Tuesday 11 May 2010
Kaguyahime par Marie-Agnès Gillot
Entrée au répertoire du ballet de Jirí Kylián

Après deux créations pour le Ballet de l'Opéra et cinq entrées au répertoire, les rendez-vous de Jirí Kylián avec les danseurs de la Compagnie restent des moments attendus. Rencontre avec Marie-Agnès Gillot qui interprète l'une des princesses Kaguyahime à l'affiche de l'Opéra Bastille du 11 juin au 15 juillet.


« J’ai rencontré Jirí Kylián pour l’entrée au répertoire de Stepping Stones, en 2001, que l’on a repris depuis. Et, il y a deux ans, il m’a fait travailler un pas de deux, Whereabouts Unknown, que j’ai dansé au Japon. Il fait partie de ces “grands”, de ces chorégraphes avec lesquels j’ai réellement le sentiment d’apprendre à danser. Son langage est complètement neuf et différent et du coup, le moindre geste est chorégraphié, rien n’est naturel. Il faut tout apprendre. Il me fait découvrir des circulations d’énergie et des mouvements inédits, qui n’appartiennent qu’à lui. En répétition, les danseurs ne travaillent jamais dans la violence ou en s’appuyant sur la force. Au contraire, tout se passe en douceur et Kylián nous amène à bouger différemment sans que l’on se rende compte des mouvements très athlétiques que l’on peut interpréter. La présence des danseurs de la création est aussi galvanisante : ils connaissent le langage de Kylián, ils montrent le mouvement et on a immédiatement envie de les imiter, de se hisser à leur niveau. Il est plus facile de comprendre l’essence d’un mouvement lorsque l’on a un modèle sous les yeux. Enfin, l’interprétation de la musique sur scène crée une connivence forte avec les musiciens, comme c’était le cas, dans un registre complètement différent, pour Appartement de Mats Ek. Une énergie très puissante circule et la transmission entre la musique et la danse se fait encore mieux. J’ai hâte de retrouver l’univers si riche d’images propre à Jirí Kylián, cet univers sensuel et doux, inimaginablement imaginaire. »

 

MARIE-AGNÈS GILLOT
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