Julien Benhamou / OnP

Dates / Prix

Opéra Bastille - Première le 22 janvier 2015 - 19h30

Tarifs : 5€, 15€, 30€, 50€, 70€, 90€, 115€, 140€, 150€
9 fév 5€, 15€, 24€, 40€, 56€, 72€, 92€, 112€, 120€

Durée : 2H38 avec un entracte

janvier 2015
lun
mar
mer
jeu
ven
sam
dim
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
23
24
25
26
28
29
30
février 2015
lun
mar
mer
jeu
ven
sam
dim
1
2
3
4
5
7
8
10
11
13
14
15
16
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28

Fermer


Ariane à Naxos
STRAUSS
Présentation
À lire avant le spectacle
ARIADNE AUF NAXOS
OPÉRA EN UN ACTE ET UN PROLOGUE (1916)
MUSIQUE DE RICHARD STRAUSS (1864-1949)
LIVRET DE HUGO VON HOFMANNSTHAL
En langue allemande
« La musique est un art sacré, qui réunit les audaces les plus folles, tel Chérubin sur un trône étincelant ! » Telle est la profession de foi que lance à tue-tête le Compositeur à la fin du prologue d’Ariane à Naxos. De l’audace, en effet, le chef-d’oeuvre de Strauss et Hofmannsthal n’en manque pas : il se présente en un vaste prologue, nous montrant les coulisses de la création, et un opéra en un acte où se mêlent avec une liberté grisante le sérieux et le bouffe… Plus que l’illustration du mélange des genres, Ariane à Naxos en est le radieux manifeste. Exposant leur art poétique, Hofmannsthal et Strauss nous donnent en même temps quelques personnages inoubliables : le Compositeur juvénile, idéaliste, amoureux, frère de Mozart et Wagner à la fois ; la lumineuse Zerbinetta, avec ses coloratures insensées nées d’un rire en cascade ; enfin la noble Ariane, personnage de tragédie lyrique chantant aux étoiles, mais que le prologue nous montre dans ses habits moins flatteurs mais si drôles de diva capricieuse. Le monde est un succulent désordre que l’art se charge de remettre en ordre, mais dont il ne peut et ne veut lisser les aspérités et les irréductibles contradictions.
Un des sommets de l’opéra du xxe siècle et le retour attendu de Karita Mattila à l’Opéra de Paris.
Michael Schønwandt Direction musicale
Laurent Pelly Mise en scène et costumes
Chantal Thomas Décors
Joël Adam Lumières
Agathe Melinand Dramaturgie et collaboration à la mise en scène
ArtisteNoteRôle
Franz Grundheber
Der Haushofmeister
Martin Gantner
Ein Musiklehrer
Sophie Koch
Der Komponist
Klaus Florian Vogt
Der Tenor (Bacchus)
Kevin Amiel
Ein Offizier
Dietmar Kerschbaum
Ein Tanzmeister
Piotr Kumon
Ein Perückenmacher
Ugo Rabec
Ein Lakai
Daniela Fally
Zerbinetta
Karita Mattila
Primadonna (Ariadne)
Olga Seliverstova
Najade
Agata Schmidt
Dryade
Ruzan Mantashyan
Echo
Edwin Crossley-Mercer
Harlekin
Oleksiy Palchykov
Scaramuccio
Andriy Gnatiuk
Truffaldino
Cyrille Dubois
Brighella
Orchestre de l’Opéra national de Paris

le compositeur

Richard Strauss (né à Munich en 1864, mort à Garmisch-Partenkirchen en 1949).

Ses premiers opéras, Guntram et Feuersnot, sont très influencés par la musique de Wagner. Salomé, en 1905, d’après la pièce d’Oscar Wilde, lui apporte une célébrité autant due au caractère novateur de la musique qu’à l’aspect sulfureux du sujet. Elektra, en 1909, marque le début d'une longue collaboration avec le poète autrichien Hugo von Hofmannsthal. Avec Le Chevalier à la rose (1911), Strauss revient à la tradition viennoise de l'opéra de caractère. Suivent Ariane à Naxos (1912), La Femme sans ombre (1919), Intermezzo (1924), Hélène d'Egypte (1928), Arabella (1933), La Femme silencieuse (1935), Friedenstag (1938), Daphné (1938), L'Amour de Danaé (1938-1940), Capriccio (1942).

