À lire avant le spectacle
Le compositeur
Giacomo Puccini. Né en 1858 à Lucques, mort en 1924 à Bruxelles. Issu d'une famille d'organistes lucquois (son père était un théoricien et un professeur célèbre), Puccini fit ses études au conservatoire de Milan, sous la direction, entre autres, de Ponchielli. Il est l'auteur d'une dizaine d'opéras, dont la plupart sont devenus des piliers du répertoire lyrique (Manon Lescaut, La Bohème, Tosca, Madame Butterfly, La Fanciulla del West, Il Trittico) et de quelques oeuvres religieuses (Salve regina, Messa di Gloria). Considéré comme un des principaux représentants du mouvement vériste, qui était un prolongement du naturalisme en littérature, Puccini s'en démarque par le raffinement de son écriture musicale et le rejet de la brutalité qui caractérise bien souvent ce mouvement.
L’œuvre
Le 24 novembre 1887, au Théâtre de la Porte Saint-Martin, eut lieu la création de La Tosca, pièce en cinq actes et six tableaux de Victorien Sardou. Sarah Bernhardt interprétait le rôle-titre. Aux 127 représentations parisiennes, succède une tournée qui, en 1889, conduit Sarah Bernhardt à Milan. Puccini est dans la salle. Bien qu’il ne connaisse que quelques mots de français, il saisit l’essentiel de l’action. Sa facilité à comprendre l’intrigue est pour lui la preuve que le sujet est bon et il demande alors à son éditeur Giulio Ricordi de se renseigner sur les droits d’adaptation musicale. On comprend que Puccini ait été séduit par ce drame dont jamais l’intérêt ne faiblit. Comme l’écrit Mosco Carner, le biographe de Puccini, cette œuvre est «une affaire de sexe, sadisme, religion et art, mélangés de main de maître, et tout ce plat est servi sur le plateau d’un événement historique capital!» (la victoire de Napoléon sur les troupes autrichiennes à Marengo). Giacosa et Illica, les librettistes de La Bohème, ont resserré l’action en trois actes, en éliminant nombre de personnages secondaires.
La création
Tosca a été créé au Teatro Costanzi de Rome, le 14 janvier 1900. La première représentation parisienne a eu lieu à l'Opéra-Comique le 13 octobre 1903.
L'œuvre à l'Opéra de Paris
La première représentation à l'Opéra de Paris eut lieu en 1925 pour une unique soirée de gala. Tosca fut ensuite représenté à l’occasion d’une tournée de l'Opéra de Vienne en 1928 avec Maria Jeritza. Au cours d'un gala télévisé le 19 décembre 1958, Maria Callas chanta le deuxième acte avec Tito Gobbi. Tosca entre au répertoire de l'Opéra de Paris dans son intégralité le 10 juin 1960 avec Renata Tebaldi, Albert Lance, Gabriel Bacquier, sous la direction de Georges Prêtre. Régine Crespin et Franco Corelli participent aux reprises en 1962 et 1964. Le 19 février 1965, une nouvelle mise en scène de Franco Zeffirelli réunit Maria Callas, Renato Cioni et Tito Gobbi. En 1974, une mise en scène de Günther Rennert réunit, sous la direction musicale de Sir Chales Mackerras, Arlène Saunders/Oriana Santunione et Placido Domingo/Carlo Cossutta. En 1982, 1984 et 1985, la production de Jean-Claude Auvray et Jean-Paul Chambas réunit en alternance Kiri Te Kanawa, Maria Slatinaru, Gwyneth Jones, Hildegard Behrens, Raina Kabaivanska (Tosca), Ernesto Veronelli, Luciano Pavarotti, Giacomo Aragall (Cavaradossi), Gabriel Bacquier, Ingvar Wixell, Sherrill Milnes (Scarpia). En mai 1994, l'Opéra Bastille présente une nouvelle mise en scène de Werner Schrœter, avec, en alternance, Carol Vaness / Galina Kalinina, Placido Domingo / Giacomo Aragall / Neil Rosenshein / Sergei Larin et Jean-Philippe Lafont. C’est cette production, dans laquelle on a pu également entendre dans le rôle-titre, au cours des dernières saisons, Galina Gorchakova, Maria Guleghina, Fiorenza Cedolins, Anna Shafajinskaia, Catherine Naglestad et Sylvie Valayre, qui est de nouveau à l’affiche.
