© Andrea Messana

Dates / Prix

Palais Garnier - Première le 7 juin 2014 - 19h00

Tarifs : 10€, 25€, 45€, 70€, 115€, 180€, 195€

Durée : 3H15 avec un entracte

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Nouvelle production
L'Incoronazione di Poppea
Claudio Monteverdi
Présentation
À lire avant le spectacle
LE COURONNEMENT DE POPPÉE
OPÉRA EN UN PROLOGUE ET TROIS ACTES (1643)
MUSIQUE DE CLAUDIO MONTEVERDI (1567-1643)
LIVRET DE GIOVANNI FRANCESCO BUSENELLO
EN LANGUE ITALIENNE

La Fortune ni la Vertu ne peuvent rivaliser avec l’Amour qui, d’un signe, fait changer le monde : tel est le message que porte Le Couronnement de Poppée, ultime chef-d’oeuvre de Monteverdi. Trente-cinq ans ont passé depuis son Orfeo, qui ouvrait l’ère de la favola in musica. Dans la Cité des Doges, que Rome dit rongée par le vice, le compositeur signe cet opéra du désir et de la séduction, où la beauté de Poppée ensorcelle Néron et provoque la mort de Sénèque, l’exil d’Othon et la répudiation d’Octavie. Les colonnes des moeurs s’écroulent une à une sans que l’on puisse se raccrocher à aucun personnage, sinon à cette musique délicieusement enivrante : au crépuscule de sa vie, Monteverdi nous ouvre les portes d’un univers sensoriel où « la voix devient baiser, puis se transforme en écriture profonde » (Starobinski). Poète du geste et de l’espace, le metteur en scène Robert Wilson écrit avec « Poppée » un nouveau chapitre de son histoire avec l’Opéra de Paris.

Rinaldo Alessandrini Direction musicale
Robert Wilson Mise en scène
Giuseppe Frigeni Co-mise en scène
Robert Wilson / Annick Lavallée-Benny Décors
Jacques Reynaud / Yashi Costumes
A. J. Weissbard / Robert Wilson Lumières
ArtisteNoteRôle
Gaëlle Arquez
La Fortuna, Drusilla
Jaël Azzaretti
La Virtù, Damigella
Amel Brahim-Djelloul
Amore
Varduhi Abrahamyan
Ottone
Karine Deshayes
Poppea
Jeremy Ovenden
Nerone
Manuel Nuñez Camelino
Arnalta
Monica Bacelli
Ottavia
Giuseppe de Vittorio
Nutrice
Andrea Concetti
Seneca
Marie-Adeline Henry
Valletto
Nahuel Di Pierro
Mercurio
Salvo Vitale
Secondo Tribuno, Famigliare di Seneca
Valerio Contaldo
Soldato pretoriano, Lucano, Famigliare di Seneca, Secondo Console
Furio Zanasi
Soldato pretoriano, Liberto, Primo Tribuno
Concerto Italiano


COPRODUCTION AVEC LE TEATRO ALLA SCALA, MILAN


The American Friends Oof the Paris Opera & Ballet     Florence Gould FoundationAVEC LE SOUTIEN EXCEPTIONNEL DE THE AMERICAN FRIENDS OF THE PARIS OPERA & BALLET ⁄ FLORENCE GOULD AMERICAN ARTISTS FUND