Quelques mois avant sa mort, il compose les Quatre derniers Lieder pour soprano et orchestre.

l’œuvre

Conçu pour rendre hommage au double talent, dans le domaine du théâtre et dans celui de l’opéra, de Max Reinhardt, qui avait mis en scène Le Chevalier à la rose à Dresde, Ariane à Naxos était initialement rattaché à une représentation du Bourgeois gentilhomme de Molière, avec, entre les deux, un intermezzo chanté qui montrait l’envers du décor et les préparatifs du divertissement joué après le dîner devant M. Jourdain. Mais cette première version, jugée trop longue, n’obtint pas de succès et les auteurs décidèrent de se séparer de la pièce de Molière et de développer l’intermezzo en un prologue dans lequel le rôle du Compositeur prenait davantage d’importance. Cette seconde version d’Ariane à Naxos est une variation sur le « théâtre dans le théâtre », où des figures de la commedia dell’arte (éléments buffa) se mêlent à des figures mythologiques, au sein d’un « opera seria ». Deux concepts y sont opposés – ce qui est éternel et ce qui est éphémère – à travers deux attitudes face à l’amour. Zerbinette, le personnage bouffe, n’en est pas à son premier amant, tandis qu’Ariane est fidèle à son seul amour. Et cet opéra baroque est précédé d’une comédie qui traite de problèmes autrement plus matériels : la vie des artistes vue des coulisses et le désespoir du Compositeur de voir son grand œuvre compromis par l’intrusion des comédiens italiens.

Sur le plan musical, Strauss fait un retour à l’opéra à numéros dans le goût du XVIIIe siècle, avec alternance de récitatifs secs ou accompagnés, d’airs, d’ensembles avec des envolées lyriques et de larges chants héroïques, parfois parodiques. L’esprit d’Ariane est celui des opéras de Haydn, le charme et l’élégance sont de Mozart, alors que l’ensemble est du compositeur lui-même. Renonçant à l’immense orchestre du Chevalier à la rose, il emploie pour la première fois un effectif de chambre d’environ trente-cinq musiciens. Mais il parvient, à la fin de l’ouvrage, pour l’arrivée de Bacchus, à faire sonner sa formation comme s’il y avait une centaine d’instrumentistes, démontrant ainsi que la puissance n’est pas synonyme de nombre.

la création

La seconde version d’Ariane à Naxos a été créée le 20 juin 1916 au Hofoper de Vienne.

l'œuvre a l'opéra de paris

Ariane à Naxos a été représenté pour la première fois à l’Opéra-Comique en 1943, avec Germaine Lubin (Ariane) et Janine Micheau (Zerbinette), sous la direction de Roger Désormière, et reprise en 1950 dans une mise en scène de Rodolphe Hartmann et sous la direction de George Sebastian. En 1983, dans ce même théâtre, Jean-Louis Martinoty en proposait une nouvelle mise en scène, dirigée par Jeffrey Tate (décors de Hans Schavernoch, costumes de Lore Haas), avec Hélène Garetti (Ariane) et Ruth Welting (Zerbinette). Cette production a été reprise en 1986, avec Montserrat Caballe dans le rôle d’Ariane. En 2003, l’œuvre fait son entrée au Palais Garnier dans une mise en scène de Laurent Pelly (qui signait aussi les costumes), avec Katarina Dalayman (Ariane), Sophie Koch (le Compositeur), Natalie Dessay (Zerbinette), sous la direction musicale de Pinchas Steinberg. C’est cette production, reprise en 2004 et 2010 à l’Opéra Bastille, qui est de nouveau à l’affiche cette saison.

