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Rencontres

Comme dans un rêve

Rencontre avec Simon Valastro — Par Solène Souriau

Sébastien Bertaud, Bruno Bouché, Simon Valastro et Nicolas Paul, danseurs à l’Opéra, proposent leurs créations pour les interprètes de la Compagnie sur la scène du Palais Garnier. L'occasion de s'interroger sur le métier de chorégraphe mais surtout de révéler au public quatre personnalités, quatre danseurs d'aujourd'hui et chorégraphes de demain.


La Petite Fille aux allumettes est un conte souvent revisité. Pourquoi avoir choisi la version de David Lang, The Little Match Girl Passion ?

J’ai découvert la pièce de David Lang en 2008. Le conte, par la force des thèmes qu’il dévoile, m’a toujours intéressé et la manière dont David Lang décale le récit en opérant un parallélisme entre l’histoire de la petite fille et la Passion du Christ m’a paru pertinente. La pièce emprunte à l’oratorio en alternant récitatif et air. Quinze séquences structurent l’œuvre : les récitatifs sont composés du texte en anglais du fameux conte d’Andersen. Les airs, eux, reprennent souvent des citations de l’Évangile.

 

Quatre chanteurs et deux percussionnistes accompagnent les danseurs. Comment avez-vous partagé l’espace ?

Dans la version originale, les percussions sont confiées aux chanteurs. Seulement, pour leur donner plus de liberté de mouvement sur scène, j’ai préféré confier les deux instruments à des percussionnistes qui sont, eux, dans la fosse. J’ai choisi de répéter séparément. Les chanteurs et les danseurs partagent la scène mais évoluent dans deux espaces bien distincts.


Quelles ont été vos différentes inspirations ?

Je me suis beaucoup inspiré de Lars von Trier et de David Lynch pour la conception de l’image. J’ai souhaité m’éloigner de la narration et évoquer les éléments du conte (le froid, la neige, les allumettes, le sapin de Noël) de manière disparate, un peu comme dans un rêve étrange ou un délire dû à l’hypothermie. Je me suis également inspiré d’une iconographie religieuse : les positions et gestuelles qui rappellent le culte religieux aussi bien dans les peintures de la Renaissance que dans des sculptures plus contemporaines.


Bruno Bouché, Nicolas Paul, Sébastien Bertaud, Simon Valastro à la Rotonde Zambelli, Palais Garnier
Bruno Bouché, Nicolas Paul, Sébastien Bertaud, Simon Valastro à la Rotonde Zambelli, Palais Garnier © Julien Benhamou / OnP

Quels ont été vos différents enjeux pour cette création ?

La scène du Palais Garnier est un plateau ancien très bien équipé que j’ai voulu exploiter au maximum. Elle est la mémoire de tous les spectacles qu’elle accueille et permet des effets spéciaux intéressants. Je me suis également contraint à augmenter le nombre de danseurs pour occuper cette grande scène.


Comment devenir chorégraphe au sein du Ballet de l’Opéra de Paris ?

J’ai toujours porté en moi cette envie de chorégraphier mais ce n’est que récemment qu’elle s’est concrétisée. Être uniquement concentré sur sa carrière de danseur peut être un frein à la création. Aujourd’hui, je suis dans une recherche de langage que j’aimerais développer, étoffer au fur à mesure. C’est quelque chose qui prend du temps, qui évolue.

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