Andrea Messana / OnP

Dates / Prix

Opéra Bastille - First performance on 25 November 2013 - 7:30PM

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New production
I Puritani
Vincenzo Bellini
Presentation
Pre-performance reading
LES PURITAINS
MELODRAMMA SERIO EN TROIS PARTIES (1835)
MUSIQUE DE VINCENZO BELLINI (1801-1835)
LIVRET DE CARLO PEPOLI
EN LANGUE ITALIENNE

En ces années où l’Europe entière s’abandonnait au Romantisme, quelle nation ne rêvait à l’Italie ? Goethe faisait chanter à sa Mignon ce paysage de Sicile où se découpe un oranger en fleurs ; Stendhal et Heine précédaient leurs lecteurs dans telle ruelle florentine ou au bord de telle fontaine romaine ; Glinka, premier compositeur absolument russe, venait y apprendre ce qu’est le chant qui, lui, ne pouvait être qu’absolument italien. Les dilettante lui donnaient raison et se précipitaient pour entendre, de Londres à Paris et de Vienne à Saint-Pétersbourg, les dive et divi. La seule à échapper à ce culte furieux était l’Italie elle-même. Son romantisme, qui comme tout romantisme est d’abord insatisfaction et aspiration, ne pouvait porter ses propres couleurs. Ses artistes ne rêvaient que brumes et pluies et allaient assombrir à des bords moins riants, chantés par Shakespeare ou Schiller, des cantilènes faites pour l’air et la mer bleus. Dans les premiers jours de 1835, Les Puritains de Bellini, créé par quatre des plus grands chanteurs du temps, la Grisi, Rubini, Tamburini et Lablache, connurent un succès sans précédent : une histoire d’amour impossible et de vengeance dans l’Angleterre du XVIIe siècle, et portée par le plus beau chant qui soit. Au deuxième acte, Elvira y apparaissait folle, exhalant une mélodie d’une déchirante pureté, bien digne d’inspirer un nocturne à Frédéric Chopin. La vogue des Puritains emporta tout avec elle et même Bellini qui s’éteignit quelques mois plus tard dans une villa de Puteaux, en proieà la plus terrible des mélancolies.

Michele Mariotti Conductor
Laurent Pelly Stage direction and costumes
Chantal Thomas Sets
Joël Adam Lighting
Patrick Marie Aubert Chorus master
ArtisteNoteRôle
Wojtek Smilek
Lord Gualtiero Valton
Michele Pertusi
Sir Giorgio
Dmitry Korchak / René Barbera
(17, 19 déc.)
Lord Arturo Talbot
Mariusz Kwiecien
Sir Riccardo Forth
Luca Lombardo
Sir Bruno Roberton
Andreea Soare
Enrichetta di Francia
Maria Agresta
Elvira
 


Mécène des retransmissions audiovisuelles de l'Opéra national de Paris


Distributeur TV international d'Opéra de Paris Production

diffusion en direct au cinéma le 9 décembre, puis en différé sur france tÉlÉvisions
 

Le compositeur

« On naît Bellini, on ne le devient pas » disait Rossini de celui qui, en son temps,  fut considéré comme son successeur.  Le compositeur des Puritains sut pourtant se démarquer de l'exemple rossinien, imprégné d'un idéal de virtuosité, en privilégiant la qualité de la mélodie, la recherche de l'expression dramatique et la peinture des émotions. Né à Catane en Italie en 1801 et mort à Puteaux en 1835, contemporain de Donizetti, il fut formé au conservatoire San Pietro a Majella de Naples, où il eut pour maîtres de composition Giovanni Furno, Giacomo Tritto et Niccolo Zingarelli. Alors qu'il y était encore étudiant, il fit donner en 1825 sur la scène de l'institution, son premier opéra Adelson e Salvani. Suivit une commande du Teatro San Carlo auquel il livra Bianca e Gernando (1826), et dont le succès l'amena à Milan où il répondit à l'invitation de la Scala par Il Pirata (1827). Poussé par une réception toujours aussi enthousiaste, il composa ensuiteLa Straniera (1829) pour la Scala, Zaira pour le Teatro Ducale de Parme (1829),I Capuleti e i Montecchi pour la Fenice de Venise (1830), et dans la même année 1831, La Somnambule, pour le Teatro Carcano de Milan, et son chef-d'œuvre, Norma, pour la Scala. La renommée européenne que lui assurèrent ces derniers ouvrages fut contrariée, en 1833, par l'échec de Beatrice di Tenda, suiteà quoi il rompit avec son librettiste habituel Felice Romani. S'offrit alors à lui, sur l'initiative de Rossini, l'occasion de composer une œuvre pour le Théâtre des Italiens de Paris. Etabli à Puteaux, il y écrivit Les Puritains, son œuvre testament à laquelle l'Europe entière ne sut résister.  Si Bellini est aujourd'hui connu pour ses opéras, il composa par ailleurs des symphonies,  des arias, des cantates et des pièces religieuses dans lesquels éclate son génie mélodique, loué par des compositeurs aussi divers que Chopin, Wagner ou Stravinsky.
 
