Agathe Poupeney / OnP

Dates / Prix

S'abonnerRéserverEn vente à l'unité dès le 12/01/2015

Palais Garnier - Première le 16 juin 2015 - 19h30

Tarifs : 10€, 25€, 45€, 70€, 120€, 190€, 210€
20 juin 10€, 25€, 49€, 77€, 132€, 209€, 231€

Durée : 2H44 avec un entracte

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Alceste
GLUCK
S'abonnerRéserverEn vente à l'unité dès le 12/01/2015
Présentation
À lire avant le spectacle
TRAGÉDIE LYRIQUE EN TROIS ACTES (1776)
MUSIQUE DE CHRISTOPH WILLIBALD GLUCK (1714-1787)
LIVRET DE FRANÇOIS-LOUIS GAND LE BLAND
DU ROULLET D’APRÈS RANIERI DE CALZABIGI
En langue française
Simplicité, vérité et naturel, voilà quels sont selon Gluck les éternels attributs de la beauté et le but suprême qu’il se fixa. « Alceste ne doit pas plaire seulement à présent et dans sa nouveauté. Il n’y a point de temps pour elle. J’affirme qu’elle plaira également dans deux cents ans, si la langue française ne change point, et la raison est que j’en ai posé tous les fondements sur la nature, qui n’est point soumise à la mode. » En quelque sorte, pour défendre son oeuvre, Gluck n’en appelle pas à ses splendeurs musicales, mais à son emploi très particulier de la langue. C’est à l’éternité de son essence que Gluck confie la pérennité de son oeuvre : la langue de François du Roullet, librettiste de l’Alceste française, n’était pas davantage une langue courante au xviiie siècle qu’elle ne l’est aujourd’hui, elle est une langue idéale. Tout en s’incarnant, en trouvant sa réalité dans ses accents et accidents, la langue d’Alceste se déploie en même temps en un intemporel et prodigieux cérémonial.
Véronique Gens reprend ce rôle unique sous la direction de Marc Minkowski et dans la production d’Olivier Py.
Marc Minkowski Direction musicale
Sébastien Rouland (20, 23, 25 juin) Direction musicale
Olivier Py Mise en scène
Pierre-André Weitz Décors et costumes
Bertrand Killy Lumières
ArtisteNoteRôle
Stanislas de Barbeyrac
Admète
Véronique Gens
Alceste
Stéphane Degout
Le Grand Prêtre d’Apollon
Manuel Nuñez Camelino
Evandre, Coryphée ténor
Tomislav Lavoie
Un Hérault d’armes, Apollon, Coryphée basse
Franck Ferrari
Hercule
Chiara Skerath
Coryphée soprano
Kevin Amiel
Coryphée alto
François Lis
L’Oracle, Une Divinité infernale
Choeur et Orchestre des Musiciens du Louvre Grenoble

Le compositeur

Né en 1714 à Erasbach (Haute-Franconie), Christoph Willibald Gluck, fils d'un garde-chasse, s'enfuit de la maison familiale, son père étant hostile à sa vocation musicale. Il gagne d'abord sa vie en tant que musicien ambulant, chantant et jouant dans les églises et les villages. En 1741, son premier opéra sur un livret de Métastase est présenté à Milan. Suivent de nombreux opéras dans le goût italien, et, à partir de 1758, ses premiers opéras-comiques dans le goût français. Orfeo ed Euridice (1762), sur un livret de Calzabigi, amorce le début de la Réforme de l'opéra. Alceste, toujours sur un livret de Calzabigi, est créé à Vienne en 1767. Gluck se rend à Paris, où il compose, à l'invitation du marquis Le Bland du Roullet, une Iphigénie en Aulide d'après Racine. Le triomphe remporté par cet ouvrage conduit l'Académie Royale de Musique à adapter également l'Orfeo à la langue et au goût français (1774). Après Armide et Iphigénie en Tauride, Echo et Narcisse, en 1779, est un échec et Gluck quitte Paris pour n'y plus revenir. En 1781, une attaque d'apoplexie annihile ses facultés créatrices. Il meurt le 17 novembre 1787 à Vienne.

