Solange Michel et Ernest Blanc
Ce sont deux interprètes chers à l'Opéra de Paris qui viennent de disparaître : la mezzo-soprano Solange Michel s'est éteinte le 15 décembre dernier, suivie de peu par le baryton Ernest Blanc, décédé le 23 décembre.
Née à Paris en 1912, Solange Michel commence ses études musicales à Bourges, avant d'entrer au Conservatoire de Paris où elle étudie aux côtés de Thomas Salignac et d'André Gresse, obtenant un deuxième prix de chant. Elle se produit d'abord en concert à la radio, avant de débuter à l'Opéra-Comique dans le rôle-titre de Mignon d'Ambroise Thomas, puis à l'Opéra de Paris, où elle fera l'essentiel de sa carrière. Elle chante les principaux rôles du répertoire, notamment Charlotte, Dalila, Geneviève ou encore Marguerite dans La Damnation de Faust. De ses très nombreuses interprétations de Carmen - plus de 700 en France et à l'étranger - elle nous a laissé un précieux témoignage : un enregistrement dirigé par André Cluytens, avec Raoul Jobin et Michel Dens (paru chez Naxos Historical). Du Covent Garden à la Scala, en passant par le Teatro San Carlo de Naples, Solange Michel aura été l'une des plus brillantes ambassadrices du chant français. Elle avait fait ses adieux à la scène en 1978.
La carrière d'Ernest Blanc, né en 1923, commence en 1946, quand il est remarqué lors d'un concours de chant par le directeur du Conservatoire de Toulon : trois ans plus tard, il en sort avec le prix d'excellence qui lui ouvre les portes de l'Opéra de Marseille. En 1954, il monte à Paris pour chanter son premier Rigoletto sur la scène du Palais Garnier : succès immédiat, bientôt suivi par Valentin, Amonasro, Wolfram de Tannhäuser, Renato du Bal masqué et Don Giovanni, ainsi que par Zurga, Eugène Onéguine et Tonio à la Salle Favart. En 1958 et 1959, il interprète Telramund à Bayreuth, rejoignant le cénacle très fermé des chanteurs français qui ont foulé la colline sacrée, puis Escamillo à la Scala, Don Giovanni, Thaïs, Rigoletto, Un bal masqué à Glyndebourne, Edimbourg, Londres, Naples, Chicago et New York. A l'Opéra de Paris, on se souviendra de ses interprétations de Michele dans Il Tabarro (1971), du Comte de Luna dans Le Trouvère (1976), du Grand Prêtre de Dagon dans Samson et Dalila (1978), de Barbe-Bleue dans Le Château de Barbe-Bleue (1980), de Tchelkalov dans Boris Godounov (1985) et de Capulet dans Roméo et Juliette (1985). Il avait pris sa retraite en 1987.
Close
Trois cantatrices d'exception chantent Strauss
Jane Archibald, Sophie Koch et Ricarda Merbeth qui prêtent respectivement leurs voix à Zerbinetta, au Compositeur et à Ariane croisent leurs impressions sur l'opéra de Strauss, à l'affiche de Bastille du 11 au 30 décembre 2011.
En vidéo / Francesca da Rimini
Musique d’un lyrisme sensuel et passionné, Francesca da Rimini est l’un des grands chefs-d’oeuvre du début du XXe siècle, injustement méconnu en France. Aux côtés de Svetla Vassilieva, Roberto Alagna fait son retour à l’Opéra. Christophe Ghristi, Directeur de la Dramaturgie, Roberto Alagna et Giancarlo Del Monaco présentent ce spectacle, à l'affiche de l'Opéra Bastille du 31 janvier au 21 février.
L’Opéra et l’InaMathieu Gallet, Président directeur général de l’Ina, et Christophe Tardieu, Directeur adjoint de l’Opéra national de Paris, ont signé un accord pour la sauvegarde par la numérisation du fonds audiovisuel et sonore constitué par l’Opéra national de Paris depuis 1971. Ce fonds représente plus de 10 000 supports soit plus de 7000h d’images et plus de 6000h de sons.
L’Ina sera chargé également du stockage de toutes les captations réalisées par les équipes internes de l’Opéra de Paris : répétitions générales et représentations d’opéras, de ballets et de concerts. Le fonds audiovisuel de l’Opéra de Paris sera disponible dans les conditions du dépôt légal, auprès d’un public de chercheurs dans le cadre de l’activité de consultation de l’Inathèque.
La mission première de l’Ina consiste à rassembler et conserver les images et les sons, leur donner du sens et les partager avec le plus grand nombre. Les statuts de l'Opéra de Paris prévoit que ce dernier doit s'attacher à "diffuser ses productions par des moyens audiovisuels".
Close
L'école de Dansede l'Opéra national de Paris
Alors que ses élèves sont sur la scène du Palais Garnier lors des Démonstrations du 12 au 19 décembre, puis du Spectacle du 7 au 12 avril, un livre nouvellement paru, riche de photographies et de témoignages, vous invite à découvrir l'histoire et la pédagogie de cette institution mythique.
École de Danse |
Exposition / L'ère Liebermannà l'Opéra de Paris
Compositeur, chef d’orchestre, metteur en scène, Rolf Liebermann dirigea successivement les Opéras de Hambourg et de Paris. Au Palais Garnier, son nom est attaché, entre autres, aux Noces de Figaro dans la mise en scène de Giorgio Strehler ou à la création mondiale de la version en trois actes de Lulu dirigée par Pierre Boulez. A l’occasion du centenaire de sa naissance, le Staatsoper de Hambourg s’associe à la Bibliothèque-Musée de l’Opéra et à l’Opéra de Paris pour rendre hommage à cette personnalité d’exception du 14 décembre 2010 au 10 avril 2011.
