 janvier 2011

« La mise en scène de Mario Martone, créée en 2011, fait montre d’une sobriété révélatrice et spectaculaire […]. L'écart entre le rituel et le drame individuel si bien représenté sur scène se reflète dans l'orchestre. »

Angelo Folletto, La Repubblica, 19 janvier 2014 

« Habitué à s'exprimer derrière la caméra et par l’écriture, le réalisateur Mario Martone a souvent participé ces derniers temps à des productions lyriques […] Martone a choisi de distinguer les deux spectacles [Cavalleria rusticana et Pagliacci], en faisant de « Cavalleria » une lecture minimaliste, dépouillée de toute fioriture folklorique. Il a attribué aux personnages de ce drame, tout droit sortis de la pièce de Verga, les masques d'une « tragédie humaine », passionnelle et universelle.

Daniela Zacconi, Il Corriere della Sera, 11 janvier 2011 

« Cavalleria rusticana est conçu comme une chorégraphie : sur scène, les mouvements et les objets sont aussi rares que signifiants, nécessaires, essentiels. Seule la lumière crée des espaces : entre autres idées très inspirées, citons l'assimilation de la maison et de l’église, la présence constante du Chœur sur scène et sa position de face ou dos au public pour signifier l’inclusion ou l’exclusion, la tolérance ou la condamnation de l’héroïne. »

Fabio Vittorini, Il Manifesto, 20 juin 2015

« L'intention de Martone est claire : rendre le plus infime possible – presque annuler – la distance qui sépare le public de la scène et créer un continuum entre artistes et spectateurs, entre l'action représentée et l'émotion perçue. Le réalisateur napolitain veut affirmer que le spectacle représenté est la vraie vie, déclinant cet axiome à travers sa vision singulière de ces deux œuvres majeures du vérisme musical. Martone, installe, allonge, étire la scène, l'accrochant au parterre pour atteindre son but. […] Son « Cavalleria » est caractérisé par un immobilisme presque sacré. Ici, tout est statique, obéissant à une géométrie parfaite et dense de significations. »

Andrea Dellabianca, gbopera.it, 1er février 2011

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