En direct de la tournée américaine
du Ballet de l'Opéra
"The French are coming !" C'est avec ces quelques mots que Michael Tiknis, président du Harris Theater for Music And Dance, a annoncé la venue du Ballet de l'Opéra national de Paris à Chicago pour les débuts d'une tournée américaine qui l'emmènera ensuite à Washington et New York.
En présence de Rham Emanuel, maire de Chicago qui a présenté sur scène la représentation avec Brigitte Lefèvre, directrice de la danse de l'Opéra national de Paris, la première de gala de Giselle a rencontré le 26 juin 2012 un succès retentissant. C'est une salle debout et ayant manifesté tout au long de la soirée son contentement qui a salué la prestation des Étoiles Isabelle Ciaravola, Mathieu Ganio et Marie-Agnès Gillot et la qualité des ensembles du Corps de Ballet.
Le lendemain, le mercredi 27 juin 2012, était organisé dans le Millemnium Park une retransmission simultanée de la représentation de Giselle qui se donnait dans le théâtre attenant. Ce sont plus de 14000 spectateurs qui ont pu ainsi y assister.
Les autres représentations de Giselle et du programme réunissant Suite en blanc de Serge Lifar, L'Arlésienne de Roland Petit et Boléro de Maurice Ravel se joueront à guichet fermé.
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L'Amour des trois oranges en famille
à l'Opéra Bastille
À l’occasion des vacances scolaires, l’Opéra national de Paris propose de partager de grands moments en famille, avec des billets à tarifs préférentiels pour assister au chef-d’oeuvre de Serguei Prokofiev, tiré de la fable théâtrale de la Commedia dell’Arte de Carlo Gozzi, L’Amour des trois oranges, à l’affiche de l’Opéra Bastille jusqu’au 13 juillet 2012.
Une réduction de 30% par billet est proposée sur le prix des trois premières catégories de places pour les représentations à 19h30 des 3, 6, 9, 11 et 13 juillet 2012
pour tout achat de deux à cinq places sur une même date et dans une
même catégorie, dont au minimum une place pour un enfant âgé de moins de
16 ans au premier juillet 2012. Les places coûteront 98€ pour la
première catégorie, 81€ pour la deuxième et 63€ pour la troisième au
lieu de 140€, 115€ et 90€.
Avec L’Amour des trois oranges, le metteur en scène Gilbert Deflo
signe une production haute en couleurs où l’univers de la farce et de
la féerie transparaît à travers celui du cirque. Portée par une musique virtuose, dirigée pour la première fois par Alain Altinoglu, cette fantaisie théâtrale est un émerveillement pour tous, petits et moins petits, grands et moins grands.
Pour réserver les places au tarif préférentiel :
- par Internet : rubrique « Réservation » : S’enregistrer et consulter l’offre disponible dans « offres exceptionnelles »
- par téléphone : 08 92 89 90 90 (0,34€ la minute) du lundi au vendredi de 9h à 18h et le samedi de 9h à 13h (sauf jours fériés)
- aux guichets : au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille du lundi au samedi de 14h30 à 18h30 (sauf dimanche et jours fériés)
Attention,
un contrôle de l’âge de l’enfant pourra être effectué à l’entrée de la
salle. Cette offre est valable dans la limite d’un quota de places.
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Assistez en famille au Barbier de Séville
avant les grands départs en vacances
Avant les grands départs en vacances d’été, l’Opéra national de Paris propose d’assister en famille au Barbier de Séville de Gioacchino Rossini, les 28 juin et 2 juillet 2012 à 19h30 à l’Opéra Bastille, dans la mise en scène époustouflante de Coline Serreau.
Pour tout achat de 2 à 5 places dont au minimum 1 place pour 1 enfant de moins de 16 ans (16 ans au 1er juillet 2012), il est proposé UNE RÉDUCTION DE 30% sur l’ensemble des billets achetés dans les 3 premières catégories et la catégorie Optima.