Argument
Rome, en juin 1800.
Acte I - L'église Sant'Andrea della Valle. Cesare Angelotti, ancien Consul de la République de Rome, s'est échappé du château Saint-Ange où il était détenu pour des raisons politiques. Il se réfugie dans l'église où sa sœur, la marquise Attavanti, a dissimulé des vêtements féminins dans la chapelle familiale pour lui permettre de s'enfuir. Le peintre Mario Cavaradossi vient achever un portrait de Madone à laquelle il a donné les traits d'une inconnue aperçue dans l'église, en fait la marquise Attavanti. Angelotti sort de sa cachette. Mario, sympathisant des idées républicaines, fait le serment de l'aider à s'enfuir. L'arrivée de Floria Tosca, célèbre cantatrice et maîtresse de Cavaradossi, oblige Angelotti à se cacher à nouveau. Floria reconnaît dans le portrait peint par Cavaradossi les traits de la marquise Attavanti et laisse éclater sa jalousie. Mario parvient à grand peine à la calmer. Après le départ de Tosca, Mario propose à Angelotti de le cacher dans le jardin de sa villa. Un coup de canon, tiré du château Saint-Ange, signale que l'évasion a été découverte. Les deux hommes quittent l'église en hâte. Le bruit court que Bonaparte a été vaincu à Marengo par les armées autrichiennes. Le sacristain fait répéter un Te Deum pour célébrer la nouvelle. Accompagné de ses sbires Spoletta et Sciarrone, le baron Scarpia, chef de la police, fait irruption dans l'église, où il est persuadé de trouver Angelotti. Floria Tosca, en proie au doute, est revenue sur ses pas. Scarpia excite sa jalousie en lui montrant l'éventail de la marquise Attavanti, abandonné par Angelotti lors de sa fuite. Tosca, persuadée que Mario la trompe, décide d'aller le surprendre dans sa villa. Il ne reste à Scarpia qu'à la faire suivre pour connaître la cachette d'Angelotti. Tandis que retentissent les accents du Te Deum, Scarpia, plongé dans une méditation sensuelle, rêve de soumettre Tosca à sa volonté de possession.
Acte II - Le Palais Farnèse. Scarpia dîne seul, en attendant l'arrivée de Tosca, à qui il a fait parvenir un billet la priant de lui rendre visite. Spoletta annonce qu'il n'a pas trouvé Angelotti à la villa mais qu'il a arrêté Cavaradossi. Questionné par Scarpia, Mario nie toute participation à l'évasion d'Angelotti. Tosca paraît. Scarpia ordonne que l'on conduise Mario à la chambre de torture. Tosca ne peut supporter d'entendre les plaintes de son amant et révèle la cachette d'Angelotti, qu'elle a découverte lorsqu'elle s'est rendue à la villa. Sciarrone fait irruption et annonce au baron que Bonaparte a finalement gagné la bataille de Marengo. Mario exulte et Scarpia, furieux, prononce sa condamnation à mort. Tosca supplie Scarpia de lui accorder la grâce de Mario. Il feint d'accepter, à la condition qu'elle se donne à lui sur le champ. Il lui fait croire que l'exécution de Mario sera simulée. Malgré sa répulsion, Tosca cède. Auparavant, elle exige un sauf-conduit lui permettant de quitter Rome avec Mario. Scarpia rédige le document mais, alors qu'il s'approche de Tosca, elle le poignarde.
Acte III - La plate-forme du château Saint-Ange. L'aube se lève sur Rome. L'heure de l'exécution approche. Mario demande l'autorisation d'écrire une dernière fois à Tosca, mais, face à la feuille de papier, il est incapable d'écrire un mot ; il se rappelle leur bonheur passé. Tosca survient et lui raconte comment elle s'est procuré le sauf-conduit. L'exécution aura bien lieu mais les fusils seront chargés à blanc : il devra simuler la mort. Mais Scarpia avait trompé Tosca : c'est un ordre d'exécution réel qu'il a donné et Mario s'effondre sous les balles, mort. L'assassinat de Scarpia a été découvert ; Spoletta et Sciarrone se précipitent pour arrêter Tosca mais elle se jette dans le vide du haut du parapet.









