Rencontres

Tradition et création

Rencontre avec Sébastien Bertaud — Par Solène Souriau

Sébastien Bertaud, Bruno Bouché, Simon Valastro et Nicolas Paul, danseurs à l’Opéra, proposent leurs créations pour les interprètes de la Compagnie sur la scène du Palais Garnier. L'occasion de s'interroger sur le métier de chorégraphe mais surtout de révéler au public quatre personnalités, quatre danseurs d'aujourd'hui et chorégraphes de demain.


Votre pièce a pour titre Renaissance. Dans quel sens l’entendez-vous ?

J’ai été formé à l’École de Danse de l’Opéra et je porte en moi cet héritage immatériel. Après avoir travaillé avec beaucoup de chorégraphes contemporains ces dernières années, je ressens la nécessité de revenir aux sources de ma pratique. Avec Renaissance, je cherche à faire renaître une tradition en l’inscrivant dans notre époque.


Quel style avez-vous privilégié ?

J’ai voulu créer un ballet classique d’aujourd’hui, en proposant une pièce actuelle qui met en valeur les compétences spécifiques des danseurs du Ballet de l’Opéra. J’ai également souhaité faire revivre une certaine forme de virtuosité visuelle que je retrouve dans notre histoire, de Louis XIV à nos jours, de Versailles à l’Opéra Garnier.


Pourquoi avoir choisi cette partition de Mendelssohn ?

J’ai choisi le Concerto pour violon de Mendelssohn pour sa finesse et son élégance. De plus, la virtuosité du violon, instrument à l’honneur, fait écho au travail des danseuses sur pointes.


Vous faites appel à Olivier Rousteing pour les costumes. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

La mode et la danse ont souvent entretenu des relations privilégiées. Pierre Balmain a habillé beaucoup de danseuses des années cinquante et a notamment collaboré avec Serge Lifar. Le style d’Olivier Rousteing, qui dirige aujourd’hui la maison Balmain, correspond à notre époque et se situe dans cette lignée d’audace et de raffinement.


Bouché, Nicolas Paul, Sébastien Bertaud, Simon Valastro à la Rotonde Zambelli, Palais Garnier
Bouché, Nicolas Paul, Sébastien Bertaud, Simon Valastro à la Rotonde Zambelli, Palais Garnier © Julien Benhamou / OnP

Où se situe cette pièce dans votre parcours de chorégraphe ?

Renaissance est certainement l’aboutissement d’un cycle. Pour la première fois, je crée une pièce de groupe pour des danseurs avec qui je partage la scène du Palais Garnier depuis dix-sept ans.


Selon vous, où s’arrête le travail de danseur et où commence celui de chorégraphe ?

Je me sens autant danseur que chorégraphe. Mon travail de chorégraphe se situe en continuité avec celui de danseur et je ne l’envisage en aucun cas comme une reconversion. Cette année à l’Académie en parallèle à ma saison de danseur m’a permis de me dépasser.

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