Le prix du billet passe de 180 à 126€, ou de 155 à 109€, ou de 135 à 95€, ou de 115 à 81€.
Pour réserver les places au tarif préférentiel :
- par Internet : rubrique « Réservation » : S’enregistrer et consulter l’offre disponible dans « offres exceptionnelles »
- par téléphone : 08 92 89 90 90 (0,34€ la minute) du lundi au vendredi de 9h à 18h et le samedi de 9h à 13h (sauf jours fériés)
- aux guichets : au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille du lundi au samedi de 14h30 à 18h30 (sauf dimanche et jours fériés)
Attention,
un contrôle de l’âge de l’enfant pourra être effectué à l’entrée de la
salle. Cette offre est valable dans la limite d’un quota de places.
Cette offre n’est pas rétroactive et est valable pour un achat sur une même date et dans une même catégorie de places.
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Tournée du Balletaux États-Unis
à suivre sur Facebook et Twitter
Le 22 juin dernier, le Ballet de l'Opéra s'est envolé pour les Etats-Unis, pour une tournée qui, du 26 juin au 22 juillet, l’entraîne à Chicago, Washington et New York (voir la bande-annonce). Retrouvez les temps forts de cette tournée sur nos pages Facebook et Twitter.
Opéra Vidéo / Myriam Ould-Braham
Revivez sa nomination
Après les saluts de La Fille mal gardée, lorsque le rideau s'est rouvert sur les danseurs du Ballet de l'Opéra, découvrant Nicolas Joel (Directeur de l'Opéra national de Paris) et Brigitte Lefèvre (Directrice de la Danse), le public a reconnu ce dispositif qui annonce la nomination d'une nouvelle Étoile...
Myriam Ould-Braham nomméeDanseuse Étoile
de l’Opéra national de Paris
Sur la proposition de Brigitte Lefèvre, Directrice de la Danse, Nicolas Joel, Directeur
de l’Opéra national de Paris, a nommé Myriam Ould-Braham, Danseuse Étoile de
l’Opéra national de Paris, à l'issue de la représentation de La Fille mal gardée de
Frederick Ashton - au cours de laquelle elle interprétait le rôle de Lise – au Palais
Garnier, le lundi 18 juin 2012.
Myriam Ould-Braham interprètera à nouveau ce rôle les 21, 25 juin, 3, 11 et 14 juillet 2012.
Née en 1982, Myriam Ould-Braham commence la danse à Paris en 1993.
Après une année au CNR de Paris, elle est admise au Conservatoire Supérieur de Paris en 1995 et intègre, l’année suivante,
l’École de danse de l’Opéra (1996).
Elle y suit toutes les classes, participe aux démonstrations, à une tournée officielle au Japon ainsi qu’aux spectacles annuels
dans lesquels elle danse ses premiers rôles de soliste en 1998 : La Sylphide/Le Bal des Cadets (David Lichine) et
Gourgouli/Les Deux pigeons (Albert Aveline).
Engagée dans le Corps de ballet de l’Opéra en 1999, elle participe dès lors à de nombreuses productions du répertoire
classique et contemporain : Le Lac des cygnes, La Belle au bois dormant, La Bayadère, Don Quichotte (Rudolf Noureev), La
Sylphide (Pierre Lacotte), Le Concours (Maurice Béjart), Signes (Carolyn Carlson), Carmen, Clavigo et Notre-Dame de Paris,Les Forains (Roland Petit), Emeraudes et Rubis (George Balanchine), Le Songe d’une nuit d’été (John Neumeier), Coppélia (Patrice Bart) ….
Elle danse également le Pas de quatre d’après Jules Perrot, dans la version d’Anton Dolin Lors des « Soirées Jeunes
Danseurs2001».
