Christian Leiber / ONP

Dates / Prix

Palais Garnier - Première le 31 mars 2014 - 19h30

Tarifs : 10€, 25€, 45€, 70€, 115€, 140€, 185€

Durée : 2H55 avec un entracte

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*le 4 avril : Bal de l'X

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L’Italiana in Algeri
Gioacchino Rossini
Présentation
À lire avant le spectacle
L’ITALIENNE À ALGER
DRAMMA GIOCOSO EN DEUX ACTES (1813)
MUSIQUE DE GIOACCHINO ROSSINI (1792-1868)
LIVRET D'ANGELO ANELLI
EN LANGUE ITALIENNE

Une des plus exquises réussites de Rossini, et d’un Rossini seulement âgé de 21 ans : un opéra bouffe qui a gardé tout son charme et sa drôlerie, avec une musique fraîche comme l’œil et des personnages qui semblent nés d’hier. La belle Isabella s’embarque pour Alger à la recherche de son amant Lindoro, prisonnier du tyran Mustafà. Mais le bateau s’échoue et l’aventure commence… Il y a des corsaires, un sérail, des eunuques, un palais sur la mer, tout le merveilleux bazar des turqueries encore à la mode en ce début de XIXe siècle. Il y a aussi du beau chant, brillant et virtuose comme Rossini en avait le secret. Et il y a surtout cette folie qu’il sait insuffler à son théâtre, le dérèglement soudain de la machine qu’il a lui-même fabriquée, comme cet insensé finale du premier acte, grand ensemble dégénérant en un délirant concert d’onomatopées.

Riccardo Frizza Direction musicale
Andrei Serban Mise en scène
Marina Draghici Décors et costumes
Guido Levi Lumières
Niky Wolcz Chorégraphie
Alessandro Di Stefano Chef de Choeur
ArtisteNoteRôle
Ildebrando d’Arcangelo
Mustafà
Jaël Azzaretti
Elvira
Anna Pennisi
Zulma
Nahuel Di Pierro
Haly
Antonino Siragusa
Lindoro
Varduhi Abrahamyan
Isabella
Tassis Christoyannis
Taddeo
Orchestre et Choeur de l’Opéra national de Paris

eiffageEIFFAGE, MÉCÈNE DE L’ITALIANA IN ALGERI

Le compositeur

Gioacchino Rossini (né à Pesaro le 29 février 1792, mort à Passy le 13 novembre 1868).
Fils de musiciens (son père jouait du cor et sa mère chantait dans des troupes d’opéras forains), Rossini travaille lui-même le chant et l’harmonie à Bologne, sous la férule de l’abbé Mattei. Dès l’âge de dix-huit ans, il fait représenter à Venise son premier opera buffa, La Cambiale di matrimonio, qui sera vite suivi d’ouvrages du même genre (L’Inganno felice, L’Occasione fa il ladro, etc). En 1813, la création de Tancrède, également à Venise, lui ouvre les portes du succès et fait de lui le maître incontesté de la scène lyrique italienne pendant de nombreuses années. Les œuvres se succèdent à un rythme effréné : Le Barbier de Séville et Otello en 1816, La Cenerentola et Armide en 1817, La Donna del lago en 1819, Maometto II en 1821, Semiramis en 1823, etc. A partir de 1824, il se fixe à Paris. C’est là qu’il crée son dernier opéra, Guillaume Tell (1829), et vit jusqu’à sa mort, tout en continuant à exercer une influence sur la vie musicale parisienne et à s’adonner à certaines passions comme la cuisine (on lui doit la recette du fameux « tournedos »).

L'oeuvre

L’Italienne à Alger a été commandée en toute hâte à Rossini, en 1813, pour sauver la saison mal engagée du Teatro San Benedetto de Venise. Comme le compositeur ne disposait que d’un délai de vingt-sept jours pour écrire son nouvel opéra, on utilisa un livret d’Angelo Anelli, qui avait déjà été mis en musique par Luigi Mosca pour Milan, cinq ans plus tôt. Rossini le modifia quelque peu, supprimant en particulier tous les passages trop sentimentaux qui ne correspondaient pas à son idée de la farce. Mais la principale transformation consista surtout à ajouter au premier finale, au quintette et au trio (les fameux « Pappataci » !) du second acte des onomatopées et des non-sens qui accentuent l’exubérance rythmique et amènent la déformation comique de la parole à un degré d’élaboration qu’on n’avait jamais entendu auparavant. La musique s’affranchit ainsi de la contrainte des mots et du sens et devient, selon l’expression de Stendhal, « une folie organisée ».
L’Italienne à Alger renvoie aussi à l’orientalisme en vogue dans les arts de l’époque, qui avait déjà donné naissance au Bourgeois gentilhomme de Molière, à Zadig de Voltaire ou à L’Enlèvement au sérail de Mozart. Mais l’Orient n’y est qu’un décor et c’est la femme italienne – vigoureusement défendue par le personnage d’Isabella – que l’on entend célébrer ici. D’ailleurs, à l’inverse des conventions du genre, c’est son fiancé qui est détenu dans le sérail et c’est elle qui l’en délivre. De tous les opéras-bouffes de Rossini, celui-ci est sans doute le plus délibérément loufoque et débridé.

La création

L’Italienne à Alger a été créé le 22 mai 1813, au Teatro San Benedetto de Venise.

L'oeuvre à l'Opéra de Paris

L’Italienne à Alger a été représenté pour la première fois au Palais Garnier le 2 avril 1930 par la Compagnie Lyrique de Conchita Supervia, avec Conchita Supervia dans le rôle d’Isabella. En avril 1998, l’œuvre a été jouée dans une mise en scène de Andrei Serban, avec Jennifer Larmore (Isabella), Simone Alaimo (Mustafa), Bruce Ford (Lindoro) et Jeannette Fischer (Elvira), sous la direction de Bruno Campanella. C’est cette production, déjà reprise en 2000, 2004 et 2010 avec Vesselina Kasarova et Vivica Genaux dans le rôle-titre, qui est de nouveau à l’affiche.