La « réforme » voulue par Gluck et son librettiste Calzabigi entraînait une double rupture : la renonciation à la multiplication des passions et à l'excès de la virtuosité, typiques de l'opera seria italien, le renouvellement de la déclamation de la vieille tragédie lyrique française affaiblie après la mort de Rameau (1764). Elle avait aussi le souci constant d'émouvoir et de toucher, la recherche de la vérité dramatique, de la simplicité et du naturel, l'accompagnement des récitatifs dramatiques par l'orchestre, la participation du chœur et l'intégration du ballet, la préparation du drame par l'ouverture, une marche ininterrompue de l'action, un orchestre qui accompagne les voix « non plus comme un valet accompagne son maître, mais comme les bras, les mains, les yeux, les mouvements du visage et de tout le corps accompagnent le langage du sentiment et de la passion. »

 

L’œuvre

Admète, roi de Phères en Thessalie, obtient d’échapper à la mort si quelqu’un consent à mourir à sa place. Il vivra alors autant d’années qu’il a déjà vécues. Seule son épouse, Alceste, consent à se sacrifier. Elle meurt, mais c’est pour retrouver bientôt son époux, son exemple ayant ému les dieux (tantôt Koré-Proserpine, tantôt Hercule). Deux tragédies aujourd’hui perdues, l’Alceste de Phrynichos et l’Admète de Sophocle, précédèrent la pièce d’Euripide (438 av. J.-C.). L’histoire d’Alceste offre l’une des études les plus pénétrantes sur le dévouement d’une femme et le devoir d’une reine, le conflit entre l’amour maternel et l’amour conjugal. L’action, « composée tout entière sur la vérité de la nature où toutes les passions ont leur véritable accent » (Gluck), offre le cadre d’un drame psychologique idéal pour un opéra. Gluck s’attacha à rendre par l’expression musicale le sentiment indiqué dans le texte en donnant à chacune de ses notes l’accent réclamé par la situation sans jamais dénaturer la déclamation au profit de l’effet musical. Alceste sera le premier en date des ouvrages qui ont transfiguré la scène lyrique. La genèse de l’œuvre est mal connue. Gluck et son librettiste Calzabigi ont sans doute retenu le sujet d’Alceste après le décès de l’empereur d’Autriche en 1765. On peut voir dans le personnage d’Alceste (incarnation de l’amour conjugal et du sacrifice héroïque) une évocation de l’impératrice et du courage qu’elle manifesta à la mort de son époux. L’opéra a été créé à Vienne, dans une version italienne, que Gluck remania pour Paris, sur un texte français du bailli Du Roullet (déjà librettiste d’Iphigénie en Aulide). Les deux versions sont très différentes l'une de l'autre, les personnages n'étant pas exactement les mêmes et les scènes agencées différemment. La version parisienne, davantage concentrée autour des deux personnages principaux, est considérée comme très supérieure à la version italienne et c'est cette version, souvent traduite en allemand, en italien ou en anglais, qui a été jouée aussi bien au XIXe qu'au XXe siècle sur les principales scènes d'opéras.

 

La création

La version italienne originale a été créée le 26 décembre 1767 au Burgtheater de Vienne.

 

L’œuvre à l’Opéra de Paris

Alceste est créé à Paris le 23 avril 1776 dans une version française remaniée pour l’Académie Royale de musique (l’Opéra de Paris) alors installée dans la seconde salle du Palais Royal. Il y eut au cours du XIXe siècle de nombreuses reprises jusqu’en 1866, puis l’œuvre tomba dans l’oubli avant d’entrer au répertoire de l’Opéra Comique en 1904. En 1926, Alceste est repris au Palais Garnier dans une mise en scène de Pierre Chéreau et une chorégraphie de Bronislava Nijinska, avec Germaine Lubin  (Alceste) et Georges Thill (Admète), placés sous la direction de François Ruhlmann. En 1985, une production venue de Genève, signée par Pier Luigi Pizzi, est donnée au Palais Garnier avec Shirley Verrett et Barry McCauley, dirigés par Michael Schønwandt. En 1994 l’œuvre est présentée à l’Opéra Bastille dans une mise en scène d’Achim Freyer, avec Maria Ewing et Gary Lakes, sous la direction de Graeme Jenkins. Une nouvelle mise en scène signée par Olivier Py est présentée au Palais Garnier en 2013, avec Sophie Koch et Yann Beuron, sous la direction de Marc Minkowski. C’est cette production qui est de nouveau à l’affiche.