« Sujet » en 2002, elle est distribué dans le Pas de deux des paysans/Giselle adaptée par Patrice Bart et Eugène Polyakov, le‘pas de trois’/Emeraudes/JOYAUX (George Balanchine), Etudes (Harald Lander), ‘Cupidon’ et les ‘deux amies de Kitrie’
dans Don Quichotte, ‘l’Oiseau Bleu’ et ‘Aurore’ dans La Belle au bois dormant, ‘le Printemps’ dans Cendrillon, la ‘Napolitaine’
dans Le lac des cygnes (Rudolf Noureev).
Promue « Première danseuse » en 2005, elle a depuis, notamment ajouté à son répertoire : Lise/La Fille mal gardée (Frederick Ashton), Agon, Les Quatre tempéraments, Caliope/Apollon (George Balanchine), Swanilda/Coppélia (Patrice
Bart), Serait-ce la mort ? (Maurice Béjart), Artifact Suite (William Forsythe), le rôle-titre de Paquita (Pierre Lacotte), la
Chimère/Mirages, Aricie/Phèdre (Serge Lifar), Triade (Benjamin Millepied), IIIe Symphonie de Gustav Mahler (John
Neumeier), Nikiya/La Bayadère, Kitri/Don Quichotte, la danse Napolitaine/Le Lac des cygnes, Clara/Casse-Noisette,
Henriette/Raymonda, Juliette/Roméo et Juliette (Rudolf Noureev).
Elle se produit également dans les entrées au répertoire de La Dame aux camélias de John Neumier (rôle d’Olympia), deOnéguine de John Cranko (rôle d’Olga) ainsi que dans les créations de Nosferatu (Jean-Claude Gallotta - 2001), Genus (Wayne McGregre, 2007) et L’Anatomie de la sensation (Wayne McGregor, 2011).
Elle a reçu le Prix du Cercle Carpeaux en 2002, les Prix Positano, Léonide Massine et le Prix AROP de la Danse en 2005.
A l’issue de la représentation de La Fille mal gardée (Frederick Ashton) où elle interprète le rôle de Lise, le 18
juin 2012, est nommée « Étoile ».
Filmographie : Myriam Ould-Braham est l’interprète de la variation extraite du Chant du Rossignol (George Balanchine)
pour le film « Alicia Markova, la légende », réalisé par Dominique Delouche (2001).
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L’étoffe de la modernitéCostumes du XXe siècle à l'Opéra de Paris
Du 19 juin au 14 octobre 2012, l’Opéra national de Paris et la Bibliothèque nationale de France retracent l’odyssée du costume de scène à l’épreuve de la modernité en exposant au Palais Garnier les créations des plus grandes artistes du XXe siècle, de Marc Chagall à Yves Saint Laurent, dessinées pour les chanteurs et les danseurs de l’Opéra national de Paris.
Cette exposition évoque l’histoire de l’intégration du costume dans la scénographie à travers l’arrivée des peintres et des stylistes dans les ateliers comme André Masson, Marc Chagall, Paul Derain, Jean Cocteau, Fernand Léger, Giorgio De Chirico, Yves Saint Laurent, Kenzo et Christian Lacroix, qui, grâce a la virtuosité des costumiers, a hissé le costume de scène jusqu’au niveau de la haute-couture. À travers photographies, maquettes de costumes et documents rares, cette exposition est divisée en deux grands volets : une rétrospective historique dans les espaces d’exposition de la Bibliothèque-Musée de l’Opéra et un hommage aux ateliers de l’Opéra national de Paris, aujourd’hui dirigés par Christine Neumeister, dans les espaces publics du Palais Garnier.
