Jean-Pierre Delagarde / ONP
Le Monde Festival

dimanche 21 septembre



Réinventer l'éducation

Picto Opéra Bastille Amphithéâtre Bastille - 10h

"Ennui et désintérêt des adolescents qui finissent par décrocher… Leur école est la même que celle qu'ont fréquentée leurs parents – ou peu s'en faut – , quand le monde a tellement changé ! Dans les pays développés, l'institution a de plus en plus de mal à transmettre connaissances et compétences ; à trouver des enseignants. Dans les pays du Sud, les classes manquent. Il y a urgence à réinventer une école de qualité à l'échelle de la planète. Le chantier est de taille, mais il conditionne l'avenir du monde. Des pistes s'ouvrent qu'il reste à explorer. Faut-il jouer l'innovation pédagogique, repenser les contenus à apprendre ou lorgner les pays du Sud ? Là-bas, des nouveaux modèles d'écoles low cost apportent pour quelques dollars par mois un savoir de qualité garantie…"

durée : 1h20
traduction simultanée

 

Conversation avec Diébédo Francis Kéré

Picto Opéra Bastille Studio Bastille - 10h

Diébédo Francis Kéré fait partie de ces très rares architectes africains à avoir accédé à une renommée internationale. Il doit une part de cette célébrité au prix de l'Aga Khan, qu'il obtient en 2004. Mais il avait déjà construit une bonne part de son image avant que le jury de l'Aga Khan n'apprenne à le connaître. Il est né 1965 au Burkina Faso, dans le village de Gando, qui deviendra son premier territoire d'expériences. Faute d'école à Gando, Kéré part à l'âge de 7 ans pour faire ses études à Ouagadougou. Son père, le chef de village l'aurait bien vu médecin. Il devient charpentier. Puis, il part en Berlin avec une bourse et devient architecte en 2004. Dès 1999, il s'est lancé dans la construction d'une école en terre crue, avec et pour les gens de Gando, puis d'un collège à Dano. Désormais naturalisé allemand, il est vite repéré dans le petit monde qui cherche une alternative aux architectures engendrées par les parpaings et le béton dans les pays pauvres. Dans la lignée de Hassan Fathy (1900-1989) en Egypte, il a fait de la terre crue son matériau de prédilection. Nécessité fait loi : ici, au Burkina Faso, « le pays des hommes intègres », il n'y a plus d'argent pour construire dès qu'on s'éloigne des villes. Mais la terre est livrée avec générosité par la rivière, à chaque pluie qu'envoie le ciel d'été tropical. La terre qu'il met en œuvre, loin d'être liée à une tradition passéiste, s'inscrit dans un processus de création technique et formelle libre, léger à mettre en œuvre, formellement riche des signes de la modernité.

durée : 50 minutes

Pourra-t-on encore croire en dieu ?

Picto Palais Garnier Grand Foyer Garnier - 10h00

On parle beaucoup « fait » religieux, ou de son retour. Politique ou comportementale, l'adhésion à une religion semble désormais seconcentrer sur les comportements, que ceux-ci soient vestimentaires ou alimentaires, et non sur la foi ou la croyance. Sans parler de la mystique, dimension de plus en plus évanescente. Tout se passe comme si plus les rites s'affichaient dans l'espace public, plus la rencontre avec Dieu se faisait discrète. La défiance vis-à-vis des représentations traditionnelles de la divinité gagne jusqu'aux dignitaires et desservants des cultes. De fait, entre les progrès de la critique et de l'archéologie, qui ont amené à repenser de fond en comble le récit biblique, la résistance du mal et de l'injustice dans le monde et les progrès de la science, l'exercice favori des théologiens et des philosophes de jadis devient de plus en plus impraticable. Dieu n'en serait-il pas néanmoins indispensable pour penser la morale ? Mais le développement d'une éthique de terrain, qui s'intéresse plus aux conséquences de nos actions qu'aux principes, remet elle aussi en cause Sa centralité dans ce domaine où la référence à Dieu se fait aussi moins sentir. La célèbre sentence des Frères Karamazov – « Si Dieu n'existe pas alors tout est permis » – pourrait finalement serévéler fausse. Dès lors, quel besoin avons-nous d'une entité suprême ?

durée : 1h20

D'où viendra la prochaine crise ?

