Monday 17 June 2013
Sir Andrew Davis et David Fray
Concert symphonique le 27 juin

Sir Andrew Davis dirigera l'Orchestre de l'Opéra pour un concert symphonique réunissant Messiaen, Mozart et Nielsen. Un sourire de Messiaen précèdera le Concerto pour piano n° 20 en ré mineur de Mozart, interprété par David Fray. Enfin, la quatrième symphonie, L'Inextinguible, de Nielsen clôturera la soirée. ( photo : de gauche à droite - David Fray © Sumiyo Ida / Virgin Classics  - Sir Andrew Davis © Dario Acosta)


Dans le sourire de Mozart, Olivier Messiaen voyait un détachement face à l'âpreté de l'existence. « Malgré les deuils, les souffrances, la faim, le froid, l'incompréhension et la proximité de la mort, Mozart souriait toujours. Sa musique souriait aussi. » Un sourire fixé par le compositeur ornithologue à l'occasion du bicentenaire de la mort du maître autrichien. Il compose à cet effet, dans un dessein mozartien, une pièce douce et lumineuse à l'orchestration éthérée, où dialoguent un refrain de cordes et les vocalises d'un oiseau. Un concert suspendu en son final par une radieuse légèreté, qui s'étend au-delà de la trame musicale. Dans l'évocation du sourire de celui qu'il considérait comme le plus grand des rythmiciens, Messiaen convie aussi le tragique inhérent à sa vie.



Le Concerto pour piano n° 20 de Mozart nous renvoie à cette équivoque présente dans nombre des compositions du jeune prodige. Parmi les vingt-sept concertos, celui-ci est, avec le vingt-quatrième, le seul à avoir été écrit en mode mineur, traduisant l'état d'esprit du musicien à l'hiver 1785. Si le troisième mouvement, l'Allegro vivace, clôture la pièce par un tempo joyeusement enlevé, le premier, l'Allegro, l'inaugure par un tutti orchestral, empreint de gravité et terribilità « don giovannesque ».


La quatrième symphonie de Nielsen, dite Inextinguible, est, quant à elle, une ode à la vie. Le compositeur danois crée dans les tourments de 1916, sous l'influence de Brahms et Mahler, une oeuvre traversée par un vigoureux élan vital, donnant à entendre d'irrépressibles pulsions de vie dans un riche et complexe concert harmonique, « aperçu des couches émotionnelles vitales qui restent semi-chaotiques et primitives (...) La musique est la vie, comme elle, inextinguible. »


Marion Mirande

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Le journal de l'Opéra national de Paris

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