Commissariat
Mathias Auclair, Bibliothèque-musée de l’Opéra
Christophe Ghristi, Opéra national de Paris
Christine Neumeister, Opéra national de Paris
Delphine Pinasa, Centre national du Costume de Scène de Moulins
Scénographie
Gilles Modolo
Exposition Bibliothèque-Musée de l’Opéra
Palais Garnier – entrée à l’angle des rues Scribe et Aubert, Paris 9e
Tous les jours de 10h à 17h, du 19 juin au 14 octobre 2012 (sauf fermetures exceptionnelles)
Entrée
9€ -Tarif réduit : 6€
A paraître
Le catalogue de l’exposition (Publication de l’Opéra national de Paris)
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L’Opéra national de Paris récompensé par un Prix du Syndicat de la Critique Théâtre, Musique et Danse
pour la diffusion sur internet
de Pelléas et Mélisande
L’Opéra national de Paris a reçu, le 14 juin 2012, le Prix du Syndicat de la critique Théâtre, Musique et Danse, saison 2011-2012, dans la catégorie « Meilleure diffusion musicale audiovisuelle » pour Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, capté par Philippe Béziat et produit par Idéale Audience et la NHK, en direct le 16 mars 2012 sur les sites operadeparis.fr et medici.tv et diffusé en streaming –gratuitement– jusqu’au 16 juin 2012.
La captation audiovisuelle de cet opéra a bénéficié de la participation de medici.tv et de l’Opéra national de Paris ainsi que du mécénat de la Fondation Orange. Pelléas et Mélisande de Claude Debussy est dirigé par Philippe Jordan dans la mise en scène de Robert Wilson avec Stéphane Degout, dans le rôle de Pelléas, Elena Tsallagova, faisant ses débuts en Mélisande, Vincent Le Texier en Golaud, Franz Josef Selig en Arkel et Anne Sofie von Otter en Geneviève.
Paris, le 15 juin 2012

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Exposition / Dans les coulisses de La Source
Le Centre national du costume de scène et de la scénographie de Moulins présente, du 16 juin au 31 décembre 2012, une exposition Christian Lacroix, La Source, et le Ballet de l’Opéra de Paris.
Elle retrace le parcours de création de ce ballet de Jean-Guillaume Bart, Danseur Étoile, créé par le Ballet de l’Opéra au Palais Garnier à l’automne 2011. Des photographies, costumes, accessoires, maquettes, patrons, échantillons de tissus… retracent le travail de conception de Christian Lacroix, qui signe les somptueux costumes perlés de cristaux Swarovski, leur fabrication par les ateliers de couture du Palais Garnier, jusqu’à la représentation en scène.
Dix mois d'école et d'opéra /
Paroles d'élèves
L'Oiseau de glace du 15 au 17 juin à l'Amphithéâtre Bastille
Le décor est monté. Essais lumières. Les enfants savent maintenant que l’équipe artistique, le personnel de l’Opéra, des élèves habilleuses et costumières, coiffeuses et maquilleuses, leurs professeurs et les responsables du programme sont à leurs côtés, dans l’Amphithéâtre Bastille ou dans les loges. Les jeunes découvrent l’arbre gelé, les costumes, l’orchestre et tout continue de prendre sens. Témoignages.
Ryan : "Maintenant, je suis vraiment dans la peau de mon personnage… C’est grâce à l’entraînement intensif."
Rodrigue : "Quand je joue Enée, il y a plein d’émotions : je ressens sa tristesse, ses questions, son bonheur à la fin. Mon costume est professionnel, très travaillé, digne de l’Opéra. Ce spectacle, je le vivrai une fois dans ma vie, alors il faut tout donner."
Damian : "Je peux exprimer en dansant, en chantant, des choses qu’on ne peut pas montrer en parlant."
Mehmet : "Quand je suis dans mon rôle de compagnon d’Enée, je suis coupé du monde extérieur. On est vraiment dans une forêt gelée et c’est comme si on faisait un rêve dans lequel on danse, on chante, on vit… dans mon costume, je suis comme Robin des Bois. C’est un beau travail."
Luce (à propos des costumes) : "Tout ce que je vois ! Je n’arrive même pas à le dire. Je me sens majestueuse quand j’essaie."
Ryan : "C’est une merveille de couture."
Fatoumata : "Au début, je ne me sentais pas bien. Maintenant, j’ai pris l’habitude, je connais les airs, je suis dedans."
