Pierre Grobois

Dates / Prix

Amphithéâtre - First performance on 13 February 2014 - 2:30PM

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General public and schools
ARRÊTS DE JEU
DANSE – PIERRE RIGAL ⁄ AURÉLIEN BORY
Presentation
Pre-performance reading
À PARTIR DE 7 ANS CE, CM, COLLÈGES
Avec Arrêts de jeu, Pierre Rigal met en scène un souvenir d’enfance : la défaite de la France contre la RFA en demi-finale de la Coupe du monde de football de 1982. Sur scène, quatre joueurs, danseurs, acrobates retracent cet évènement et s’amusent avec les échappées, les zooms, les retours en arrière, les ralentis et bien évidemment les arrêts sur image.


Pierre Rigal Conception et chorégraphie
Aurélien Bory, Pierre Rigal Mise en scène
Joan Cambon, Sylvain Chauveau Musique
Aurélien Bory, George Dyson, Pierre Rigal Lumières, vidéo
Sylvie Marcucci Costumes
Sophie Schneider Assistante artistique

Avec

Elena Borghese, Benoît Canteteau, Pierre Cartonnet, Pierre Rigal Danseurs

Production Compagnie dernière minute ⁄ Coproduction TNT – Théâtre National de Toulouse Midi-Pyrénées, Théâtre de la Ville – Paris, Arcadi ⁄ Avec le soutien de la DRAC Midi-Pyrénées, du DICREAM, de l’ADAMI, du Conseil Général de la Haute-Garonne, de la Ville de Toulouse et de AFAT Voyages et Repérages

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ArtisteNoteRôle

Note d'intention de Pierre Rigal

Arrêts de jeu met en scène un souvenir. Un souvenir à la fois collectif et intime. Un souvenir d’enfance. En 1982, l’équipe de France de football rencontre la RFA en demi-finale de la Coupe du monde à Séville. Arriver à un tel stade de la compétition constituait déjà en soi une réelle performance pour cette équipe loin d’être favorite. Le rêve d’accéder à la finale passait donc par la réalisation d’un improbable exploit face à l’ogre allemand, rigoureux et discipliné, physiquement agressif et supérieur. L’équipe de France n’avait pour elle que la fantaisie audacieuse et périlleuse de ses joueurs frêles et enthousiastes. Le scénario de cette partie reste encore dans les mémoires des enfants que nous étions à l’époque. Battiston tombe dans le coma, agressé par le gardien Schumacher. L’arbitre refuse injustement un but de Rocheteau. Les Platini, Giresse, Tigana, Trésor sont des héros. Ils défient courageusement leurs adversaires. 3-1 pour les français dans les prolongations. Les allemands égalisent à quelques secondes de la fin. La séance de tirs au but est interminable, insoutenable. Maxime Bossis manque son penalty. Flirter avec l’exploit et échouer. Echouer injustement. La RFA vole la victoire aux joueurs français effondrés. L’équipe, ainsi que l’ensemble des supporters dont je faisais partie du haut de mes 9 ans, fut envahie d’une immense et inconsolable déception.
Outre l’enjeu sportif crucial, cette rencontre revêtait évidemment un caractère politique sous-jacent. Les tensions ancestrales entre les deux pays ressurgissaient à la surface et s’exprimaient de manière déguisée. La deuxième guerre mondiale, même si l’on n’osait pas le dire, flottait dans les esprits. Le sport, souvent rassembleur, peut aussi catalyser des mythes, des fantasmes et les clichés. Ce fut le cas ce soir de juillet 1982.
La « célébration » chorégraphique, théâtrale et graphique de cette rencontre sportive à la dramaturgie si étonnante met en valeur, à travers le rituel et la commémoration, les mythologies collectives et intimes qui construisent nos souvenirs.
A la fois solennelle, absurde, sacrée ou ridicule, cette cérémonie évoque, à travers l’exploration du « jeu » au sens large, les plaisirs, les enjeux et les paradoxes de l’enfance. Les corps sont des images, des visages, des jouets, des joies, des angoisses, des rêves puis des cauchemars. Les corps sont tantôt idiots, tantôt solennels, tantôt absurdes, tantôt perspicaces, tantôt agiles, tantôt maladroits.
Cette manifestation « régressive » de ces souvenirs me permet finalement d’observer ma posture actuelle d’adulte et d’appréhender, peut-être avec crainte, mes souvenirs prochains.

Pierre Rigal