Monday 7 November 2011
à écouter / La Mort d'Isolde
par François-Frédéric Guy

Sophie Koch et François-Frédéric Guy étaient vendredi dernier à l'Amphithéâtre pour un récital dédié à Liszt et à Wagner. Vous pouvez (ré)écouter un extrait de cette belle soirée : la transcription par Franz Liszt de La Mort d'Isolde (Richard Wagner), interprétée au piano par François-Frédéric Guy.

 

 

Tout l’art de Liszt est un art du débordement. Aussi le compositeur donne-t-il la pleine mesure de son génie dans ses transcriptions pour piano. C’est qu’à l’origine de sa virtuosité, il y a ce souvenir de jeunesse, ce choc éprouvé lors d’un concert de Paganini : son désir de rivaliser non pas avec un autre pianiste mais avec un violoniste. Aussi cherchera-t-il toute sa vie à repousser les limites du piano, à élargir ses possibilités sonores, à reproduire par ses moyens pianistiques les prouesses qu’il observait chez les autres instrumentistes. Pour autant, il est possible de voir dans cette Mort d’Isolde autre chose qu’une réduction virtuose de l’original wagnérien. Car au-delà du piano orchestral (selon l’expression du musicologue Claude Rostand), ce que l’on entend, c’est d’abord une absence : celle de la voix. Aussi le spectateur se trouve-t-il dans une position fragile et émouvante, devenant le dépositaire d’une réminiscence, du souvenir d’Isolde qui n’est plus. Impossible encore de ne pas songer que Tristan et Isolde fut, en 1886, le dernier opéra auquel Liszt, à bout de forces, assista à Bayreuth.

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