Charles Duprat / ONP

Dates / Prix

Opéra Bastille - Première le 27 octobre 2013 - 14h30

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Nouvelle production
Elektra
Richard Strauss
Présentation
À lire avant le spectacle
TRAGÉDIE EN UN ACTE, OP. 58 (1909)
MUSIQUE DE RICHARD STRAUSS (1864-1949)LIVRET DE HUGO VON HOFMANNSTHAL
En langue allemande

Le temps d’un lent crépuscule. Telle est l’indication scénique d’Hofmannsthal pour la représentation d’Elektra, tragédie en un acte d’une violence et d’une noirceur inouïes. Tel est aussi le nom que l’on a coutume de donner aux derniers feux de l’Empire austro-hongrois et de toute une Europe cosmopolite, celle des premières années du XXe siècle. C’est autour d’Elektra que se rencontrèrent en 1906 Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal, tous deux célèbres et à mi-parcours de leurs existences, tous deux héritiers reconnus et consacrés de la grande tradition germanique. Orchestre gigantesque, voix poussées dans leurs derniers retranchements, le post-wagnérisme atteint ses plus extrêmes limites et flambe une fois pour toutes en Elektra. Mais, contrairement à Salomé, ce brasier-là fut fertile et constitue la parfaite et profonde introduction aux œuvres futures, du Chevalier à la rose à Arabella. « Se retenir à ce qui est perdu, persister éternellement, jusqu’à la mort– ou bien vivre, continuer à vivre, aller plus loin, se métamorphoser, renoncer à l’unité de l’âme en restant soi-même dans la métamorphose, être toujours un homme, sans descendre au rang de l’animal dépourvu de mémoire, tel est le thème fondamental d’Elektra, la voix d’Electre contre celle de Chrysothémis, la voix héroïque contre la voix humaine. » (Hofmannsthal)

Philippe Jordan Direction musicale
Robert Carsen Mise en scène
Michael Levine Décors
Vazul Matusz Costumes
Robert Carsen / Peter Van Praet Lumières
Philippe Giraudeau Chorégraphie
Patrick Marie Aubert Chef de Choeur
ArtisteNoteRôle
Waltraud Meier
Klytämnestra
Irene Theorin
Elektra
Caroline Whisnant
(24 nov.)
Elektra
Ricarda Merbeth
Chrysothemis
Kim Begley
Aegisth
Evgeny Nikitin
Orest
Miranda Keys
Die Aufseherin
Anja Yung / Susanna Kreusch / Heike Wessels/ Barbara Morihien / Eva Oltivanyi
Fünf Mägde

Orchestre et Choeur de l’Opéra national de Paris


PRODUCTION ORIGINALE DE LA FONDATION TEATRO DEL MAGGIO MUSICALE FIORENTINO, COPRODUITE AVEC LE SPRING FESTIVAL IN TOKYO-TOKYO OPERA NOMORI

Avec le soutien exceptionnel du docteur Léone Noëlle Meyer

 

en différé sur France Musique le 20/11 à 20h

 

Le compositeur

Richard Strauss (né à Munich en 1864, mort à Garmisch-Partenkirchen en 1949). Fils d'un célèbre corniste munichois, Richard Strauss établit d'abord sa réputation comme compositeur de musique symphonique. En 1894, il dirige Tannhäuser à Bayreuth et ses premiers opéras, Guntram et Feuersnot, sont très influencés par la musique de Wagner. Salomé, en 1905, d’après la pièce d’Oscar Wilde, lui apporte une célébrité autant due au caractère novateur de la musique qu’à l’aspect sulfureux du sujet. Elektra, en 1909, marque le début d'une longue collaboration avec le poète autrichien Hugo von Hofmannsthal et témoigne d'une violence rarement atteinte dans le domaine de l'opéra. Avec Le Chevalier à la rose (1911), Strauss semble s'assagir en revenant à la tradition viennoise de l'opéra de caractère. Suivent Ariane à Naxos (1912), La Femme sans ombre (1919), Intermezzo (1924), Hélène d'Egypte (1928), Arabella (1933), La Femme silencieuse (1935), Friedenstag (1938), Daphné (1938), L'Amour de Danaé (1938-1940), Capriccio (1942).
Quelques mois avant sa mort, il compose les Quatre derniers Lieder pour soprano et orchestre.
Directeur artistique de l'Opéra de Vienne de 1919 à 1925, Richard Strauss fut aussi un des chefs d'orchestre les plus fameux de son temps, éminent interprète de ses propres œuvres, mais aussi des opéras de Mozart et de Wagner. S'il ne fut pas un novateur à proprement parler, son importance, du point de vue du style et de l'esthétique, fut cependant considérable.

