Wednesday 21 November 2012
Mélodies françaises et espagnoles
Premier concert de la saison pour l'Atelier Lyrique

Vendredi 23 novembre, la saison de l’Atelier Lyrique s’ouvre à l’Amphithéâtre avec un récital mêlant mélodies françaises et espagnoles. En contrepoint de Carmen donné dans la grande salle, ce concert est l’occasion de plonger dans une époque à laquelle la musique française était fascinée par l’Espagne, sa musique et ses rythmes.

 

Portrait des jeunes solistes de l'Atelier Lyrique version 2012-2013

 

 

Tout au long du XIXe siècle, et bien avant Carmen, la romance de salon a aimé se parer des charmes et sortilèges espagnols. Tous les compositeurs ont sacrifié à ce parfum exotique, y trouvant tour à tour prétexte à la virtuosité ou à la sensualité. Nuit d’Espagne, Guitares et mandolines, une exquise couleur locale s’affiche sans complexe dans les petits bijoux de Gounod, Massenet, Pauline Viardot (née Garcia) et bien sûr Bizet.

Après Carmen, le goût espagnol ne déclinera pas et poursuivra son chemin, toujours plus envoutant et subtil, jusque chez Ravel (né tout proche de la frontière) et Debussy. De l’aveu même de Manuel de Falla, c’est par le détour des compositeurs français que les Espagnols trouvèrent leur musique. Certains des plus illustres sont ici représentés, et en premier lieu l’Andalou Manuel de Falla, ami de Dukas, Debussy et Ravel, remarqué par Diaghilev qui lui commanda Le Tricorne. Dans les Sept chansons populaires, Falla écoute au plus près le folklore de son pays et en restitue toute l’incandescence et l’intensité dramatique, justement loin des clichés qui ont pu avoir cours au XIXe siècle. Avec Ravel encore, Falla fut le maître de Joaquín Rodrigo, l’un des plus considérables compositeurs espagnols du XXe siècle, entremêlant lui aussi magistralement éléments traditionnels et modernité. Granados, Obradors et Mompou représentent la grande tradition catalane, moins tournée vers la musique populaire et traditionnelle, plus citadine et empreinte d’un très grand raffinement.

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