Mirco Magliocca / OnP

Dates / Prix

Amphithéâtre - Première le 13 décembre 2014 - 20h00

Tarifs : 25€

Durée : 1H45

décembre 2014
lun
mar
mer
jeu
ven
sam
dim
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
20:00
14
15
14:00
16
20:00
17
18
14:00
19
20:00
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31
Comment réserver ?


TOUT PUBLIC
Décembre 2014: 13, 16, 19 (20h) / Tarifs 25€, 16€, 10€ et 5€

SCOLAIRES
Décembre 2014: 15, 18 (14h) / Tarif 5€
Télécharger le bulletin

Fermer


Tout public et scolaires
Maudits les innocents
Récit Lyrique – Création
Présentation
À lire avant le spectacle
EN COLLABORATION AVEC L'ATELIER LYRIQUE
À PARTIR DE 10 ANS CM2, COLLÈGES, LYCÉES

En 1212, de très jeunes gens, filles et garçons mélangés, venus d’Allemagne et de France, partent spontanément sur les routes d’Europe en direction de Marseille pour rejoindre la Terre Sainte. Cette manifestation spontanée que les historiens appelleront la « Croisade des enfants » n’a pas été décidée par l’Eglise. Très vite, le Pape Innocent III, craignant de voir son autorité disputée par l’existence même de cette marche, décide de l’interdire. Les enfants poursuivront pourtant leur chemin, allant vers leur destin tragique, portés jusqu’au bout par cette force dont on ne saurait dire si elle est belle ou terrifiante.

Le livret de Laurent Gaudé, mis en musique par quatre jeunes compositeurs du CNSM de Paris, met en lumière à la fois l’innocence des enfants et l’horreur du fanatisme et de l’endoctrinement, même lorsqu’il a le visage de la candeur.



Mikel Urquiza, Julian Lembke,
Didier Rotella, Francisco Alvarado

(étudiants des classes de composition du CNSMDP)
Musique
Laurent Gaudé Livret
Guillaume Bourgogne Direction musicale
Stephen Taylor Mise en scène
Laurent Peduzzi Scénographie
Nathalie Prats Costumes
Christian Pinaud Lumières

Avec

Les Solistes de l’Atelier Lyrique de l’Opéra national de Paris
Les Musiciens de l’Ensemble du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris
La Maîtrise des Hauts-de-Seine ⁄ Choeur d’enfants de l’Opéra national de Paris
et Didier Sandre de la Comédie Française

Coproduction Atelier Lyrique de l'Opéra national de Paris, Conservatoire de Paris (Rémy Pflimlin, président - Bruno Mantovani, directeur). Aimée et Jean-François Dubos, mécènes du Conservatoire de Paris pour la commande du livret.

À découvrir aussi

> Rencontre avec les artistes de la production

Novembre 2014 : 25 (18h), Décembre : 4 (13h)
Studio Bastille
Entrée gratuite en fonction des places disponibles 
Réservation obligatoire à partir du 10 septembre 2014  aux guichets, au 08 92 89 90 90 (0,34€ ttc la mn) ou sur operadeparis.fr
R

 

> Ateliers de sensibilisation
possibles dans les établissements scolaires

ArtisteNoteRôle

OPÉRA À QUATRE MAINS

Originalité de cette création : pour mettre en musique le livret de Laurent Gaudé, ce ne sont pas un mais quatre jeunes et  prometteurs compositeurs du CNSM de Paris qui ont été choisis. Témoignages.

J'ai choisi le premier acte qui est l’acte de l’attente et du mystère. Le drame n’est pas encore posé. Il est en germe. On raconte des intentions, le voyage en particulier. Musicalement, il faut donner le sens de ce grand élan et de ce mystère qui portent le drame jusqu’à la fin. Les mères observent les enfants qui se comportent de façon étrange, elles ne savent pas. Elles parlent de la présence des enfants. La communication avec eux est difficile. Les mères joueront à un moment de l’harmonica. Une manière pour elles d’exprimer un sentiment intérieur qu’elles ne peuvent verbaliser. C’est aussi jouer pour être entendues. Les enfants sont soumis à une puissance contre laquelle ils ne peuvent rien. Ils partiront et suivront cet appel… Tout l’acte converge vers le nom de la cité sacrée « Jérusalem ».

