Michaela Kaune
chante l'Ode à la lune de Dvorak



C’était en 1998, ou 99 peut-être… Au siècle dernier en tout état de cause : aller à Munich nécessitait encore que l’on passât au bureau de change ! Michaela Kaune, une toute jeune Pamina, se révélait aux côtés du Tamino de Rainer Trost. Sa jeunesse, son apparente fragilité, sa lumière aussi, ce frémissement du chant qui sait se faire âme, semblait soutenir sans peine la présence d’un Sarastro pourtant monumental, celui du légendaire Matti Salminen – aussi imposant de stature que de voix. Une découverte assurément, et dont on se doutait bien que le nom ne resterait pas longtemps confidentiel…

 

Cette soprano hambourgeoise, ingénue mais sûre déjà, sûre de son chant et de son jeu, nous devions la retrouver quelques années plus tard en Freia de L’Or du Rhin, Helmwige de La Walkyrie puis, surtout, en Eva des Maîtres Chanteurs de Nuremberg. Métamorphosée ? Pas même ; juste grandie, mûrie certes, mais avec cette même façon de chanter clair et lumineux toujours, et juvénile. Un chant comme densifié peut-être, électrisé, mais en rien alourdi. Ce sont ces qualités-là qui n’ont pas dû manquer de charmer les bienheureux auditeurs berlinois, où elle fit plus d’une décennie durant quelques-uns des beaux soirs de la Deutsche Oper, où elle fut en troupe depuis 1997. Mozart y était son quotidien, si l’on peut dire : Pamina donc, Ilia d’Idomeneo, la Comtesse des « Noces » et jusqu’à la plus véhémente Donna Elvira, où l’on sentait déjà poindre cette énergie sereine, cette tension de feu qui devaient devenir la marque de fabrique de ses jeunes héroïnes wagnériennes. Et petit à petit, avec la sagesse des artistes qui savent ne pas brûler les étapes, elle ajouta, saison après saison, quelques rôles nouveaux, un peu plus lourds, censément plus exposés – Agathe du Freischütz, Rosalinde de la Fledermaus, les Wagner cités plus haut. Mais sans jamais oublier de garder Mozart à son répertoire, non pas comme ascèse : comme jouvence !

 

Sans se départir de ce répertoire – qui demeure la « santé de la voix », comme disent les grands anciens –, elle fait aujourd’hui évoluer peu à peu ses rôles, les rééquilibrant, en laissant un peu plus de place chaque jour à ce que nos amis allemands qualifient de « jeune dramatique » ; ce sont ces personnages sur lesquels elle se concentre désormais, mais en donnant toujours à ses Gutrune du Crépuscule des dieux, à ses Jenufa et autres Ariane (dans Ariane à Naxos de Richard Strauss) la même grâce, la même souplesse qu’elle met à sa Maréchale (Le Chevalier à la rose), ou encore à Arabella, avec ses exigences de longueur de souffle, de ligne, de légèreté dans l’aigu, et de densité vocale. Garder la souplesse et la ligne mozartiennes dans des rôles aussi lourds, en faisant face à des orchestres souvent roboratifs, ce sont là des qualités que l’on pourrait pourtant croire antinomiques…

 

En France, Michaela Kaune s’est faite bien discrète : à peine une Donna Elvira à Montpellier en 2002, et dans la mémorable mise en scène faite pour Strasbourg par Achim Freyer, puis un concert parisien en 2004, avec le rare Stabat Mater de Karol Szymanowski et la Quatrième Symphonie de Mahler sous la baguette de Christoph Eschenbach… C’est peu. Ce n’est pourtant pas qu’elle n’aime pas la musique française : on l’a entendue en Marguerite de Faust, en Micaela, en Madame Lidoine même… Quant à l’Opéra de Paris, après l’avoir accueillie en 1999 en Comtesse des Noces de Figaro, c’est en Comtesse de Capriccio qu’il l’invite aujourd’hui. Quand on sait le soin que l’artiste a toujours porté au châtié de sa diction, disant son chant comme en son temps un Chaliapine, dont on ne sait trop s’il chantait en parlant, ou parlait en chantant, ce rôle est une véritable mise en abyme pour elle : d’entre les mots et la musique, elle ne se demande pas lesquels priment ; leur union est affect qui ne dépend plus ni de l’un ni de l’autre, mais les transcende tous deux pour quelque signification plus haute – et plus profonde. D’ailleurs, si on lui demandait, gageons qu’elle ne choisirait pas entre Olivier et Flamand !

