Thursday 7 March 2013
Triomphe du mot
Concerts à l'Amphithéâtre Bastille

De Zemlinsky à Schrecker, de Wolf à Schoeck, les Convergences de cet hiver explorent la musique et la poésie allemandes autour de 1900 et au-delà, tout un domaine que l'on n'a jamais fini d'explorer. Avant que le printemps ne nous invite à partir à l'aventure avec le jeune Brahms. 

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La grande straussienne Ricarda Merbeth sera à l’Amphithéâtre pour un programme plus viennois que nature et Art Nouveau, avec des œuvres de Zemlinsky, Korngold, Schoenberg, Webern, Schrecker et bien sûr, Richard Strauss (les merveilleux Mädchenblumen !).Pour qui a vu et entendu Merbeth en Daphné (à Vienne ou Barcelone), en Hélène d’Egypte (à Berlin), en Marietta et Ariadne à Paris, un tel récital est une rare aubaine. Qui plus est avec le pianiste Alexander Schmalcz que les amateurs delied ont pu souvent entendre aux côtés de Matthias Goerne.

 

Au mois d’avril, Marthe Keller, le baryton Roman Trekel et Philippe Jordan pour ses débuts parisiens au piano, nous conteront l’histoire de la belle Maguelonne, le conte de Tieck mis en musique par Brahms. Brahms ne fut pas voyageur. Jusqu’à ses vingt ans, il ne quitta guère son Nord natal, Hambourg et ses canaux, la mer que l’on devine au bout de l’Elbe. Sa carrière de pianiste le fit tourner en Allemagne, mais les horizons lointains n’étaient pas pour lui. La seule grande aventure (et sans retour) de la vie de Brahms fut de quitter ce Nord, que chaque note de sa musique exprime et rappelle, pour le plus grand Sud imaginable en terre germanophone, Vienne. C’est là qu’en 1862, avant ses trente ans, il décida de vivre et où il resta jusqu’à sa mort, à la fin du siècle. Les quinze romances de La Belle Maguelonne furent composées lors de cet exil désiré : les six premières à Hambourg, les suivantes à Vienne. Elles montrent sans doute le visage le plus rayonnant du compositeur, une force brute, une énergie infatigable, une grandeur naïve qui ne firent plus que se voiler au fil des ans. Contrairement aux grands cycles de Schubert et de Schumann, dont les lieder s’enchaînent organiquement, La Belle Maguelonne, où la prose alterne avec la poésie, fut conçue par Brahms dans le cadre de ce rituel de la lecture, au sein duquel vient s’insérer le chant. Marthe Keller récitera le texte de Tieck en allemand et le public pourra suivre le texte dans le programme ou au fil du surtitrage.

C.G
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