©Patrick Tourneboeuf/OnP
SAISON 2014-2015

Expositions

Les Ballets Suédois – 1920-1925

du 11 juin au 28 septembre 2014

Fernand Léger, projet de décor pour La Création du monde, 1923. Détail
© Bmo / BnF / ADAGP, Paris 2014

Après l’exposition sur les Ballets Russes, en 2009, qui célébrait le centenaire de la célèbre compagnie de Serge Diaghilev, l’Opéra de Paris présentera une nouvelle exposition consacrée aux Ballets Suédois, autre compagnie d’avant-garde qui bouscula la scène artistique parisienne dans les années vingt.

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« Les Ballets Suédois ont sauté à pieds joints par-dessus les lieux communs chorégraphiques. Ils s’en portent fort bien. Ils veulent du nouveau. Le Ballet moderne, c’est la Poésie, la Peinture, la Musique autant que la Danse »

C’est ainsi que la compagnie des Ballets Suédois, fondée en 1920, à Paris, par Rolf de Maré, se présentait au public : à la pointe de l’avant-garde non seulement chorégraphique, mais artistique. « Les plus grands poètes, les peintres les plus modernes, les musiciens les plus hardis » sont sollicités : Cocteau, Claudel, Pirandello, Cendrars écrivent des livrets mis en musique par Ravel, Honegger, Milhaud, Satie, Auric ou Cole Porter, tandis que Fernand Léger, Picabia, De Chirico, Bonnard, Steinlen dessinent les décors et les costumes. Une liste à laquelle il faut encore ajouter, entre autres, le nom de René Clair, auteur d’un film projeté pendant le ballet « instantanéiste » Relâche, en 1924 !
De 1920 à 1925, Les Ballets Suédois auront ainsi rivalisé avec la célèbre compagnie des Ballets Russes de Diaghilev, dans la recherche de modernité artistique, préfigurant le happening et la performance.

L'exposition sera aussi l'occasion de redécouvrir Jean Börlin (1893-1930), le chorégraphe unique de la compagnie. Élève préféré de Michel Fokine, il a su transgresser sa formation classique pour inventer un vocabulaire chorégraphique plus libre, expérimentant de nouveaux modes d'expression artistique. Elle explorera tout particulièrement les relations du chorégraphe et danseur avec la peinture, avec le folklore et les contes nordiques ainsi qu’avec le cinéma, et montrera sa conception chorégraphique du tableau en mouvement. Elle permettra aussi de mettre en valeur les chefs-d'œuvre - pour partie inédits - des collections de la Bibliothèque-musée de l'Opéra, provenant du fonds des Archives internationales de la danse donné par Rolf de Maré en 1952 : maquettes de décors et de costumes de Fernand Léger, de Nils de Dardel, d'Alexandre Alexeieff ; costumes de scène jamais montrés depuis les années 1960, photographies de ballets et de danseurs, affiches de spectacles, peintures et sculptures de Karl Hofer, de Per Krohg, d’Antti Favén ou des frères Martel, autant de témoignages déterminants, non seulement pour l'histoire de l'évolution des arts plastiques, mais pour l'histoire des arts de la scène sous toutes leurs formes (mime, pantomime, danse folklorique, danse moderne, performance...). Elle montrera, enfin, la postérité des Ballets Suédois à l’Opéra de Paris, qui engage l’étoile de la compagnie suédoise Carina Ari, fait travailler les peintres (Léger, De Chirico,) et les musiciens (Milhaud, Honegger,…) ayant créé pour Rolf de Maré, et accueille une reconstitution de Relâche par Moses Pendelton en 1979.

Présentée par l'Opéra national de Paris et la Bibliothèque nationale de France dans les espaces de la Bibliothèque-musée de l’Opéra, l'exposition « Les Ballets Suédois » vise ainsi à réévaluer un maillon fondamental dans l'histoire de la danse et des arts au XXe siècle.

Commissariat :
Mathias Auclair, conservateur en chef à la Bibliothèque-musée de l'Opéra
Frank Claustrat, maître de conférences en histoire de l'art contemporain à l'université Paul-Valery, Montpellier III
Inès Piovesan, chef du service de l’édition de l'Opéra national de Paris
Livre-catalogue aux éditions Gourcuff Gradenigo, sous la direction de Mathias Auclair, Frank Claustrat et Inès Piovesan.



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Rameau et la scène

novembre 2014 - février 2015


En 2014, la Bibliothèque nationale de France et l’Opéra de Paris célèbrent le 250e anniversaire de la mort de Jean-Philippe Rameau (1683-1764). Compositeur, théoricien de l’harmonie, il fut l’une des personnalités musicales et intellectuelles les plus célébrées et décriées en France dans les deux derniers tiers du xviiie siècle. Maître organiste en province pendant quarante ans, il domine ensuite la scène lyrique, notamment à l’Académie Royale de Musique dont il fut le compositeur phare de 1733 à la Révolution. Au siècle suivant, ses ouvrages furent mis en réserve de la scène comme les genres mêmes qu’ils illustraient, la tragédie lyrique et l’opéra-ballet. Teinté de nationalisme, le retour à Rameau se fit à la toute fin du xixe siècle, avec des compositeurs tels Saint-Saëns et Vincent d’Indy qui voulurent restituer la vérité de son art ou Claude Debussy qui lui rendit un Hommage au clavier. Depuis la redécouverte du répertoire baroque, dans les années 1970, les interprètes et musicologues ont analysé les traités d’interprétation, revisité les oeuvres. Les artistes, musiciens et scénographes imprègnent à leur tour l’opéra de Rameau des marques de la société et manifestent des choix esthétiques et des convictions variées et parfois contradictoires. L’exposition aura pour thème la production des opéras de Rameau sur la scène lyrique parisienne de leur création à aujourd’hui. Elle évoquera aussi quelques créations importantes à la cour et quelques reprises.


Commissariat :
Eliszbeth Giuliani
Mathias Auclair, conservateur en chef à la Bibliothèque-musée de l'Opéra, BnF
Christophe Ghristi, directeur de la dramaturgie de l'Opéra national de Paris

EN COLLABORATION AVEC LA BIBLIOTHÈQUE-MUSÉE DE L’OPÉRA (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE)