© Franck Ferville / OnP

Dates / Prix

Opéra Bastille - Première le 16 septembre 2013 - 19h30

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Vec Makropulos
Leoš Janácek
Présentation
À lire avant le spectacle
L'AFFAIRE MAKROPOULOS
OPÉRA EN TROIS ACTES (1926)
MUSIQUE DE LEOŠ JANÁCEK (1854-1928)
LIVRET DU COMPOSITEUR D'APRÈS LA COMÉDIE ÉPONYME DE KAREL CAPEK
En langue tchèque

« Qui veut vivre pour l’éternité ? » Telle est la question que pose Emilia Marty au seuil de la mort, en agitant la formule d’un élixir qui lui a permis de vivre 337 ans… Pour son avant-dernier opéra, Janácek croise l’œuvre littéraire de Karel Capek – pionnier de la science-fiction – et met en scène cette histoire singulière de procès et d’immortalité, à mi-chemin du roman policier et du conte métaphysique.
Le théâtre écorché de Krzysztof Warlikowski transpose le philtre d’immortalité dans notre mythologie contemporaine. Sa mise en scène est hantée par le destin en noir et blanc de Marilyn : la femme éternelle, la femme adulée, la femme sacrifiée sur l’autel de la gloire et retrouvée morte– une overdose de barbiturique…
Dirigée par Susanna Mälkki, la musique de Janácek électrise les orages – désirs, soif de pouvoir et angoisses de mort – qui traversent cette petite société praguoise.

Susanna Mälkki Direction musicale
Krzysztof Warlikowski Mise en scène
Malgorzata Szczesniak Décors et costumes
Denis Guéguin Vidéo
Felice Ross Lumières
Miron Hakenbeck Dramaturgie
Alessandro Di Stefano Chef de Choeur
ArtisteNoteRôle
Ricarda Merbeth
Emilia Marty
Atilla Kiss-b.
Albert Gregor
Vincent Le Texier
Jaroslav Prus
Jochen Schmeckenbecher
Dr Kolenaty
Andreas Conrad
Vítek
Andrea Hill
Krista
Ladislav Elgr
Janek
Ryland Davies
Hauk-Šendorf

Orchestre et Choeur de l’Opéra national de Paris


COPRODUCTION AVEC LE TEATRO REAL, MADRID

Le compositeur

Né en 1854 à Hukvaldy, en Moravie, mort à Ostrava en 1928, Leos Janácek étudia la musique au monastère de Brno et l’orgue à Prague et au Conservatoire de Leipzig. Il fut maître de chœur à la cathédrale d’Olomouc, chef d’orchestre à Brno, fondateur du conservatoire d’orgue de sa ville natale. Il a composé un ballet, neuf opéras (citons parmi les plus célèbres Jenufa, Kátia Kabanová, Osud, Les Voyages de Mr Broucek, La Petite renarde rusée, L’Affaire Makropoulos, De la maison des morts), presque tous créés à Brno, des œuvres de musique chorale (messes, motets, cantates), des œuvres de musique instrumentale (rhapsodies, poèmes symphoniques, quatuors, sonates). Janácek puisa une grande partie de son inspiration dans l’exploration du folklore morave, dans l’étude du dialecte et des coutumes de son pays natal et des bruits de la nature. Mais il sut également s’imposer comme un remarquable dramaturge et homme de théâtre. Une puissante charge dramatique caractérise toute son œuvre : les portraits de Jenufa et de Katia, par exemple, sont empreints d’une grande subtilité psychologique. De son vivant, Janácek ne connut qu’un succès tardif et géographiquement limité : quand Jenufa parvient enfin à s’imposer, le compositeur a déjà 62 ans.

L'oeuvre

L’Affaire Makropoulos est le huitième et avant-dernier opéra de Janácek. Il est tiré d’une pièce de Karel Capek (1890-1938), un des rares auteurs tchèques à avoir pu acquérir une réputation internationale entre les deux guerres, et raconte l’histoire d’une femme, Emilia Marty, qui, après avoir bu un élixir de longévité, a vécu trois cents ans, sous des identités et dans des lieux différents. Lorsque la pièce commence, Emilia est revenue à Prague, où elle est née, pour y terminer sa longue vie. Mais elle entend parler par hasard d’un procès dans lequel elle a été jadis impliquée et dans les archives duquel elle pourrait retrouver le document sur lequel est consignée la recette de l’élixir. Elle fait tout, dès lors, pour le récupérer…
La pièce de Capek était apparue, lors de sa création, comme une réponse à la pièce de George Bernard Shaw, Retour à Mathusalem, qui postulait qu’une vie plus longue aurait pour résultat une sagesse et un bonheur accrus. Capek montrait au contraire à quel point Emilia Marty était une femme malheureuse et que c’est bien la conscience de la brièveté de la vie qui nous permet d’en jouir pleinement. C’est aussi cette dimension philosophique qui incita Janácek à adapter cette pièce étrange – un bon nombre des œuvres de Capek traitaient de science-fiction – à l’opéra. Mais alors que Capek l’envisageait sous l’angle de la comédie optimiste, le compositeur de Jenufa et de Kátia Kabanová lui donna la profondeur d’une tragédie personnelle. Et dans le personnage d’Emilia Marty, il vit aussi un condensé des rôles féminins qu’il avait précédemment écrits et dans lesquels se profilait toujours la figure de la jeune femme qui avait illuminé les douze dernières années de sa vie : Kamila Stösslova.
Sur le plan musical, Janácek, comme à son habitude, accorde un soin tout particulier à la prosodie et calque le rythme naturel des mots sur celui de la musique. Comme le dit Guy Erismann, « C’est cette pulsation, cette inquiétude générale, l’ardeur des sentiments divers – amour, argent, curiosité fébrile – qui traversent ce petit monde ordinaire et cette grande dame sans âge, que l’on retrouve dans la musique. » De fait, L’Affaire Makropoulos est, de tous les opéras du compositeur avant De la maison des morts, celui qui réunit le vocabulaire le plus dur et le plus dissonant. Mais la passion et la compassion y soufflent également avec lyrisme et ne s’apaisent que dans les derniers stades de l’opéra.

La création

L’Affaire Makropoulos a été créé le 18 décembre 1926, à Brno, sous la direction de Frantisek Neumann.

L'oeuvre à l'Opéra de Paris

L’Affaire Makropoulos a été représenté pour la première fois à l’Opéra Bastille en avril 2007, dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski, les décors et les costumes de Malgorzata Szczesniak, avec, entre autres, Angela Denoke (Emilia Marty), Charles Workman (Albert Gregor), Vincent Le Texier (Jaroslav Prus), sous la direction de Tomas Hanus. C’est cette production qui est reprise aujourd’hui.