Présentation
Voici qu’enfin se penche le crépuscule. Dès L’Or du Rhin, il nous a été annoncé, presque promis, et nous l’attendions avec impatience. Tout l’univers du « Ring », solidement bâti au cours des premières journées, le Burg flamboyant, le dieu splendide et ivre d’abîme, le radieux fils des Wälsung, l’amour de la Walkyrie, tout semblait n’avoir été créé que pour cet instant fatal et envoûtant, l’engloutissement de toute chose. Le Crépuscule des dieux est peut-être l’opéra le plus monumental de l’histoire de la musique : plus le monde du « Ring » paraît s’engouffrer, plus le temps s’étire et se suspend, et nous le donne à contempler dans son lent et tragique enlisement. Wagner fait de ce naufrage trois longs actes d’une seule coulée, couronnés par l’immolation de la Walkyrie, le bûcher flamboyant où l’ancien monde se consume et d’où naît l’humanité nouvelle.