« Musicien » comme il se définissait lui-même, compositeur et directeur d’institutions musicales, Rolf Liebermann (1910-1999) s’est taillé une réputation de « pape de l’opéra contemporain » après avoir exercé les fonctions d’intendant général de l’Opéra de Hambourg, entre 1957 et 1972. Le succès qu’il remporte à la tête de ce théâtre encourage les pouvoirs publics français à lui confier les destinées de l’Opéra de Paris auquel il s’agit de rendre un faste que certains croient définitivement perdu.
Au travers d’une centaine de pièces – dessins, maquettes de décors, photographies, costumes, programmes, documents audiovisuels, archives provenant des collections de la Bibliothèque nationale de France, de l’Opéra national de Paris et du Centre national du costume de scène de Moulins, cette exposition rend compte du mandat de Liebermann à l’Opéra de Paris (1973 -1980) qui demeure l’une des époques les plus brillantes du Palais Garnier. En effet, sous son impulsion, le théâtre renouvelle son répertoire lyrique et chorégraphique tout en accueillant les metteurs en scène, les scénographes, les chorégraphes et les interprètes les plus talentueux du moment. Une présentation de l’action administrative, artistique et politique de Rolf Liebermann à la tête de l’Opéra de Paris permet d’évoquer les aspects les plus emblématiques de sa direction : la commande de la partition de l’opéra Saint-François d’Assise à Olivier Messiaen, les discussions avec les pouvoirs publics sur l’avenir de l’Opéra-Comique, les accords de coproduction signés avec la Scala de Milan, la politique de démocratisation culturelle et de captation audiovisuelle des spectacles, ou encore l’évolution de la structure juridique et administrative de l’Opéra de Paris. Les productions lyriques de l’« ère Liebermann » – devenues mythiques pour un grand nombre d’entre elles – constituent le coeur de cette exposition : Les Noces de Figaro dans la mise en scène de Giorgio Strehler, Les Contes d’Hoffmann et Lulu dans celles de Patrice Chéreau, Pelléas et Mélisande et Faust dans celles de Jorge Lavelli, Le Ring interrompu après La Walkyrie en raison des difficultés économiques, Boris Godounov de Joseph Losey. Hommage est aussi rendu aux grands interprètes invités par Liebermann : les chefs d’orchestre Karl Böhm, Pierre Boulez, Josef Krips, Georges Prêtre ou Georg Solti, les chanteurs Gabriel Bacquier, Teresa Berganza, Régine Crespin, Placido Domingo, Christiane Eda-Pierre, Christa Ludwig, Lucia Popp, Margaret Price, Ruggero Raimondi, Frederica von Stade, Teresa Stratas, Kiri Te Kanawa…
Enfin, l’exposition s’attache à mettre en valeur l’oeuvre considérable de Liebermann dans le domaine de la danse. Lors de sa direction, les grands ballets classiques, oubliés par la troupe depuis le XIXe siècle comme Coppélia ou La Sylphide sont repris tandis que les ballets de Marius Petipa, tel La Belle au bois dormant, entrent au répertoire de l’Opéra. Liebermann s’efforce également de tisser des relations avec les chorégraphes de son temps : il invite George Balanchine à plusieurs reprises, tout comme Merce Cunningham, Maurice Béjart, Roland Petit – qui donne deux créations au Palais Garnier : Nana et Le Fantôme de l’Opéra – et surtout Carolyn Carlson qui, au sein du Groupe de recherche théâtrale de l’Opéra de Paris (GRTOP), ouvre l’Opéra à d’autres formes de danse. Lorsqu’il quitte ses fonctions, en 1980, Rolf Liebermann a « sauvé » l’Opéra de Paris et laisse un théâtre au prestige renforcé et au répertoire enrichi.
Mathias Auclair et Christophe Ghristi
Un livre accompagnant cette exposition retrace le brillant parcours de Liebermann et évoque les créations les plus marquantes de cette période dans le domaine du ballet et de l'art lyrique. Riche de témoignages et de textes de ceux qui l'ont connu, doté d'une iconographie abondante, c'est un véritable ouvrage de référence, outil indispensable pour tous les passionnés de la scène.
Editions Gourcuff Gradenigo - 49 € - en vente dès le 14 décembre dans les librairies-boutiques de l'Opéra |
Close
Ariane par Philippe Jordan
Philippe Jordan, Directeur musical, présente cette production dans laquelle il avait fait ses débuts à l'Opéra de Paris, et qu'il reprend du 11 au 30 décembre sur la scène de Bastille.
Balanchine / Brown / Bausch
Trois pièces essentielles du répertoire : Apollon de George Balanchine à l’abstraction lyrique et évocatrice, O złozony/O composite de Trisha Brown où la post modern dance se conjugue au vocabulaire classique et le mythique Sacre du printemps de Pina Bausch à la danse profondément théâtrale.
En vidéo / Le Lac des cygnes
Tchaikovsky's first ballet echoes with extraordinarily gentleness and melancholy. In 1895 Marius Petipa adopted the work and created the legend of the dancer-swan who would become the ballerina par excellence. In Rudolf Nureyev's version the characters assume their full psychological depth bringing a more profound dimension to this sumptuous action ballet.