argument

Prologue

Nous sommes dans la maison de l’homme le plus riche de Vienne, un aristocrate qui donne une grande soirée de gala. Comme il n’y a pas de soirée réussie sans spectacle, tout comme Monsieur Jourdain donnait la turquerie, le maître des lieux a commandé un opéra, le premier d’un jeune compositeur, un « opera seria » : Ariane à Naxos . Mauvaise nouvelle pour le maître de musique : le riche mécène, craignant l’ennui, a décidé de faire suivre l’ « opera seria » d’une pantomime à l’italienne où Zerbinette et ses quatre amants divertiront l’assemblée avant le feu d’artifice. Le maître de musique désapprouve l’association des deux genres. Mais le majordome, d’une voix froide,  coupe court à ses réclamations. « C’est à mon maître seul de décider,  vous êtes payés ». Entre le jeune compositeur qui cherche à faire répéter encore une fois chanteurs et instrumentistes, mais personne n’est disponible. Les musiciens jouent pour  agrémenter le dîner,  quant  aux  chanteurs,  ils  se  préparent dans l’hystérie. Zerbinette prend quand même le temps de recevoir un officier et s’inquiète de l’ennui qu’il faudra réveiller après une heure d’opéra.

Le compositeur croit mourir en apprenant le nouveau programme de la soirée. Son œuvre salie par de la comédie ! Le ténor et la prima donna méprisent les pantomimes, les Italiens disent tout haut que l’opéra les ennuie. Mais le dîner se finit, il va falloir entrer en scène, s’exécuter, exécuter les ordres du « gracieux maître »... qui a changé d’avis. Plutôt que de scinder les genres, la comédie à l’italienne s’imbriquera dans l’opéra seria. Le compositeur pense à se tuer, les chanteurs s’indignent, mais tous doivent se résigner.

On raconte l’histoire de l’opéra à Zerbinette qui n’en revient pas. Une femme qui n’oublie pas, ça n’existe pas « tatata ». Elle le dit tendrement au compositeur. Le jeune homme est séduit, mais le temps presse car le rideau va se lever. Les Italiens costumés traversent la scène, les nymphes, Ariane et Bacchus sont appelés sur le plateau, le compositeur, désespéré, s’enfuit. Pour ne pas voir ça.

Opéra

Sur le plateau, une grotte, le rocher d’Ariane, sur l’île de Naxos. Abandonnée, jetée du bateau de Thésée, la Princesse est allongée, elle dort, elle pleure, elle gémit. Trois nymphes, Naïade, Dryade, Echo, veillent sur son sommeil... depuis tant de jours. Ariane s’éveille, elle qui se croyait morte, elle vit encore. Hélas ! Encore...

Des comédiens italiens, égarés sur cette île de tragédie, plaignent la pauvre abandonnée, si jeune, si belle, si triste. Mais Ariane ne les voit pas, toute à sa peine, elle se plaint... Thésée ! Elle n’attend que la mort... Thésée !

Arlequin tente une petite chanson qu’Ariane n’entend pas. D’ailleurs, elle ne lève même pas la tête, toute à son rêve, à ses songes sombres, toute à l’extase de son malheur. Scaramouche, Arlequin, Brighella et Truffaldin prennent le devant de la scène, essayant gentiment de divertir Ariane qui ferme ses yeux, qui n’aime ni l’air ni la chanson. Zerbinette les renvoie et parle à la princesse des hommes qu’elle ne maudit pas, du sentiment confus de liberté que donnent toutes les infidélités. La princesse, comme la statue de sa propre tombe n’écoute pas, elle s’éloigne, elle s’en va.

La scène est maintenant toute aux Italiens qui jouent leur comédie, comédie du plaisir, chassé-croisé obscène et galant. Ils sortent enivrés de sensualité tandis que les trois nymphes annoncent l’arrivée du dieu. C’est un jeune dieu, c’est un adolescent charmant,  Bacchus, échappé des bras de Circé. Les nymphes réveillent Ariane. Quand elle voit le dieu, elle le prend pour la mort, elle le prend pour Thésée.

Tout s’éloigne, le soleil, les étoiles, le monde qui pesait sur la poitrine. Dans le miracle final, tout devient léger, Ariane est transformée et transforme le dieu. Dans le mystère final, tout s’efface et tout se construit, le chagrin devient volupté. Pour l’éternité.

 

 

Dans les formules d'abonnement

A la carte :

5 spectacles choisis dans l'ensemble de la programmation