Regards

Le théâtre de lumière de Bob Wilson

Rétrospective en images de son travail à l’Opéra national de Paris — Par Octave

Là où certains ont pour langue la musique, d’autres le corps, l’homme de théâtre et plasticien Robert Wilson s’exprime par la lumière. Matière centrale de son travail, elle est l’élément structurant de l’espace scénique et l’expression à la fois poétique et symbolique des œuvres qu’il met en scène. Fortement influencé par le théâtre nô japonais, Bob Wilson a développé un langage corporel très codifié, où la gestuelle est réduite aux plus simples moyens. Une épure du mouvement filée dans la schématisation des éléments de décor, qui eux-mêmes contribuent à l’esthétique singulière de cet homme touche-à-tout.

Fidèle collaborateur de l’Opéra de Paris, sa première venue dans notre institution remonte à 1984, lorsqu’il met en scène et réalise les décors de Medea, opéra de Gavin Bryars d’après Euripide. Quatre ans plus tard, il conçoit la scénographie du ballet Le Martyre de Saint Sébastien dont il signe la chorégraphie aux côtés de Suzushi Hanayagi et Pierre Darde. À l’orée des années quatre-vingt-dix, qui seront marquées par une série de nouvelles productions (La Flûte enchantée en 1991, Madame Butterfly en 1993, Pelléas et Mélisande en 1997 et, en 1999, une version revisitée de « La Flûte » avec notamment de nouveaux costumes), c’est à lui que l’on confie la réalisation de La Nuit d’avant le jour, spectacle inaugural de l’Opéra Bastille, le 13 juillet 1989, pour lequel il écrit une dramaturgie à partir d’extraits du grand répertoire lyrique français. À ces spectacles devenus emblématiques, s’ajoutent La Femme sans ombre (2002), The Temptation of Saint Anthony de Bernice Johnson Reagon et plus récemment, en 2014, Le Couronnement de Poppée.

C’est sa mythique production de Pelléas et Mélisande de Debussy que l’Opéra reprogramme cette saison, avec dans les rôles-titres Étienne Dupuis et Elena Tsallagova, sous la direction experte de Philippe Jordan.

« Tous les gestes des personnages ont une numérotation, tous les rythmes des lumières et des actions sont calculés à la seconde près, comme dans une partition où convergent lumière, son et action. » Robert Wilson

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