Published on
08 September

Performance's extract

"Largo al factotum" Extrait de la nouvelle production du Barbier de Séville
"Dite alla giovine" La Traviata
"Un di, felice, eterea" La Traviata
IL BARBIERE DI SIVIGLIA Excerpt from the new production
Peace Orphée et Eurydice
Death Orphée et Eurydice
Mourning Orphée et Eurydice
Karine Deshayes Romeo
I Capuleti e i Montecchi excerpt
Die Zauberflöte "Der Vogelfänger bin ich ja"
Amandine Albisson named "Danseuse Étoile" video
Le Cid Excerpt
Rusalka DVOŘÁK
alceste Gluck
Pelléas and Mélisande Debussy
Ariadne auf Naxos Strauss
Don Giovanni Mozart
Angela Gheorghiu Adriana Lecouvreur
Isabelle Ciaravola dances Tatiana in Onéguine
Arrêts de jeu Pierre Rigal
Myrtò Papatanasiu Alcina
Air de Morgana "Tornami a vagheggiar" Sandrine Piau
Karine Deshayes
Alice Renavand named "Étoile" de l’Opéra national de Paris
Le Parc - " résistance " Angelin Preljocaj
I puritani "Quando la tromba squilla"
La Belle au bois dormant Rudolf Nureyev
I puritani - "Vieni fra queste braccia" Vincenzo Bellini
I puritani Bellini
Le Parc - Pas de deux Angelin Preljocaj
Darkness is hiding black horses Saburo Teshigawara
Alceste Sophie Koch and Yann Beuron
La Dame aux camélias John Neumeier
Béjart / Nijinski / Robbins / Cherkaoui, Jalet 4 excerpts
Bolero Cherkaoui /Jalet
Hänsel und Gretel Engelbert Humperdinck
Eleonora Abbagnato named " Etoile "
Ricarda Merbeth Récital à l'Amphithéâtre Bastille
Carmen - Épisode 8 l'Amour est un oiseau rebelle
Carmen - Épisode 7 Extrait de spectacle
Extraits de Sous apparence Marie-Agnès Gillot
Die Nacht Hans-Jürgen Syberberg
Les Noces de Figaro Images d'hier et d'aujourd'hui
Lumières Dix Mois d'Ecole et d'Opéra
Michaela Kaune chante l'Ode à la lune de Dvorak
Myriam Ould-Braham promoted " Danseuse Etoile "
Josua Hoffalt nommé Danseur Étoile
Ludmila Pagliero nommée Danseuse étoile
Benjamin Britten’s work at the Opera Bastille Billy Budd or innocence corrupted
A day with La Source on France 3
La Source Jean-Guillaume Bart - extrait
Lulu Alban Berg
Renata Tebaldi La Force du destin
Psyché Alexei Ratmansky
Phèdre Serge Lifar
Faust Charles Gounod
Kloing ! Olga Neuwirth
Giselle - pas de deux Coralli / Perrot
L'Anatomie de la sensation pour Francis Bacon Wayne McGregor
Les Années de pèlerinage Mûza Rubackyté
Akhmatova Bruno Mantovani
Rain Anne Teresa De Keersmaeker
Katia Kabanova Leos Janacek
La Fiancée vendue Bedrich Smetana
Il Trittico Giacomo Puccini
Soirée Roland Petit
Kaguyahime Jiri Kylián - Saison 2009-2010
La Walkyrie Richard Wagner
La petite Renarde rusée Leoš Janácek
La Bayadère Rudolf Noureev
Les Contes d'Hoffmann Jacques Offenbach -Saison 2009-2010
The Concert Jerome Robbins

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