Picto Opéra Bastille Studio Bastille - 11h30

A croire la loi des sept ans, le cataclysme des subprimes devrait sereproduire au cours des deux ou trois prochaines années. Des économistes en parlent. Les gouvernements le redoutent. Le spectre de la crise est toujours présent. Les bulles financières potentielles prêtes à éclater à tout moment en cas de retournement de tendance sont légion. Le krach de 2008 peut-il se reproduire ? De quelles bombes à retardement s'?agit-il ? Le problème est qu'?un krach se produit toujours là où personne ne l'?attend.

durée : 1h20

Conversation avec Edgar Morin

Picto Palais Garnier Grand Foyer Garnier - 12h00

Philosophe et sociologue, Edgar Morin accompagne Le Monde depuis cinquante ans. Tribunes, entretiens, présidence du prix Le Monde de la recherche universitaire : son regard d'humaniste planétaire permet de mieux comprendre les métamorphoses de la modernité et le nouveau désordre mondial. Ses interventions, parfois polémiques, sur le Proche Orient ou l'Ukraine, l'éducation ou la Marseillaise, ne cessent de faire débat. C'est le 22 juillet 1963, après le concert de la Nation, qui réunit 150 000 jeunes àParis à l'occasion du premier anniversaire de l'émission « Salut les copains », qu'Edgar Morin souligne dans les colonnes du Monde les contradictions du phénomène des « yé-yé » composé de jeunes « copain-clopant », qui veulent à la fois consommer et se consumer. La jeunesse, à nouveau décriée, est-elle encore l'avenir du monde ? Quelle nouvelle politique de civilisation redéployer face à la montée des extrêmes ? Un entretien sur la destinée planétaire en compagnie de l'intellectuel-phare de la pensée complexe.

durée : 50 minutes

La gastronomie de demain

Picto Palais Garnier Grand Foyer Garnier - 13h30

Si l’on s’inquiète sur les moyens de nourrir les 9 milliards d’habitants que comptera la planète en 2050, il n’est pas inutile de s’interroger sur l’avenir de la gastronomie au sens où l’entend Brillat Savarin : “ la connaissance raisonnée de tout ce qui a rapport à l’homme en tant qu’il se nourrit” et dont le “but est de veiller à la conservation des hommes, au moyen de la meilleure nourriture possible”. Mangera t on à la carte ou sur ordonnance dans un monde où les exigences sanitaires et les impératifs diététiques déguisent le docteur en cuisinier ? Mangera t on encore de la viande dans une société où le bien être animal et le régime végétarien rencontrent une audience de plus en plus large ? Quels seront les restaurants du futur alors que la street food, les food trucks et le take away sont en plein boom? Autant de sujets de débat pour se mettre en appétit à l’heure du déjeuner le 21 septembre.

durée : 1h20

La politique à livres ouverts - Christiane Taubira

Picto Opéra BastilleAmphithéâtre Bastille - 15h30

Christiane Taubira vit la politique comme une prose. Dans ses textes comme dans ses interventions publiques, elle mobilise spontanément la parole des écrivains, citant tel poème, saluant tel roman.
A gauche comme à droite, c'est de plus en plus rare.
Avec l'écrivain Virginie Despentes, dont l'œuvre associe sans cesse la révolte sociale à l'insurrection des mots, la ministre dialoguera autour de la question suivante : demain, y aura-t-il encore place pour un engagement nourri de littérature ? Demain, donc, la politique pourra-t-elle encore se déployer à livres ouverts ?

durée : 50 minutes

Un monde d'entrepreneurs

Picto Palais Garnier Grand Foyer Garnier - 15h30

Avec la rupture numérique qui est en train de s'installer comme la troisième grande révolution industrielle de l'age moderne, la figure de l'entrepreneur s'installe au centre du paysage économique  et sociétal. Face à la difficulté  des grandes entreprises à orchestrer des ruptures potentiellement dangereuses pour elles, et au déclin de l'Etat providence, l'adaptation à la nouvelle donne passera par l'individu entrepreneur. Qu'il veuille batir un empire sur ses innovations, comme Edison en son temps, lutter plus efficacement contre les injustices et inégalités croissantes que génère la période de transition dans laquelle nous sommes entrés, ou simplement qu'il assure sa survie en indépendant face au déclin du salariat anticipé par certains, comme c'est déjà le cas dans certains domaines comme la culture, le citoyen de demain devra constuire son avenir lui même. Ce qui est finalement la première définition de l'entrepreneur.

durée : 1h20

Conversation avec Alain Badiou : Comment vivre sa vie ?