Imène : "Dans le groupe, je trouve ma place, je suis moins timide."
Bilal : "Dans les costumes, on voit l’esprit baroque ; ils ne sont pas habituels, ils vont vers le moyen-âge ou ailleurs. Moi aussi, je suis Enée et je ressens la colère contre la reine des neiges, la tristesse parce que le père d’Enée est mort, et la victoire avec le rameau."
Fatima : "Dans tout ce qu’on fait, c’est comme dans un rêve, on met beaucoup d’énergie dans le chant et moi j’aime beaucoup l’air Enfer hivernal"
Keisha : "J’étais timide et je commence à bien m’intégrer. A force de s’entraîner, on se sent chez soi dans l’histoire."
Killian : "Quand on est dans la peau du personnage, c’est comme s’il y avait deux personnalités. Mon héros, Ulysse, est courageux, calme et j’ai remarqué que du coup, il me rendait plus calme et même plus joyeux."
Hawa (une Reine des neiges) : "Ma robe est magnifique, je suis pressée de la porter. Quand je l’essaie, j’ai plus confiance en moi, la robe me change."
Nilany (un des Oiseaux de glace) : "Je suis en deuxième année et je chantais déjà en première année. Je suis entrée au conservatoire où j’apprends le solfège puis le chant. On m’a dit que j’avais une voix lyrique et je ne savais pas que j’avais cette voix en moi. Je veux que les autres aient les sentiments que j’ai en chantant."
Emilie : "Ce que je fais m’aide à grandir. J’adore le chant Cœur d’acier au moment où je combats les pages de la mauvaise reine. Et j’aime Casta diva : c’est grand et c’est beau."
Photographies Agathe Poupeney
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Quand la danse devient vaudeville
La Fille mal gardée au Palais Garnier
Historique à plusieurs égards, La Fille mal gardée s’inscrit parmi les premiers « ballets d’action » qui attribuent à l’art chorégraphique le pouvoir de raconter par la seule force des gestes et des expressions. Créé à l’aube de la révolution française, le ballet a voyagé à travers les siècles et les continents jusqu’à la version fraîche, tendre et cocasse qu’en livre Frederick Ashton.
Du 18 juin au 15 juillet.
« C’est donc aux mouvements de l’âme les plus passionnés que la pantomime est nécessaire. Alors, ou elle seconde la parole, ou elle y supplée absolument. » (Marmontel, 1787)
Créée quelques jours avant le 14 juillet 1789, La Fille mal gardée est, à sa manière, révolutionnaire. Son créateur, Jean Dauberval, y illustre en effet l’aboutissement d’une réflexion sur la définition du spectacle chorégraphique en débat depuis plus d’un quart de siècle : le ballet n’est-il qu’un arrangement de pas musical destiné à flatter l’oeil et l’oreille, ou mérite-t-il de trouver place parmi les arts d’imitation au même titre que la peinture ou le théâtre ? Les Lettres sur la danse du maître de ballet Jean-Georges Noverre, régulièrement rééditées de 1760 à 1807, défendent résolument cette seconde hypothèse, affirmant que pour raconter une histoire, la parole n’est pas nécessaire : la vérité des sentiments et des situations trouve ses interprètes dans l’expressivité des corps, associée à ce que nous nommons aujourd’hui la mise en scène. « Lorsque les danseurs, animés par le sentiment, se transformeront sous mille formes différentes avec leurs traits variés des passions (…), les récits dès lors deviendront inutiles ; tout parlera, chaque mouvement dictera une phrase, chaque attitude peindra une situation, chaque geste dévoilera une pensée, chaque regard annoncera un nouveau sentiment, tout sera séduisant parce que tout sera vrai, et que l’imitation sera prise dans la nature. » La danse peut donc assumer seule l’action sans le secours d’un texte parlé ou chanté, comme dans l’opéra-ballet. D’un art réduit au mouvement, on passe à un art de l’émotion, clé de la définition du théâtre depuis l’Antiquité, cherchant son sens au-delà de l’assemblage harmonieux des lignes et des formes. Noverre parle alors de « ballet d’action ».