Mikel Urquiza (Acte I - Le premier se lève)

Le théâtre et la scène sont au centre de ma vie car je viens d’une famille de comédiens. L’opéra est une forme en évolution permanente qui me convient. En tant que compositeur, j’ai besoin d’éléments extra musicaux pour m’exprimer. La figure centrale du deuxième acte est le pape Innocent III, un homme porté à l’introspection et qui, cependant, doit communiquer avec les autres, faire acte d’autorité. Fasciné par la pureté et la détermination des enfants, il est tenté de les comprendre mais il doit les arrêter, mettre un terme à leur marche. La musique de l’acte est un duel entre ces deux mondes. Progressivement, la musique des enfants va contaminer tout l’acte par son enveloppante douceur. Cette expérience collective, un opéra à quatre mains, est très enrichissante. On s’est beaucoup parlé entre compositeurs afin de régler quelques problèmes techniques (utilisation des percussions, registre vocal pour les personnages communs à plusieurs actes, etc.) et de convenir un ensemble de règles à respecter. Le style musical de chaque compositeur, bien affirmé dans chaque acte, ne nuit pas à l’unité de l’oeuvre car la force poétique du livret de Laurent Gaudé s’impose. En outre, trois grands monologues qui seront interprétés par Didier Sandre enchaîneront avec puissance les quatre actes.

Julian Lembke (Acte II - Votre Sainteté ?)

Écrire un opéra est une expérience unique. La voix me fascine. Elle impose, certes, des contraintes pour l’écriture musicale mais elle ouvre aussi un espace immense de couleurs et d’émotions. Le texte de Laurent Gaudé est poétique. Il porte en lui un rythme et une structure que nous faisons nôtres pour les recomposer dans une forme plus grande. Nous déconstruisons pour reconstruire dans une théâtralisation musicale. Le troisième acte est l’acte du voyage des enfants. Progressivement, ils perdent leurs forces et leurs illusions. Tout au long des quatre scènes qui forment l’acte, l’écriture musicale va marquer cette transformation. Les mères détachent leur regard, impuissantes… La scène 4 fait appel à des modes de jeux extrêmes, des sons saturés pour les vents, des sons bruités et violents. De la scène 1, plus classique, à la scène 4, il y a une évolution dans l’écriture, qui, dans une forme d’ensemble très construite, marque l’idée de passage, de départ vers Jérusalem. Cette expérience, qui marque l’aboutissement de mon cursus d’études musicales, m’a transformé. Elle m’a permis d’enrichir mon vocabulaire et de donner une profondeur à mon écriture.

Didier Rotella (Acte III - Le Monde est devenu sombre)

L'interaction entre la musique et le théâtre me passionne. L’opéra est un genre qui a beaucoup évolué tout au long de son histoire. Il s’agit de s’inscrire dans cette histoire tout en renouvelant le langage par des démarches nouvelles. Le quatrième acte est très fort sur le plan émotionnel avec la mort des enfants et le déchirement que cela représente pour les autres personnages, en particulier pour les mères et le pape. C’est la concentration finale de l’effroi et des émotions accumulés tout au long de l’oeuvre. La fin de l’oeuvre marque le point d’aboutissement tragique de ces jeunes croisés pacifiques. C’est aussi le point de vue de la société qui interprète leur parcours spirituel comme une folie pour justifier leur anéantissement. J’ai été particulièrement attentif dans l’écriture musicale à l’évolution psychologique des personnages notamment des enfants en mélangeant une approche traditionnelle et une écriture plus hétérogène qui fait appel à des répliques parlées, de l’improvisationet du chuchotement pouvant aller jusqu’au cri.

Francisco Alvarado (Acte IV - Ils approchent un par un)