Elena Bauer / OnP

Dates / Prix

Opéra Bastille - Première le 21 février 2014 - 19h30

Tarifs : 5€, 15€, 35€, 70€, 90€, 115€, 135€, 155€, 180€

Durée : 2H45 avec un entracte

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Madama Butterfly
Giacomo Puccini
Présentation
À lire avant le spectacle
MADAME BUTTERFLY
TRAGÉDIE JAPONAISE EN TROIS ACTES (1904)
MUSIQUE DE GIACOMO PUCCINI (1858-1924)
LIVRET DE LUIGI ILLICA ET GIUSEPPE GIACOSA D’APRÈS LA PIÈCE DE DAVID BELASCO, ADAPTÉE D’UNE NOUVELLE DE JOHN LUTHER LONG
En langue italienne

Sans doute l’un des portraits de femme les plus beaux et les plus complets de l’histoire de l’opéra. L’un des plus terribles aussi, car il est le récit d’une humiliation et d’une tromperie qui mènent à la mort. Depuis sa naissance dans les années 1890, le « verismo » s’était appuyé sur des livrets romanesques et excessifs, sur une théâtralité efficace et sans concession. Il s’était appuyé aussi sur la puissance de l’expression qui transforme le moindre mot en imprécation. Que l’on songe àCavalleria rusticana aussi bien qu’à Tosca, l’ouvrage précédent de Puccini. Rien de tel dans« Butterfly » : pas ou peu d’action, mais le lent poème de l’âme. Et des mots certes, mais presque accessoires, et soumis à une économie parfaite.
À la passion dévorante exprimée dans chaque intonation de Santuzza ou de Manon Lescaut, Butterfly oppose ses silences et un chant déchirant, d’une pudeur surnaturelle.
Svetla Vassileva, révélée à Paris dans Francesca da Rimini, incarne cette jeune femme éperdue, dans la mise en scène sensible et immaculée de Bob Wilson.

Daniele Callegari Direction musicale
Robert Wilson Mise en scène et décors
Frida Parmeggiani Costumes
Heinrich Brunke et Robert Wilson Lumières
Suzushi Hanayagi Chorégraphie
Holm Keller Dramaturgie
Alessandro Di Stefano Chef de Choeur
ArtisteNoteRôle
Svetla Vassileva
Cio-Cio San
Cornelia Oncioiu
Suzuki
Teodor Ilincai
F. B. Pinkerton
Gabriele Viviani
Sharpless
Carlo Bosi
Goro
Florian Sempey
Il Principe Yamadori
Marianne Crebassa
Kate Pinkerton
Scott Wilde
Lo Zio bonzo
Orchestre et Choeur de l'Opéra national de Paris

Le compositeur

Giacomo Puccini. Né en 1858 à Lucques, mort en 1924 à Bruxelles. Issu d'une famille d'organistes lucquois (son père était un théoricien et un professeur célèbre), Puccini fit ses études au conservatoire de Milan, sous la direction, entre autres, de Ponchielli. Il est l'auteur d'une dizaine d'opéras, dont la plupart sont devenus des piliers du répertoire lyrique (Manon Lescaut, La Bohème, Tosca, Madame Butterfly, La Fanciulla del West, Il Trittico) et de quelques oeuvres religieuses (Salve regina, Messa di Gloria). Considéré comme un des principaux représentants du mouvement vériste, qui était un prolongement du naturalisme en littérature, Puccini s'en démarque par le raffinement de son écriture musicale et le rejet de la brutalité qui caractérise bien souvent ce mouvement

L'oeuvre

Le livret de Madame Butterfly est tiré d’une nouvelle de John Luther Long qui a elle-même donné naissance à une pièce de David Belasco, que Puccini vit à Londres, en anglais, en 1900. A travers l’histoire de la séduction, puis de l’abandon, d’une petite Japonaise par un officier américain, il met en scène la confrontation de deux mondes : un premier — japonais —, ancré dans ses coutumes et ses traditions, et un second — américain —, conquérant et insouciant, symbole du nouveau monde.
Dans une première version, en deux actes, qui n’eut aucun succès, le personnage de Pinkerton, l’officier américain, apparaissait comme vulgaire, grossier, égoïste, méprisant à l’égard des mœurs japonaises et surtout lâche. C’est lorsqu’il révisa l’opéra, le faisant passer de deux à trois actes, comme cela était prévu initialement, que Puccini transforma le personnage, l’humanisant, le rendant moins cynique et lui faisant éprouver des remords dans une ariette rajoutée au dernier moment.
Pour composer cette « tragédie japonaise », Puccini fit des recherches sur la musique tradi-tionnelle et les timbres de voix des femmes nipponnes. L’œuvre est centrée sur le personnage de Cio-Cio-San, dont l’air, « Un bel dì, vedremo », est un des plus célèbres et des plus intenses du répertoire. De tous ses opéras, Madame Butterfly est celui que Puccini préférait, celui qu’il pouvait écouter sans se lasser et qu’il considérait comme son « plus sincère et plus expressif ».

La création

La première version, en deux actes, a été créée le 17 février 1904 à la Scala de Milan. La seconde, en trois actes, le 28 mai de la même année au Teatro Grande de Brescia.

L'oeuvre à l'Opéra de Paris

Après de nombreuses représentations à l’Opéra-Comique, Madame Butterfly a été représentée pour la première fois dans son intégralité au Palais Garnier le 23 juin 1978, dans une production de la Scala de Milan, mise en scène par Jorge Lavelli (décors et costumes de Max Bignens), sous la direction musicale de Georges Prêtre, avec Teresa Zylis-Gara (Cio-Cio-San), Jocelyne Taillon (Suzuki), Franco Tagliavini (Pinkerton) et Tom Krause (Sharpless). En 1983, Massimo Bogianckino présentait, en alternance, les deux versions de l’œuvre, sous la direction d’Alain Lombard (version en trois actes) et de Miguel Angel Gomez-Martinez (version en deux actes), dans une mise en scène, des décors et des costumes de Pierluigi Samaritani, avec Raina Kabaivanska / Hélène Garetti (Cio-Cio-San), Christa Ludwig / Anna Ringart (Suzuki), Ernesto Veronelli / Maurizio Frusoni (Pinkerton) et Giorgio Zancanaro / Alessandro Corbelli (Sharpless). Madame Butterfly a fait son entrée à l’Opéra Bastille en novembre 1993, sous la direction musicale de Myung-Whun Chung, avec Diana Soviero, Nicoletta Curiel, Johan Botha et William Stone dans les rôles principaux. C’est cette production qui est reproposée aujourd’hui.