Jean Dauberval occupe une place particulière dans ce mouvement. Noverre, qui fut son maître, voit en lui le premier qui eut le courage d’affronter les « anciens préjugés ». Selon lui, le pas de deux qu’il compose à vingt-quatre ans, en 1766, pour l’opéra-ballet de Berton, Silvie, fut un trait de génie. Il offrait « l’image d’une scène dialoguée, dictée par la passion ». Dansé sans masque contrairement à la tradition, avec des « costumes plus vrais », il retrouvait la force du naturel, critère de référence absolu à l’époque.
Comme il n’y a pas de droits d’auteur en matière de danse à l’époque, le ballet se transmet oralement et se remonte à travers l’Europe, voire jusqu’en Amérique, évoluant au gré des filiations chorégraphiques, des troupes et des scènes. Le chemin qui va de Dauberval à Ashton est à peu près celui-ci. En 1818, Didelot monte à Saint-Pétersbourg sa Fille mal gardée, dans la droite ligne de celle de Dauberval auprès de qui il a travaillé. Paul Taglioni qui avait dansé le ballet d’Aumer à Paris avec sa soeur Marie, le remonte à Berlin en 1864. En 1886, Ivanov et Petipa, tirant le meilleur parti de ces deux traditions, donnent une version adaptée à leurs canons esthétiques, où s’illustreront plusieurs générations d’étoiles. Ainsi, Nijinsky, Preobrajenska, Karsavina et d’autres grands artistes qui participeront ensuite à l’aventure des Ballets russes de Diaghilev emportent avec eux un souvenir puissant et attendri de ce ballet où souvent ils ont fait leurs débuts. Grâce à eux, l’ouvrage prend un nouvel essor à l’Ouest où, si le titre était resté dans l’Histoire, le spectacle était oublié. Il n’est pas étonnant qu’Ashton, déjà réputé comme un maître du ballet narratif dans des styles très divers (Cendrillon, 1948, Ondine, 1958) se soit intéressé à la Fille mal gardée. Bien qu’il se soit documenté sur l’originale de Dauberval, il n’a pas cherché à faire une reconstitution. S’inspirant de son amour pour Gainsborough, et des récits des danseurs des Ballets russes, il compose une chorégraphie qui marie des citations du vocabulaire technique du XIXe siècle aux innovations dont sont capables ses brillants interprètes, recréant comme l’avaient fait ses prédécesseurs, une Fille mal gardée bien à lui.
Sylvie Jacq-Mioche*
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Opéra Vidéo / Ivan Alexandre
Hippolyte et Aricie au Palais Garnier
Ivan Alexandre (Mise en scène) retrace l'histoire de la création de Hippolyte et Aricie à l'affiche du Palais Garnier du 9 juin au 9 juillet 2012.
À lire / Michael VollePortrait du baryton en coureur de fond
Loin des paillettes et de la surexposition mercantile, Michael Volle passe d’un rôle à l’autre avec une curiosité et un esprit d’aventure qui forcent l’admiration. Ce baryton – dont les apparitions sur les scènes françaises sont aussi rares qu’inoubliables – endosse le rôle du farouche Mandryka dans l’opéra de Strauss, à l'affiche de l'Opéra Bastille, du 14 juin au 10 juillet 2012. Portrait.
Les barytons n’ont pas les carrières de leurs collègues ténors ou sopranos ; les barytons d’école et de répertoire essentiellement allemands encore moins ! Chanteur « central » par hypothèse, il n’a pas de contre-ut pour faire frémir les salles. Et si un sol aigu, voire, chez certains, un la, relèvent d’un même exploit physiologique, l’effet sur l’auditeur n’est pas le même. Michael Volle, lui, a su faire de cette moindre exposition médiatique un atout. Resté – volontairement – loin des paillettes du marketing, il ne s’est autorisé que de rares enregistrements toujours choisis. C’est bien ce dont les mélomanes lui savent gré !