en direct sur France Musique et en UER le 14/06

Le compositeur

Claudio Monteverdi, né à Crémone en 1567, mort à Venise en 1643. Aîné d’une famille de cinq enfants, il étudie la musique avec Marc’Antonio Ingegneri, puis se fait engager en 1590 comme joueur de viole et chanteur à la cour de Mantoue, chez le duc Vincenzo Gonzague, où il reste vingt-deux ans et compose de nombreuses pièces de musique de chambre et d’église. En 1601, il est nommé maître de chapelle du duc. A partir de ce moment, il s’intéresse de plus en plus aux expériences menées par les humanistes florentins et ses recherches aboutissent à la création du drame lyrique (Orfeo en 1607, Arianna en 1608). En 1612, à la mort de Vincenzo Gonzague, Monteverdi demande son congé et parvient à être nommé, un an plus tard, à la basilique Saint-Marc de Venise, où il fait venir son frère, Giulio Cesare, également compositeur et chanteur, et ses deux fils. Mais la peste lui enlève son fils Francesco en 1631 et peut-être son second fils. En 1632, Monteverdi se fait ordonner prêtre. Il se consacre désormais entièrement à Venise, écrit pour son église, pour des fêtes publiques et privées, s’occupe de ses élèves : Francesco Cavalli et Heinrich Schütz, entre autres. Venise ouvre alors au public payant ses théâtres lyriques et Monteverdi se laisse bientôt reprendre par son ancienne passion. Après une reprise d’Arianna et la création de quelques œuvres qui ne nous sont pas parvenues, il écrit Le Retour d’Ulysse dans sa patrie (1641), puis Le Couronnement de Poppée (1642). Il meurt l’année suivante, après un court voyage à Crémone et Mantoue.

L'oeuvre

Le Couronnement de Poppée est le dernier des trois opéras de Monteverdi qui nous soient parvenus de manière relativement complète, bien que certains musicologues lui en contestent l’entière paternité. Le livret, inspiré des Annales de Tacite et de Suétone, a été écrit par Giovanni Francesco Busenello, un aristocrate vénitien qui reçut une formation d’homme de loi et qui fut membre de l’Accademia degli Incogniti, la principale société intellectuelle de la ville. Il reprend un épisode de la vie de Néron – faisant ainsi de l’œuvre le premier opéra tiré d’un argument historique – et brosse un portrait saisissant des passions humaines, en opposant avec beaucoup d’habileté la vertu, incarnée par Sénèque, au mal, que représente l’amour adultère de Poppée et de Néron. Mais pour plaire au public de l’époque, et contrairement à ce qui passe dans Orfeo, destiné uniquement à l’auditoire de la cour de Mantoue, il fait intervenir des histoires secondaires et apparaître des personnages de basse extraction, qui reflètent le comportement des protagonistes et dialoguent même parfois avec eux. L’œuvre fait ainsi alterner les scènes tragiques avec d’autres plus comiques, les personnages nobles avec les gens du peuple, et acquiert une force théâtrale qui n’est pas sans rappeler le théâtre de Shakespeare.
Sur le plan musical, Monteverdi fait preuve d’une liberté de langage, qui trouve, à chaque problème théâtral, une solution adaptée. Il utilise beaucoup le récitatif, mais compose aussi de nombreux airs qu’il distribue de manière équitable entre les différents personnages. Et le couple formé par Poppée et Néron est bien sûr au centre de son inspiration. Les différentes éditions qui nous sont parvenues de l’œuvre ne mentionnent que la ligne de chant et la basse continue, ce qui oblige souvent à l’orchestrer pour pouvoir la faire représenter. Mais il est clair que Monteverdi utilisait peu d’instruments, préférant focaliser l’attention sur la ligne de chant et ses multiples possibilités structurelles.

La création

Le Couronnement de Poppée a été représenté pour la première fois durant l’automne 1642 au Teatro Grimano de Venise.

L'oeuvre à l'Opéra de Paris

Après des représentations à l’Opéra-Comique, Le Couronnement de Poppée a été représenté pour la première fois au Palais Garnier en mars 1978, dans la version orches­trée par Raymond Leppard, sous la direction de Julius Rudel, dans une mise en scène de Gunther Rennert, avec Gwyneth Jones, Jon Vickers, Christa Ludwig, Richard Stilwell, Nicolai Ghiaurov, Jocelyne Taillon et Valérie Masterson. En 2005, une nouvelle mise en scène signée par David Alden et dirigée par Ivor Bolton, était présentée au Palais Garnier avec Anna Caterina Antonacci dans le rôle de Poppée.