L'oeuvre

Elektra est la première collaboration entre Strauss et Hofmannsthal. Le compositeur avait vu la pièce, inspirée par Sophocle, au Deutsches Theater de Berlin en 1904 et il s’était tout de suite rendu compte qu’elle correspondait exactement à ce qu’il souhaitait exprimer. Mais il craignait qu’on y vît trop une ressemblance avec Salomé, son précédent opéra, et il lui fallut donc deux ans avant de prendre sa décision. Hofmannsthal parvint à le convaincre, en lui disant que : « Tandis que dans une atmosphère chargée et trouble Salomé joue dans le pourpre et le violet, Elektra est un mélange de lumière et de nuit, de noir et de clarté. »
Dans l’œuvre, les femmes ont une place prédominante. Elle est dominée, bien sûr, par le personnage éponyme, qui semble n’avoir qu’un seul but : attente le retour de son frère Oreste pour venger le meurtre de son père Agamemnon par sa mère Clytmnestre et par son amant. Ce rôle écrasant (Electre est presque tout le temps en scène ; elle est « brûlée intérieurement » par le désir de vengeance et la haine, mais sait aussi faire preuve d’une étonnante tendresse lors du retour de son frère), est un des plus intenses du répertoire. A ses côtés, Clytemnestre, hallucinée et paralysée par ses rêves angoissants, témoigne de l’influence grandissante à l’époque des théories freudiennes. La troisième figure féminine, enfin, Chrysothémis, la sœur d’Electre, est aussi le seul personnage humain du drame. Elle met en garde sa sœur contre ce qui l’attend et préfère la vie à la mort. Par là même, elle révèle le sens profond de l’œuvre : « Qui veut vivre doit oublier ».
Sur le plan musical, l’œuvre est, comme Salomé, d’un seul bloc. Mais elle fait preuve encore davantage de violence que l’opéra précédent. Bien que basée sur un langage tonal, elle va aux limites de l’harmonie, en particulier lors du songe de Clytemnestre. Les passages les ­ fameux en sont le premier air d’Electre, les confrontations entre les deux sœurs et entre la mère et la fille, et bien sûr la scène de la reconnaissance d’Oreste, dont Romain Rolland disait qu’elle « touche au sublime du cœur ».

La création

Elektra a été créé le 25 janvier 1909 au Königliches Opernhaus de Dresde.

L'oeuvre à l'Opéra de Paris

Elektra a été représenté pour la première fois au Palais Garnier en 1932, avec Germaine Lubin dans le rôle-titre, dans une mise en scène de Jacques Rouché. En 1974, une nouvelle production était présentée dans ce théâtre, sous la direction de Karl Böhm, dans une mise en scène d’August Everding, avec Birgit Nilsson (Electre), Christa Ludwig (Clytemnestre), Leonie Rysanek (Chrysothémis), Tom Krause (Oreste). Reprise plusieurs saisons consécutives, cette production permit aussi d’entendre Ursula Schröder-Feinen (Electre), Astrid Varnay (Clytemnestre) et Hans Sotin (Oreste). En 1992, l’œuvre a fait son entrée à l’Opéra Bastille, sous la direction musicale de Michael Schonwandt, dans une mise en scène de David Pountney, avec Gwyneth Jones (Electre), Leonie Rysanek (Clytemnestre), Sabine Hass (Chrysothémis) et Philippe Rouillon (Oreste). En 2005, une nouvelle production signée par Matthias Hatmann réunissait Deborah Polaski, Felicity Palmer, Eva Maria Westbroek et Markus Brück, sous la direction musicale de Christoph von Dohnányi.