Picto Opéra Bastille Studio Bastille - 16h

Face à la désorientation du monde contemporain, ce qui est demandé au philosophe, c’est de faire le pari d’une philosophie décidée, fondatrice, qui soit en même temps une philosophie de la singularité, une philosophie de la vérité, une philosophie rationnelle et une philosophie de l’événement. En un mot, on demande à la philosophie de savoir comment orienter nos vies. Dans le désarroi ambiant, il importe d’abord de restaurer la confiance des pouvoirs pensants d’un sujet capable d’accueillir ce qui advient de nouveau. La philosophie doit, devrait, se proposer d’être, hors de tout moralisme, et sur la base de cette confiance restaurée, l’abri possible d’une orientation des sujets vers un bonheur enfin réel. En somme, notre monde malade dit au philosophe, lui-même souvent affaibli par sa complicité secrète avec le nihilisme ambiant : « Philosophe incertain ! Lève-toi et marche! ». Marcher, alors, sous l'impératif d'une Idée vraie, nous destine au bonheur.
Professeur émérite à l’Ecole Normale Supérieure, philosophe française de renommée internationale dont l’œuvre est l’une des plus traduites aujourd’hui dans le monde, Alain Badiou a rencontré un grand succès public avec deux petits livres : « De quoi Sarkozy est-il le nom ? » en 2007 et « Eloge de l’amour » (avec Nicolas Truong) en 2009. Organisateur, avec Slavoj Zizek, de grandes conférences philosophiques internationales sur le destin possible du mot « communisme » (Londres, Berlin, New York), il prépare actuellement le Tome III de son grand œuvre, L’être et l’événement, qui s’intitulera L’immanence des vérités.

durée : 50 minutes

Conversation avec Daniel Barenboim

Picto Palais Garnier Grand Foyer Garnier - 17h30

Né le 15 novembre 1942 à Buenos Aires (Argentine), Daniel Barenboïm est un pianiste prodige qui se produit en concert dès l'âge de 7 ans. Dès 1965, il devient également chef d'orchestre en dirigeant depuis son clavier les Concertos de Mozart avec l'English Chamber Orchestra. Directeur musical de l'Orchestre de Paris (1975-1989), de l'Orchestre symphonique de Chicago (1991- 2006), il prend les rênes de la Staatskapelle de Berlin en 1992. Ce wagnérien passionné, un temps pilier du festival de Bayreuth, tentera, malgré l'interdit, de réhabiliter la musique du compositeur préféré d'Hitler en Israël (2001). Homme de conviction et citoyen du monde (il possède quatre passeports), l'actuel directeur musical de La Scala de Milan a toujours poursuivi une mission politique. En 1999, convaincu que « la musique est le langage de la paix », il crée avec son ami, le Palestinien Edward Saïd, le West-Eastern Divan, un orchestre de jeunes d'Israël, de plusieurs pays arabes et d'Allemagne.

durée : 50 minutes

Foot contre rugby : quel sport roi pour demain ?

Picto Opéra Bastille Amphithéâtre Bastille - 17h30

Dribble contre débordement. Tacle contre plaquage. Ballon rond contre ballon ovale. Ibrahimovic contre Bastareaud. Fairplay financier contre salarycap. PSG contre RCT. Ligue 1 contre Top 14… Football contre rugby : quel sera le sport roi demain ?

durée : 1h20

Les producteurs de cinéma, version française

Picto Opéra Bastille Studio Bastille - 17h30

270 films ont été produits en France en 2013, de Qu’est ce qu’on afait au Bon Dieu ?, de Philippe de Chauveron, avec Christian Clavier (budget : 12,79millions d’euros, plus de 10 millions d’entrées),à 2 automnes 3 hivers, de Sébastien Betbeder, avec Vincent Macaigne (budget : 360 000euros, 45 000entrées). Films, réalisateurs et interprètes cohabitent en un édifice compliqué, mais résistant, qui fait de la France la troisième puissance cinématographique après les Etats Unis et l’Inde. Derrière chaque film, un producteur ou une productrice trouve les financements, réunit les artistes, accompagne le réalisateur, assure le devenir de l’oeuvre. Artisans, patrons de PME ou de multinationales, ils travaillent tous au sein de ce système français qui fait face aux défis de la libéralisation du commerce internationalet des technologies numériques.

durée : 1h20