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George Balanchine et l’Opéra de Paris ont toujours entretenu des relations privilégiées. En 1929, Jacques Rouché, l’administrateur de l’époque avait proposé au jeune chorégraphe de devenir maître de ballet de l’Opéra de Paris. Souffrant, George Balanchine n’avait pu répondre favorablement, et la direction de la compagnie avait été confiée aux mains de Serge Lifar. Mais on sait combien George Balanchine appréciait l’Ecole française. Il est venu régulièrement au Palais Garnier régler l’entrée au répertoire de ses ballets. Il y a créé Le Palais de cristal (1947), Orphée et Eurydice (1973) et Faust (1975). Il a même recruté deux grands solistes – Violette Verdy et Jean-Pierre Bonnefous – qui ont rejoint le New York City Ballet, et a fait de Ghislaine Thesmar l’une de ses invitées favorites.
En 2000, dix-sept ans après sa disparition, une œuvre rare et précieuse, a encore été transmise au Ballet de l’Opéra : Joyaux, traduction française de Jewels, créé en 1967 par le New York City Ballet. L’artiste avait trouvé l’inspiration de sa chorégraphie en se promenant le long des bijouteries de la Cinquième Avenue de New York. L’œuvre qu’il a réalisée rend hommage aux femmes et aux capitales des grandes Ecoles de la danse, Paris, New York et Saint-Pétersbourg. Tel un triptyque, chaque volet brille de l’éclat d’une pierre précieuse. La pièce d’ouverture, « Emeraudes », inspirée des mélodies de Gabriel Fauré, évoque avec poésie le ballet romantique. « Rubis » – entré en 1974 au répertoire de l’Opéra sous le titre de « Capriccio » –est un clin d’œil à Broadway sur le rythme syncopé de Stravinski et « Diamants » ravive sur des airs de Tchaikovski l’éclat du style impérial russe et de son maître, Marius Petipa.
Pour l’entrée de Joyaux au répertoire de l’Opéra, Brigitte Lefèvre, Directrice de la Danse, a fait appel à Christian Lacroix pour dessiner les costumes et les décors. Grand couturier, peintre et artisan de la beauté, ouvert à toutes les expressions artistiques, il est de ceux qui savent transformer le spectacle en fête. Son amour de la danse et son talent à mettre en valeur la féminité, furent l’un des meilleurs atouts pour traduire le rêve de Balanchine.