L'œuvre

En février 1834, Bellini conclut un contrat avec le Théâtre des Italiens de Paris pour la composition d'un nouvel opéra. Privé de librettiste depuis les différents qui l'ont opposéà son collaborateur de toujours Felice Romani, il se tourne vers le comte Carlo Pepoli, poète et patriote italien exilé à Paris.  Les deux hommes arrêtent leur choix sur une page de l'histoire anglaise du XVIIe siècle, redécouverte par le public parisien grâce à Têtes rondes et Cavaliers,  où s'opposent les Puritains menés par Cromwell, et les Royalistes, partisans des Stuart. Drame d'Ancelot et Saintine, créé le 25 septembre 1833, il est lui-même inspiré du roman Old Morality (Les Puritains d'Ecosse en français) de Walter Scott, auteur très en vogue en ce premier tiers du XIXe siècle. Rossini et Donizetti composent respectivement, en 1819 et 1835, La Dame du lac, d'après son poème éponyme, et Lucia di Lammermoor, inspiré de son roman La Fiancée de Lammermoor.  Les mystérieuses atmosphères dépeintes par l'auteur écossais, aux châteaux gothiques, lacs embrumés, habités d'héroïnes absentes « au monde », offrent au Romantisme contemporain des décors et personnages opportuns. Fantasmé par cet esprit romantique qui lui redonne vie, le XVIIe siècle de l'opéra de Bellini est cependant moins à associer à celui du roman de Scott, auquel il se réfère essentiellement par son titre, qu'à celui de Têtes rondes et Cavaliers dans lequel il s'enracine. Les remaniements et coupes du librettiste soulignent le conflit politico-religieux de la pièce d'Ancelot et Saintine, toile de fond d'un drame amoureux dont le paroxysme s'inscrit dans une scène de la folie, comme dans  Lucia di Lammermoor. Bien connus de l'opéra romantique, ces ressorts dramatiques ne permettent cependant pas à Pepoli d'éviter certaines maladresses, que Bellini corrige au fur et à mesure de sa composition, qui s'en trouve ralentie. Malgré les lourdeurs et invraisemblances du livret, la première, le 25 janvier 1835, est un triomphe. L'art bellinien est une nouvelle fois consacré et ce notamment grâce à son fabuleux quatuor, composé de Giulia Grisi dans le rôle d'Elvira (soprano), Giovanni Rubini dans celui d'Arturo (ténor), Antonio Tamburini dans celui de Riccardo (baryton) et Luigi Lablache dans le rôle de Giorgio (basse). Une palette vocale qui sert admirablement  une inventivité que Bellini, conseillé par Rossini, plie aux exigences du public parisien: des grandes scènes de foule, des chanteurs en coulisse pour donner une impression d'espace sonore, un orchestre avec une forte fonction expressive, et la préfiguration de ce qui sera propre à chaque opéra de Verdi : la couleur. Tels sont les atouts dont joue le compositeur pour assurer à sa pièce le succès qu'elle remporte. Parmi les airs les plus fameux, citons la cavatine d'Arturo à l'acte I (« A te, o cara ») à laquelle répond l'air de la folie d'Elvira à l'acte II (« Qui la voce sua soave mi chiamava ») et le duo martial clôturant ce même acte entre Giorgio et Riccardo (« Suoni la tromba »). Une cabalette qui servira de thème aux  six variations d'Hexameron (1837), pièce pianistique collective composée, entre autres, par Liszt et Chopin.

La création

Les Puritains a été créé le 25 janvier 1835 au Théâtre des Italiens de Paris.
 
L'œuvre à l'Opéra de Paris

L'œuvre est entrée au répertoire de l'Opéra national de Paris (Opéra-Comique) le 28 février 1987, dans une mise en scène d'Andrei Serban (production du Welsh National Opera) dirigée par Bruno Campanella, avec June Anderson / Michèle Lagrange / Mariella Devia (Elvira), Rockwell Blake / Aldo Bertolo (Arturo),  Eduard Tumagian / Vicente Sardinero (Riccardo), Giorgio Surian / Dimitri Kavrakos (Giorgio). Elle n'a jamais été reprise depuis.