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Coulisses

Les décors des Puritains

Un spectacle, un souvenir — Par Lionel Morin et Irina Flament

Les Puritains, mis en scène par Laurent Pelly, sont entrés au répertoire de l’Opéra national de Paris en 2013. Les décors, imaginés par Chantal Thomas, utilisent un treillage gris en acier dont les lignes et les arêtes symbolisent le château dans lequel se tient l’action.
À l’occasion de la reprise de cette production, rencontre avec Lionel Morin, chef du service machinerie Bastille, qui revient sur le montage de ce décor particulier.

« Stocké dans 11 containers, le décor des Puritains est composé d’environ 1000 pièces, pour un poids total de 34 tonnes. Sur le plateau ou au niveau -6, nous utilisons diverses techniques de montage. Pour cette production en particulier, certains éléments sont mis à plat afin de les boulonner, puis à l’aide de moyens de levage, les machinistes les relèvent pour les mettre debout sur leurs semelles. Pour d’autres éléments, nous commençons par la base de la structure, puis les murs et le toit, exactement comme pour la construction d’une maison. Certains éléments du décor sont très lourds et dépassent 80 kilos. Il s’agit d’être très vigilant alors à ce que les machinistes ne pâtissent pas de cet excédent de poids. À l’acte I, le décor est posé en permanence sur la tournette. Les éléments doivent avoir une parfaite adhérence au sol. Ces mêmes éléments sont ensuite déplacés indépendamment grâce à un dispositif que nous appelons « roue pshitt » : des bouteilles d’air vont gonfler des coussinets qui permettent de soulever la semelle du décor, de le faire rouler et de le déposer à l’endroit souhaité une fois les coussinets dégonflés.
Sur les 1000 pièces qui constituent ce décor, 500 appartiennent exclusivement à cette production et 500 sont dites « de répertoire » : la tournette, de 19 mètres de diamètre, est également utilisée pour les productions de Rigoletto et Simon Boccanegra, par exemple. Nous avons mis presque 5 semaines à monter ce décor. Un peu plus que la moyenne qui excède rarement trois semaines. Mais pour Les Puritains, il y a beaucoup de petits éléments, très fins, qui nécessitent de souder des écrous à l’intérieur des tubes pour les fixer ensemble. Au final, les décors font 10 mètres de haut.
Personnellement, ce décor me plaît. En 2013, lors de l’entrée au répertoire de cette production, je venais tout juste d’être nommé chef de service. J’ai assisté aux premières répétitions mais n’ai, en revanche, pas participé à la création du spectacle en amont. Présent lors du montage et de la mise en place sur le plateau, cela a néanmoins été pour moi un excellent moment pour ma prise de fonction.

Et d’un point de vue technique, il est réussi ! Il ne demande pas plus de 400 m2 de stockage, le nombre d’éléments aux cintres n’excède pas une dizaine ou une douzaine d’équipements d’équipements (porteuses). L’Opéra étant un théâtre d’alternance, l’espace de stockage est important et doit être respecté au maximum pour la bonne marche du théâtre. En deux heures, il faut que nous puissions faire la mise d’un autre spectacle pour justement respecter cette alternance.

Le temps, l’espace, c’est essentiel ! Et le décor des Puritains s’y prête parfaitement ! »

© Christophe Pelé / OnP

Propos recueillis par Irina Flament

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