© Eric Mahoudeau / OnP

Dates / Prix

Palais Garnier - Première le 25 janvier 2014 - 19h30

Tarifs : 10€, 25€, 45€, 70€, 115€, 140€, 185€

Durée : 3H37 avec 2 entractes

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Alcina
Georg Friedrich Haendel
Présentation
À lire avant le spectacle
En langue italienne
OPERA SERIA EN TROIS ACTES (1735)
MUSIQUE DE GEORG FRIEDRICH HAENDEL (1685-1759) LIVRET ANONYME ADAPTÉ DE L’OPÉRA DE RICCARDO BROSCHI L’ISOLA DI ALCINA D’APRÈS ORLANDO FURIOSO DE L’ARIOSTE
En langue italienne

« Tu recevras d’Alcina le sceptre et la puissance, et tu seras le plus heureux des mortels. Mais tu ne tarderas pas à devenir bête, fontaine, arbre ou rocher. » En 1735, Haendel signait avec Alcinason troisième opéra inspiré de l’Orlando furioso, dont sont extraits ces vers. Depuis Médée jusqu’à Carmen, l’histoire de l’opéra n’a cessé d’être hantée de femmes ensorcelant les hommes. Alcina ne fait pas exception, qui séduit ses victimes jusqu’à leur faire oublier leur propre patrie : danger de l’amour déréglé ou délices de l’abandon de soi ? Il faudra toute la ténacité d’une Bradamante grimée en guerrier pour délivrer son fiancé Ruggiero des griffes de l’enchanteresse.
Par-delà le merveilleux, le génie de Haendel s’attache à peindre en Alcina une femme blessée, profondément humaine et pathétique : le chant de la magicienne déchue nous inspire une étrange compassion. De cette ambiguïté, du clair-obscur des sentiments et des travestissements du désir, la mise en scène de Robert Carsen – qui fit entrer l'oeuvre au répertoire - sait jouer avec finesse.

Christophe Rousset Direction musicale
Robert Carsen Mise en scène
Tobias Hoheisel Décors et costumes
Jean Kalman Lumières
Philippe Giraudeau Mouvements chorégraphiques
Ian Burton Dramaturgie
Alessandro Di Stefano Chef de Choeur
ArtisteNoteRôle
Myrtò Papatanasiu
Alcina
Anna Goryachova
Ruggiero
Sandrine Piau
Morgana
Patricia Bardon
Bradamante
Cyrille Dubois
Oronte
Michał Partyka
Melisso
Choeurs de l'Opéra de Paris
Les Talens Lyriques

ANNENBERG FOUNDATION/GRoW
AVEC LE SOUTIEN EXCEPTIONNEL DE LA ANNENBERG FOUNDATION ⁄ GRoW

Le compositeur

Georg Friedrich Haendel, né le 23 février 1685 à Halle, mort le 14 avril 1759 à Londres.
Après des études à l’Université de Halle et un voyage en Italie où, sous l’influence de compositeurs de renom (Corelli, Scarlatti, etc), il compose des œuvres lyriques (Rodrigo, Agrippina, Aci, Galatea e Polifemo), Haendel s’installe, en 1710, à Londres. Le premier opéra qu’il y fait représenter sur la scène du Queen’s Theatre de Haymarket, Rinaldo, qui est aussi le premier opéra italien qu’on ait écrit pour une scène londonienne, lui vaut un triomphe. Suit alors un nombre considérable d’œuvres pour le Théâtre de Haymarket (Teseo, Amadigi, etc.) et pour la Royal Academy of Music (Radamisto, Giulio Cesare, Tamerlano, Rodelinda, etc). A cause de cabales politiques et de discordes entre les chanteurs, cette dernière est bientôt dissoute et une seconde, créée un an plus tard, ne connaît pas un sort meilleur : elle finit ruinée, car la concurrence que lui fait subir une compagnie rivale où brille le fameux castrat Farinelli est trop féroce. Le succès de ses opéras commençant à décliner, Haendel se tourna vers l’oratorio, genre pour lequel il avait déjà composé Saul et Israel in Egypt. Entre 1741 et la fin de sa vie, il écrit quelques unes de ses plus grandes œuvres : Le Messie, Semele, Hercules, Susanna, Solomon, Jephta, Judas Maccabaeus. Naturalisé anglais, il meurt à Londres à l’âge de soixante-quatorze ans et est enterré à Westminster Abbey.

L'oeuvre

Alcina est avec Orlando et Ariodante le troisième opéra de Haendel inspiré du Roland furieux de l’Arioste. Le livret, qui est une sorte de variante du mythe de Circé, est basé sur celui de L’Isola di Alcina, une œuvre que Riccardo Broschi (le frère de Farinelli) fit représenter à Rome en 1728 et dont Haendel eut vraisemblablement connaissance lors de son voyage en Italie, l’année suivante. A la différence d’Ariodante, qui se situe davantage sur un plan humain, Alcina est un opéra « merveilleux », qui abonde en transformations magiques et en effets surnaturels qu’adorait le public de l’opéra baroque. Le choix d’une œuvre riche en effets de cette sorte était aussi dû au fait qu’à l’époque où il l’écrivit, Haendel, après les saisons au Haymarket et aux deux Royal Academy of Music, venait de s’installer au Théâtre Royal de Covent Garden et que ce théâtre était dirigé par John Rich, un homme qui accordait un soin particulier à la réalisation de ses spectacles. Par ailleurs, ce théâtre disposait d’une machinerie particulière, qui renforçait l’illusion scénique et faisait participer le public plus intimement à l’action. Tout était donc réuni pour offrir un spectacle fastueux et, de fait, l’œuvre obtint un accueil triomphal.
Sur le plan musical, Alcina s’apparente à l'opera seria, c’est-à-dire à un genre qui fait se succéder des airs reliés par des récitatifs. A chacun des personnages, Haendel offre des pages brillantes, destinées à mettre en valeur la virtuosité vocale des chanteurs et les différentes facettes de leur talent. Le rôle de Ruggiero, initialement écrit pour un castrat, est interprété aujourd’hui par un mezzo-soprano. C’est pour lui que le compositeur écrivit l’air célèbre « Verdi prati », que Giovanni Carestini, le castrat alto qui créa le rôle, refusa dans un premier temps, parce qu’il le trouvait indigne de son talent. Quant au rôle-titre, particulièrement riche et émouvant, il montre une femme dans la splendeur de sa séduction, mais aussi dans les affres du désespoir amoureux et de l’abandon.

La création

Alcina a été créé le 16 avril 1735 au Covent Garden de Londres.

L'oeuvre à l'Opéra de Paris

Alcina a été représenté pour la première fois au Palais Garnier en juin 1999, dans la mise en scène de Robert Carsen, les décors et les costumes de Tobias Hoheisel, avec Renée Fleming (Alcina), Susan Graham (Ruggiero), Natalie Dessay (Morgana), Kathleen Kuhlmann (Bradamante) sous la direction de William Christie (Orchestre et Chœurs des Arts Florissants). C’est cette production, reprise en 2004 avec Luba Orgonasova, Vesselina Kasarova, Patrizia Ciofi et Vivica Genaux, sous la direction de John Nelson, et en 2007 avec Emma Bell dans le rôle-titre qui est de nouveau à l’affiche cette saison.