Coulisses

Play : Alexander Ekman chorégraphie le jeu

Reportage photographique — Par Nicolas Doutey et Ann Ray

Invité pour la première fois à investir la scène du Palais Garnier, le chorégraphe Alexander Ekman vit dans un rêve. Celui de créer avec les danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris. Afin de les plonger dans l’univers de sa pièce, il les a invités à jouer. La danse n’est-elle pas aussi divertissement, amusement, pratique, exercice et manipulation ? Ici le jeu est partout et tout le temps. Des objets-accessoires aux éléments de décors. Car jouer rend heureux, scande le chorégraphe, et qu’il ne faut jamais s’arrêter d’être un enfant. En studios Massenet et Balanchine, la photographe Anne Deniau s’est arrêtée sur quelques accessoires emblématiques de cette création tandis que le dramaturge Nicolas Doutey s’interroge sur ces nouvelles compositions visuelles.    


© Ann Ray / OnP
Composition avec homme sur cube, portes, projecteur et balle jaune. Parmi tous les aspects qu’il travaille, Alexander Ekman est très attentif aux compositions visuelles de Play – parfois, le hasard d’une répétition (comme ici) offre lui aussi des perspectives de composition.    
© Ann Ray / OnP

« Disons qu’on est comme des scientifiques, qu’on élabore des expériences de jeu en laboratoire. » Voilà le laboratoire, salle Massenet, au sixième sous-sol de l’Opéra Bastille, le carnet et la bouteille d’eau sont des accessoires essentiels. Alexander y mène le travail depuis sa chaise, mais souvent aussi sur le plateau : le jeu donne envie de jouer, c’est un laboratoire où on a envie d’être dans le tube à essai.

© Ann Ray / OnP

Des ballons de différentes tailles et couleurs, des cordes à sauter, une cage sur roulettes. Si là celle-ci sert à ranger ceux-là, c’est qu’on est en coulisses : sur le plateau, tout est matière à jouer, avec ou sans ballons.

© Ann Ray / OnP

« Essayez de trouver l’honnêteté dans le jeu », dit souvent Alexander en répétition. On ne peut pas faire semblant de jouer : dans ces cas-là, on ne joue pas. C’est sans doute pour ça qu’il a souhaité se donner le temps de l’expérimentation et de la recherche avec les danseurs, pendant trois mois de répétition : pour trouver avec chacun cet endroit particulier du jeu. Il y a une maquette, il y a des structures, il y a des lignes, mais le jeu est chaque fois singulier. 

© Ann Ray / OnP

Les mains sont sur le qui-vive, certaines le laissent sentir plus que d’autres, chacune a sa manière. Les pieds aussi, bien installés dans leurs baskets, comme des rampes de lancement. Quand on s’assied, dans Play, l’appel du jeu n’est jamais loin, on risque de bondir à tout instant.

© Ann Ray / OnP

Les quarante mille balles en plastique qui forment la « piscine » de la deuxième salle de répétition, la salle Balanchine, ont ceci d’attirant que, quel que soit le mouvement qu’on fait parmi elles, il y en a toujours quelques-unes qui se mettent à voler. Chaque appui a son contrepoint dans l’air.

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