Peu de chanteurs ont autant que lui écumé les répertoires les plus différents, osant passer de Tamerlano de Haendel et les Passions de Bach (son enregistrement de la « Saint Jean » avec Philippe Herreweghe en témoigne) à Schreker (Die Getzeichneten), Pfitzner (Palestrina) ou encore Henze (Les Bassarides) ! Les amateurs ont tôt fait de reconnaître en lui un maître, un de ces artistes pour qui le chant est un artisanat fait de patience et d’ascèse. Qui, en effet, parmi ses contemporains, peut se targuer d’avoir incarné Jochanaan (Salomé), Barak (La Femme sans ombre) et l’écrasant Mandryka (Arabella) de Richard Strauss, Hans Sachs des Maîtres chanteurs de Nuremberg, Amfortas (Parsifal) ou encore Wotan et son double, le Wanderer, rôles dont on sait les exigences crucifiantes, tout en gardant, à quelque cinquante ans, la « morbidezza » du Comte Almaviva des Noces de Figaro et de Don Giovanni de Mozart, et le souffle si particulier que nécessite un Liederabend ?
Un des secrets de cette santé phénoménale, outre cette stature que l’on associe (injustement) aux gabarits wagnériens, est sans doute à chercher du côté de ses passages par des maisons telles que Francfort, Zurich ou Munich. C’est là, dans le relatif cocon de l’esprit de troupe inhérent à ces institutions, qu’il a pris le temps de monter son répertoire, de le roder, sans user prématurément son organe et ses moyens qui, fussent-ils colossaux, auraient assurément pâti d’une exposition médiatique plus précoce et désordonnée. Son esprit d’aventure n’a certainement pas peu joué dans cette jouvence : quand on prend chaque année le temps d’apprendre de nouveaux rôles, et aussi divers que Ford (Falstaff) et Morone (Palestrina), Onéguine et Wozzeck, Kurwenal et Golaud, Roland (Fierrabras) et Amonasro, la voix ne risque point la sclérose que l’on rencontre fatalement à n’enchaîner toujours que les trois ou quatre mêmes rôles…
La France n’a pas si souvent eu l’occasion d’entendre ce grand chanteur ; par chance, ce fut toujours pour des soirées mémorables : le Don Giovanni d’Achim Freyer à Strasbourg a marqué les esprits au même titre que son rare doublé Veuve joyeuse-Lohengrin à l’Opéra de Paris durant la même saison 1998-1999. Dans le Lied allemand, Montpellier vient de se laisser enchanter à son Knaben Wunderhorn de Mahler, où il a réussi l’exploit de tenir à lui tout seul le cycle prévu pour Gabriele Scherrer et lui-même, celle-ci ayant dû déclarer forfait suite à un refroidissement. La qualité unique de cette incarnation s’est doublée de la stupeur du public face à un tel exploit… Un maître-chanteur, disions-nous. Pourvu que ce ne soit pas l’un des derniers.
Jean-Jacques Groleau*
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* Agrégé de Lettres classiques, ancien collaborateur à Diapason, Classica et Opéramag, Jean-Jeacques Groleau est aujourd'hui directeur de l'administration artistique à l'Opéra Orchestre national de Montpellier Languedoc Roussillon.
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À (ré)écouter / Jean-Efflam Bavouzet
et le Quatuor Danel
Danses sacrée et profane de Debussy
Soirée de rêve jeudi 31 mai à l'Amphithéâtre Bastille : Jean-Efflam Bavouzet et le Quatuor Danel - augmenté pour l'occasion de la contrebassiste Laurène Durantel - ont ensorcelé le public. Réécoutez le final de Danses sacrée et profane.
Prochain rendez-vous de la saison Convergences : Récital Soile Isokoski mardi 3 juillet
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