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OPÉRA UNIVERSITÉ
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Autour de La Ville Morte et Salomé

novembre 2009

Extraits de travaux des élèves de l’Ecole Polytechnique – Promotion 2007
Responsable pédagogique : Violaine Anger

[…] Mais la plus grande difficulté est bien que tout cela, toute cette diversité de l’opéra, doit se fondre en une impression générale, en une unité pour exprimer un sens, des sentiments. La cohérence de l’esthétique du moment avec l’ensemble du spectacle, le maintien de l’attention du spectateur sur ce qu’on veut lui montrer (que ce soit la mise en valeur d’une phrase musicale, d’un symbole ou d’une réflexion intellectuelle) sont le grand défi de la mise en scène. […] J’ai par exemple remarqué que je suis assez sensible aux effets visuels, surtout s’ils s’accordent à la musique. Ainsi, dans La Ville morte de Korngold, mise en scène par Willy Decker, j’ai particulièrement apprécié la scène de la procession, où les jeux d’ombres et de lumières derrière le tulle, ajoutés aux attributs flamands du catholicisme qui soulignaient le mysticisme de Paul et la solennité de l’instant, pause dans le long cauchemar de cet opéra, conjuguaient l’esthétique visuelle avec la pureté du chœur d’enfants.

Ambroise van Roekeghem

 



La Ville morte Carrousel« Les bons spectacles sont ceux où l’on se rend compte qu’il y a tout cela, sans s’en rendre compte. C’est infini. »
[…] Parfois même, sans pour autant disséquer un opéra auquel on assiste, on se sent presque perdu, comme si quelque chose d’important nous échappait. On est souvent trop pris par le drame qui se joue, si bien que l’on se demande si on ne goûte pas assez la partition musicale. Ou alors on va se laisser captiver par un effet de mise en scène qui, joint à une phrase mélodique que l’on va juger remarquable, nous en fait oublier le sens dramatique lui-même. […] Comment l’opéra, qui rassemble plusieurs domaines artistiques, pourrait être saisi entièrement en une fois ? Dans cette optique, l’opéra devient bien quelque chose d’infini. On n’en a jamais fini, on est submergé par un spectacle plus grand et plus riche que notre capacité de perception immédiate. Un tel dépassement est pour l’homme une évocation de l’infini, quelque chose qu’on ne peut appréhender tout ensemble, en même temps.

François Charbonnier

 



Salomé CarrouselDans mon expérience de l’opéra, les moments que j’ai préférés, étaient effectivement ceux où j’ai senti une harmonie entre toutes les composantes de l’opéra. […]Les moments que j’ai le plus appréciés dans les différents opéras que ce séminaire m’a permis de voir sont ceux où la musique, le chant, la mise en scène sont en harmonie et expriment tous un même sentiment, une même idée. Je pense à des moments forts comme la fin de Salomé, lorsque celle-ci tient la tête de Jokanaan dans les mains. Cette scène m’a marquée car je me suis senti immergé dans le spectacle. La musique, la voix de Salomé, le jeu d’acteur, « tout cela » était en harmonie et j’étais absorbé par la scène. Un élément important est aussi que je profitais du moment sans me poser de question sur la mise en scène, la musique etc… Toutes les conditions sont réunies pour que l’on apprécie le spectacle, on sent cela sans pouvoir, ni vouloir analyser, sur le moment, pourquoi cela nous plaît.

Jean-Baptiste Deusle