Argument

ACTE 1: Devant le palais d'Admète. Le roi se meurt; le héraut annonce que nul espoir n'est plus permis. Le peuple se désespère. Arrive Alceste, la reine, suivie de ses deux enfants. Accablée par son destin funeste, elle plaint le sort de ses enfants et dit le déchirement que la douleur lui cause. Le peuple se lamente avec elle. Alceste décide alors de se rendre au temple pour offrir aux dieux un sacrifice qui apportera peut-être la rémis­sion. Dans le temple d'Apollon, le Grand Prêtre et le peuple réuni implorent dans une prière fervente le dieu d'épargner le roi Admète. Alceste paraît alors dans le temple et implore à son tour Apollon avant de lui offrir un sacrifice. Le Grand Prêtre invoque le dieu et annonce que celui-ci va parler dans l'instant pour répondre à ces cris douloureux. Chacun tremble. L'oracle exprime alors le jugement du dieu: Admète doit mourir aujourd'hui à moins que quelqu'un d'autre ne se sacrifie pour lui. Le peuple terrifié s'enfuit hors du temple. Alceste reste seule; elle a compris que nul autre qu'elle ne veut se résoudre au terrible marchandage du dieu: c'est donc elle qui décide de mourir pour son époux. Mais «ce n'est point un sacrifice» car elle ne pourrait vivre sans lui : elle offre sa vie par amour. Le Grand Prêtre l'a rejointe pour recueillir son voeu; il lui confirme que son époux vivra du seul fait de sa mort et qu'il faut à présent qu'elle s'y prépare : à la fin du jour ce sera l'heure. Alceste s'adresse aux Divinités du Styx pour dire la force qui l'anime et leur montrer que l'amour seul la guide.

ACTE 2: Admète, guéri, reçoit l'hommage de son peuple en liesse. Le roi, heureux de retrouver ceux qu'il croyait ne jamais revoir, s'enquiert pourtant de la raison de ce miracle. Evandre lui explique alors la condition fixée par l'oracle d'Apollon, sans révé­ler le nom de celui qui mourra à sa place. Mais le roi, horrifié, refuse d'accepter un tel sacrifice, vînt-il du dernier de ses sujets. Voici alors qu'Alceste paraît, qu'il attendait avec fièvre. Le peuple chante son allégresse et exprime des vœux d'éternel bonheur aux époux à nouveau réunis, mais Alceste ne peut cacher l'excès de sa douleur. Admète l'interroge sur les raisons de cette tristesse qui lui baigne le visage de larmes, et veut en bannir la crainte et les alarmes. Alceste avoue enfin avoir choisi le sacrifice pour que son époux puisse vivre. Admète est horrifié et refuse, indigné qu'Alceste ait pu croire qu'il lui était possible de vivre sans elle. Il décide de réclamer aux dieux la mort qui lui était vouée. Alceste est désespérée ; elle ne peut plus que se laisser aller à la douleur et à la mort, devant le peuple accablé par un destin si tragique.

ACTE 3: Dans une cour du palais, le peuple entoure les enfants d'Admète et Alceste, et se lamente de l'imminence de la mort de ses souverains. Arrive Hercule, réjoui d'avoir achevé ses travaux et de pouvoir partager avec Admète et Alceste le temps de l'amitié. Hélas, Evandre l'informe du sort funeste qui les a frappés tous les deux. Hercule se révolte et jure de rendre au peuple ceux dont la mort veut injustement s'emparer. A l'entrée des Enfers, Alceste, terrifiée par l'apparence du pays de la mort, implore pourtant les dieux funèbres de ne pas prolonger ses tourments et de hâter son trépas avant même que le jour ne fasse place aux ténèbres. Mais Admète la rejoint à cet instant fatal. L'effroi d'Alceste est à son comble : elle ne veut pas que son époux meure et elle le conjure de vivre. Admète est crucifié par la douleur ; au désespoir, il implore son épouse de renoncer à son projet funeste, puis adjure les dieux de le laisser mourir, lui, qu'ils avaient d'abord choisi pour victime. Les dieux infernaux se montrent alors et Thanatos annonce que le moment est venu : il faut que l'un d'eux réponde à l'appel de Caron et rejoigne à présent le séjour de la mort. Alceste, à qui revient le choix, s'avance, malgré les cris et le désespoir d'Admète, qu'elle veut sauver fût-ce même contre sa volonté. Alceste déjà s'éloigne sur le chemin des Enfers, quand surgit Hercule, qui s'élance vers les dieux infernaux. Très vite, ceux-ci reculent devant le fils de Jupiter, et, chevaleresque, Hercule peut rendre à son ami son épouse Alceste. Apollon apparaît à cet instant et salue le courage d'Hercule, que les dieux ont apprécié à tel point qu'ils lui réservent une place parmi eux. Puis, se tournant vers Alceste et Admète, il les rend au bonheur et à la vie pour être l'exemple universel de la force de l'Amour conjugal. D'un mot faisant alors disparaître les Enfers, Apollon se retrouve devant le palais d'Admète, au milieu du peuple, auquel il demande de continuer à servir et aimer ses souverains qui lui sont rendus. Le bonheur et l'allégresse envahissent l'assistance ; Alceste, Admète et Hercule fondent leurs voix dans le partage de la joie ; grâces sont rendues à Apollon et les réjouissances embrasent le palais et les cœurs.

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