Xavier Pinon / OnP

Dates / Prix

Amphithéâtre - Première le 24 janvier 2014 - 20h00

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TOUT PUBLIC
Tarif 16€ / Enfants (moins de 13 ans) 5€

SCOLAIRES
Tarif 5€
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Tout public et scolaires
CHAT PERCHÉ, OPÉRA RURAL
CAROLINE GAUTIER ⁄ JEAN-MARC SINGIER
Présentation
À lire avant le spectacle
À PARTIR DE 8 ANS CE2, CM, COLLÈGES, LYCÉES

OPÉRA D’APRÈS « LES CONTES DU CHAT PERCHÉ » DE MARCEL AYMÉ
(© ÉDITIONS GALLIMARD, 1939)

La reprise de cette création invite les spectateurs à retrouver l’univers de Marcel Aymé où alternent poésie et humour. Les animaux de la ferme chantent, jouent, dansent, au rythme d’une partition alliant les voix aux sonorités festives d’une petite fanfare dans un savant bric-à-brac musical.

Jean-Marc Singier Composition musicale
Caroline Gautier Conception, livret et mise en scène
Pierre Roullier ⁄ Philippe Ferro Direction musicale
Dominique Boivin Chorégraphie
Bruno de Lavenère Scénographie
Sylvie Skinazi Costumes
Daniel Lévy Lumières
Christine Erbé Collaboration artistique


Avec

Florence Peyrard, Camille Revol Danseuses-contorsionnistes
Sylvie Althaparro, Sonia Bellugi, Robert Expert, Michel Hermon, Marc Molomot Chanteurs
Salomon Baneck-Asaro Danseur
Et les Musiciens de l’Ensemble 2E2M

Production Artis Diffusion ⁄ Coproduction Bouche d’Or - Compagnie Caroline Gautier, Ensemble 2e2m, Arcal, Festival Archipel-Genève, Le Théâtre – Scène nationale de Mâcon ⁄ soutiens arcadi, Fonds de création lyrique, Drac Île-de-France  ⁄ avec l’aide de l’opéra national de paris, des villes d’argenteuil, de champigny et l'aide à la création musicale du Conseil général du Val-de-Marne

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> Atelier vocal
adultes-enfants, animé par Caroline Gautier, metteur en scène

Janvier 2014 : 18 (10h30)

Amphithéâtre Bastille
Atelier ouvert aux détenteurs de billets / Entrée gratuite en fonction des places disponibles 
Réservation obligatoire au 08 92 89 90 90 (0,34€ TTC la mn) à partir du 11 décembre 2013

 

>Ateliers de sensibilisation
possibles dans les établissements scolaires

ArtisteNoteRôle

La puissanc e de la vie

Caroline Gautier rêvait de porter sur scène l’univers poétique, âpre et magique des Contes du Chat Perché de Marcel Aymé : « Il a situé ses contes dans le Jura, la terre de son enfance, une terre inquiétante. Son talent est d’avoir réussi à planter dans ce décor cosmique des récits limpides et drôles, où hommes et animaux obéissent à un ordre qui les dépasse. »

Du recueil des quinze Contes du Chat Perché, elle a choisi d’adapter « Le Paon » et « Le Canard et la Panthère » qui évoquent, entre fantastique ludique et réalité sociale, deux notions mythologiques, la métamorphose et l’apothéose. « Le premier est, à l’instar des Métamorphoses d’Ovide, l’histoire d’un cochon, en quête de beauté, dont l’image est modifiée et transcendée, par sa volonté mais aussi par un hasard quasi divin. Loin d’être triste, la fin du second conte marque l’aboutissement d’un cheminement qui va vers l’absolu. »

Pas de morale, à proprement dite, dans ces contes, mais une vision authentique d’une « tribu rurale » dont Marcel Aymé épingle les travers avec un humour caustique mêlé à beaucoup d’indulgence. Sous-préfet, parents, cousine, fanfare et animaux de la ferme sont les protagonistes de situations vues au travers du regard des deux petites héroïnes, Delphine et Marinette. Tous viennent apporter à cette photo de famille cocasse d’un coin reculé de la terre leur touche singulière, le sous–préfet vante l’instruction et le progrès, les parents le travail obstiné, la cousine l’élégance, le canard le goût de la géographie ou la panthère celui du jeu. Delphine et Marinette représentent « ce filet d’eau pur, porteur de sens, qui se faufile et croît dans cette terre stérile avec grâce. » En étroite complicité avec les animaux, doués naturellement de paroles et de conseils souvent pertinents, elles rêvent, jouent, trichent, rusent et grandissent face à un monde d’adultes, confinés dans des fonctions rigides et utilitaires. Leur image s’oppose à celle de leurs parents, couple toujours courbé sur leur terre ingrate à l’affût de la prochaine bête à saigner et manger.

L’équipe, parlons plutôt de troupe, est à l’image de l’oeuvre qui échappe à toute catégorisation, toute recette préétablie. Sur le fil entre théâtre et opéra, danse et cirque, fanfare populaire et virtuosité musicale, sont réunis sur le plateau des artistes de tous horizons, musiciens, chanteurs, danseurs, circassiens pour servir, dans un même souffle, la puissance vitale des contes de Marcel Aymé. Chaque interprète, y compris les cinq musiciens (trompette, trombone, percussions, clarinette, saxophone), - tantôt fanfare, tantôt choeur d’animaux - vient joindre sa partition textuelle, gestuelle et musicale à celle des autres.

Dans une pluralité de registres, de la déclamation théâtrale aux phrasés rythmiques de comptines, selon des timbres différents, les voix précieuses, agressives, chuchotées, ornementées participent à la création d’une musicalité composite toujours surprenante. Le cochon est interprété par un ténor magnifique, rondouillard et drôle, le paon, par un haute-contre, qui campe l’oiseau avec une élégance sophistiquée. C’est une jeune colorature, une petite italienne brune et pétillante, qui joue le canard. Au côté de ces solistes virtuoses, c’est un danseur issu du hip hop qui se glisse avec souplesse dans la peau de la panthère. Enfin, Delphine et Marinette, sont deux contorsionnistes « utilisant la parole en cours de mouvement, le chantonnement pour ponctuer leurs figures. La grâce de leurs gestes et le charme dérangeant de leur double image soulignent l’étrange beauté, la note dominante des Contes du Chat Perché. » Jean-Marc Singier, ce bricoleur de matériaux sonores, a mitonné une partition truculente où l’hétérogénéité des voix, des instruments et des sons d’objets divers sert un récit porté par les mondes de l’enfance, de la ruralité et du rêve. Le tout se joue dans un décor évocateur et mystérieux qui laisse la part belle à tous les imaginaires.

Dominique Duthuit